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Cette distanciation avec le droit international n’est pas inédite. « On accumule les entorses au droit international », explique Denis Bauchard, chercheur à l’IFRI. « Récemment, l’Europe a été particulièrement molle dans ses réactions, voire complaisante sur la guerre à Gaza comme celle en Iran ». Pour lui, le deux-poids-deux-mesures de l’Union européenne pose problème. « L’UE s'indigne de l'invasion par les Russes de l’Ukraine, mais pas de ce qui se passe actuellement contre l'Iran. C'est une politique qui va semer un chaos complet au Moyen-Orient », affirme-t-il. 

Pourcentage des intentions de vote à un mois du premier tour. © Ipsos

Pour autant, les groupes de droite, en particulier le PPE, se sont alignés à la position de la Commission. « Cette attaque ne doit pas se transformer en une guerre complète pour la région. Nous devons lancer un appel pour protéger les civils et respecter totalement le droit international », a annoncé le député Jeoren Lenaers (PPE, droite), sans mentionner les agissements israélo-américains. Comme les conservateurs, il a souligné l’enjeu de la sécurité européenne, de la défense de Chypre et des répercussions de la guerre sur le coût de l’énergie. Le groupe libéral Renew Europe lui a emboîté le pas, bien que sa présidente, Valérie Hayer, ait insisté sur l’importance de la menace Donald Trump pour l’UE.

La mobilité… ce sujet qui agite les foules 

Une fois la question des alliances évacuées, le débat se recentre sur les propositions des candidat·es pour la ville. Florian Kobryn prône la mobilité comme  « un droit pour tous et toutes », et propose la gratuité des transports en commun pour les moins de 25 ans. Chez Catherine Trautmann, cette même gratuité ne cible pas les jeunes, mais les aînés de plus de 65 ans. En outre, l’ancienne édile regrette la gestion de la maire sortante, arguant que les mobilités ne doivent pas être une « punition ». Une marotte régulière contre la politique de Jeanne Barseghian : stationnement payant trop élevé et circulation ralentie ont fait grincer des dents.

L'élément le plus pointé du doigt à ce sujet reste le projet du tram Nord. Pour Pierre Jakubowicz, c’est un « échec » ; pour Catherine Trautmann, un « mauvais projet » couplé d’un « mauvais tracé ». Jeanne Barseghian se défend. L’élue regrette que ce projet ait été mal compris par ses administré·es. « On peut toujours faire mieux, en matière d’information », concède-t-elle, en rejetant tout retour en arrière.

À droite, on défend le droit à la bagnole, on dénonce l’abondance des cyclistes, on adresse une pensée émue au piéton, « le grand oublié » dans l’histoire pour Jean-Philippe Vetter. À l’extrême droite, on estime qu’on « ne peut pas mettre tout le monde sur un vélo ». 

La sécurité au cœur des discussions 

La décision de la municipalité d'éteindre une partie de l’éclairage public entre 1 h et 5 h du matin dans certains quartiers de la ville soulève les passions. « Le vrai féminisme, c’est de permettre aux femmes de se sentir en sécurité dans la rue [quand elles rentrent le soir] », dénonce Pierre Jakubowicz. L’élu évoque un « déni de sécurité » concernant cette mesure. Aucune étude fiable n’a pourtant permis de constater une hausse du nombre d'agressions due à l’extinction de l'éclairage public pour le moment. Jean-Philippe Vetter et Catherine Trautmann rejoignent néanmoins l’opinion du candidat. 

Celle qui se décrit « social-démocrate » propose également « d’augmenter les effectifs de la police municipale pour soutenir les victimes ». Plus de force de l’ordre à Strasbourg : les autres listes se retrouvent sur ce point, à l'exception de celle menée par Florian Kobryn qui ne s’est pas exprimé à ce sujet lors du débat, préférant proposer un « plan de lutte contre le harcèlement de rue ».

Enfin, droite et extrême droite s'accordent sur le retour d’un arrêté anti-mendicité, présenté comme une mesure de lutte contre l’insécurité.  Une idée jugée « inadmissible » pour Florian Kobryn, visant à  « exclure les gens de l’espace public »

Le climat, grand oublié du débat

« Nous avons amélioré la qualité de l’air », pose Jeanne Barseghian en vantant son bilan sur la réduction des véhicules dans la ville. La maire ne rentre pourtant pas plus en détail sur les enjeux environnementaux, et notamment sur le climat. L’Écologiste se contente de lancer une pique à la candidate nationaliste Virginie Jorgon, qu’elle accuse de déni face au réchauffement climatique.

Le candidat insoumis, Florian Kobryn assure défendre « l’idée de concilier changement climatique et justice sociale », mais glisse à peine plus de détails. Après une heure d’échange, le nombre de fois où le mot « climatique » a été prononcé se compte sur les doigts des mains. Si l’organisation du débat n’a pas prévu une thématique spécifique à l’écologie, force est de constater que les candidat·es ne se sont pas non plus saisi·es du sujet. Certaines thématiques, comme celle des mobilités, leur offraient pourtant une belle occasion de le faire. 

Maud Karst et Tom Soriano

Édité par Quentin Baraja, Zoé Fraslin et Gaïa Herbelin

La Charte des Nations Unies et les traités internationaux, mis en place après la Seconde Guerre mondiale, obligent les États à respecter certaines règles, telles que l’intégrité territoriale des États et l’interdiction d’effectuer des frappes directes sur des civils. « L’Europe doit se tenir aux côtés des peuples, pas des marchands de mort, ni des génocidaires », a affirmé Manon Aubry.

Le projet du tram Nord a été vivement contesté par l’opposition. © Andreas Schwarzkopf

Le Parlement européen a adopté, mardi 10 mars, un rapport d’initiative déterminant les potentielles lignes directrices des États membres pour résoudre la crise du logement. Le texte est le fruit d’un mariage de raison entre PPE et S&D, permettant l’adoption de recommandations qui ne font pas l’unanimité. 

« Non à la guerre, oui au droit international », a déclaré Iraxte García Pérez, présidente du groupe socio-démocrate (S&D) au Parlement européen, le mercredi 11 mars. La députée, alignée sur la position du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, a vigoureusement condamné l’opération militaire israélo-américaine lancée contre l’Iran le 28 février. « La guerre menée par les États-Unis et Israël, en Iran et au Liban est pleinement illégale en droit international », a également dénoncé Manon Aubry, co-présidente du groupe The Left, faisant notamment référence à la frappe sur une école à Minab en Iran et l’incursion terrestre israélienne au Liban.

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