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Pour donner encore plus de portée aux discussions, une minute de silence pour Quentin Deranque a aussi été proposée par les Patriotes. Une tentative “d’entretenir le feu de cet épisode” selon Nicolas Hubé, mais en vain : la majorité de l’hémicycle a refusé ce geste.
Au Parlement aussi, l’extrême-droite se focalise sur ses intérêts. Malgré l’absence de portée législative du débat, les nationalistes français ont intérêt à occuper cet espace. L’expert en communication explique : “Les partis politiques utilisent l'arène européenne à des fins nationales. Là, c'est un usage franco-français du Parlement.”
L’extrême-droite légitime ce débat en se basant sur le rapport de 2025 d’Europol sur le terrorisme dans l’Union européenne. Fabrice Leggeri rappelle dans son communiqué que “21 attaques ont été attribuées aux mouvances d’extrême-gauche et anarchistes”. Des chiffres largement repris par les médias d’extrême-droite. Cette même étude établit aussi que, en 2024, 47 arrestations pour infractions terroristes dans l’Union européenne ont été imputées à la droite, contre seulement 28 à la gauche et aux anarchistes, ce qu’omet de préciser l’eurodéputé.
Lorsque c’est au tour de la gauche de prendre la parole, l’extrême-droite tente encore d’occuper l’espace. Les députés nationalistes rient, huent, ou crient. La gauche montre aussi un visage uni. S&D, Verts et The Left rappellent que la violence politique provient de l’autre côté de l'hémicycle. Matjaž Nemec, eurodéputé socialiste, affirme : “Dans ce débat nous parlons de violence d’extrême-gauche alors que c’est l’extrême-droite qui sape l’ordre politique et international.” Une idée approuvée par Marc Botenga, député The Left, qui déplore la volonté des conservateurs “d’inverser les choses, de présenter les coupables comme des victimes et les victimes comme des coupables”.
Tensions dans l’hémicycle pour la journée des droits des femmes
Au cours de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes au Parlement, des groupes parlementaires se sont mutuellement hués.
Les groupes de l’extrême droite ont martelé leur position identitaire et anti-LGBTQIA+ et ont placé la sécurité au cœur de leurs discours. “[On nous a donné] un agenda LGBT+, woke, qui fait que les femmes deviennent invisibles." a affirmé Irmhild Bossdorf (ENS, extrême-droite). En face, la gauche a fait bloc. Iratxe Garcia Pérez (S&D, socio-démocrate) a déclaré : “Des forces réactionnaires nationalistes tentent de remonter le fil du temps et de détricoter les droits des femmes. Ils attaquent les féministes, banalisent la violence et propagent la haine.” Manon Aubry, présidente du groupe The Left (gauche), a abondé dans ce sens : “Tant qu’on laissera l’extrême droite s’attaquer [aux droits des femmes], vous nous trouverez systématiquement sur votre chemin.”
Alexia Sabatier
Jackie Fox porte son combat contre le cyberharcèlement devant les eurodéputés
“Tous les jours elle me demandait : qu’est-ce qu’ils vont me faire aujourd’hui maman ?” a témoigné avec émotion Jackie Fox devant l'hémicycle bondé du Parlement européen.
Cette mère irlandaise a perdu sa fille Nicole, alias “ Coco”, victime de cyberharcèlement. En 2018, elle s’est suicidée après avoir subi plus de trois ans de violences en ligne. Face au néant législatif en la matière, Mme Fox a milité activement pour la “Coco’s Law”. Entrée en vigueur en Irlande en 2021, cette loi transforme le cyberharcèlement en infraction pénale.
Introduite par la présidente du Parlement, Roberta Metsola, et à l’initiative du PPE (droite), Jackie Fox est venue s’exprimer dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. Elle a exhorté les députés à transposer cette avancée nationale en loi européenne. Son discours intervient à la suite de la présentation par la Commission européenne d’un plan d’action contre le cyberharcèlement le 10 février dernier.
Axelle Lorans
Les premiers lauréats d’une légion d’honneur à l’Européenne
“Pour la première fois, l’Europe rend hommage à des Européens exceptionnels.” Ce 10 mars, la Présidente du Parlement européen Roberta Metsola a dévoilé les 20 premiers récipiendaires de l’Ordre européen du mérite, créé pour les 75 ans de la déclaration Schuman, prémices de l’UE. Parmi eux, la Présidente moldave Maia Sandu, le basketteur grec Giannis Antetekounmpo ou encore Jean-Claude Trichet, ancien Président de la Banque centrale européenne. Pour Roberta Metsola, “ces lauréats représentent la diversité de l’engagement qui fait avancer notre Union”. Sont aussi nommés membres émérites de l’Ordre, l’ancienne Chancelière allemande Angela Merkel et même le Président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’annonce s’est conclue par l’hymne européen joué dans l’hémicycle. La cérémonie de remise, quant à elle, aura lieu lors de la plénière de mai.
Enora Moreau
Un “28e régime” : vers un marché unique européen simplifié
“Nous sommes à un moment charnière pour la suite du marché unique”, s’est exclamée Marilena Rouana, la Présidente chypriote du Conseil, en ouverture des débats sur la compétitivité européenne ce mardi. L’objectif : simplifier et harmoniser la réglementation européenne en créant un “28e régime” commun à tous les Etats membres, via une série de dix paquets de mesures législatives appelés "lois omnibus". Selon la diplomate chypriote, la simplification de la réglementation permettrait aux entreprises d’économiser 15 milliards d’euros. “Les obstacles au marché unique coûtent de l’argent, des emplois et de la compétitivité”, a-t-elle poursuivi. Une position critiquée par les groupes de gauche, qui s'inquiètent d'une dérèglementation au nom de la compétitivité. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, présentera sa feuille de route sur le sujet au Conseil européen le 19 mars.
Antoine Dana
Face aux espèces envahissantes, le Parlement au secours des pêcheurs
“L’Union européenne ne peut plus ignorer l’impact dévastateur des espèces exotiques envahissantes sur la pêche et l’aquaculture, qui engendre de lourdes pertes économiques”, a insisté André Franqueira Rodrigues (S&D, socio-démocrate). Avec son groupe, il a voté un rapport adopté à une large majorité pour aider les pêcheurs à lutter contre les espèces envahissantes. Depuis 2025, l’UE compte 114 espèces invasives, comme le poisson chat, introduit dans une région qu’il n’aurait pu atteindre naturellement. Dans son rapport, le Parlement demande d’informer et de sensibiliser les pêcheurs aux conséquences environnementales et économiques de ces espèces. Par an, les coûts des invasions de ces espèces sont estimés à 423 milliards de dollars dans le monde selon un groupe international d'experts sur la biodiversité.
Roxane Guesdon
L’UE appelle les “talents” issus de l’immigration
Une réserve européenne de talents est sur les rails. Les eurodéputés ont approuvé en première lecture ce mardi la création d’une plateforme numérique qui vise à combler la pénurie de main d’œuvre en Europe. Elle aspire à faciliter le recrutement dans les secteurs sous tension, en mettant en relation des travailleurs qualifiés issus de pays tiers, avec des employeurs européens. Objectif : renforcer la compétitivité des entreprises européennes. Sans garantir l’obtention d’un visa, la plateforme permet aux travailleurs de trouver un emploi avant d’arriver en Europe : “La migration fait partie de la solution”, a affirmé l’eurodéputée Abir Al Sahlani, rapporteuse du groupe Renew (centre-droit). Cette plateforme ouverte aux États membres volontaires, ne sera accessible qu’une fois le texte adopté par le Conseil de l’Union européenne.
Thibault Schoepf
Le PPE, groupe parlementaire majoritaire, se rallie à l’extrême-droite. Au nom du groupe, le député François-Xavier Bellamy vise “ces milices qui se disent antifa mais qui portent le fascisme”. Pour Nicolas Hubé, universitaire spécialisé en science de l’information et de la communication, cette alliance est significative : “Ils évaluent leur capacité à gouverner ensemble. C’est un test grandeur nature de l’union des droites [à l’échelle européenne].”
Ces mesures libérales ont divisé l’hémicycle. Elles ont été adoptées par une courte majorité après des débats houleux. Le Parti Populaire européen (droite) s’est félicité de ce rapport, qui reprend un grand nombre de leurs propres priorités politiques. “L’Union européenne ne crée pas de logements, mais elle peut en créer les conditions, lever des obstacles et soutenir les investissements : ceci est notre rôle, celui d’un catalyseur”, argumente le rapporteur du texte, Borja Giménez Larraz (PPE, droite).
Dans l’hémicycle, l’extrême-droite est unanime dans son argumentaire : “Quentin Deranque” est cité comme martyr à chaque prise de parole. Il est parfois comparé à d’autres exemples internationaux comme Charlie Kirk, militant ultraconservateur tué en septembre dernier aux États-Unis. Les eurodéputés d’extrême-droite ciblent aussi les antifascistes. Ils évoquent même la possibilité de les répertorier sur liste noire au niveau européen. “Nous nous battrons pour que les organisations antifa soient reconnues pour ce qu’elles sont, des organisations terroristes”, assène notamment Marion Maréchal, eurodéputée française du groupe ECR.
Un compromis qui divise