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Bertille Lietar
“La gauche, en Europe, a les mains tachées de sang”, fustige avec véhémence l'eurodéputée Les Patriotes pour l’Europe (PfE, extrême-droite) Afroditi Latinopoulou. Les prises de paroles des différents groupes d’extrême-droite s'enchaînent dans l’hémicycle quasiment vide du Parlement européen. Ce mardi 11 mars, en session plénière, un débat est à l’ordre du jour sur la montée des violences politiques, notamment de “l’extrême gauche”. Suite à la mort du militant néofasciste français Quentin Deranque survenue le 14 février dernier, le groupe PfE a insisté pour mettre cette discussion à l’agenda. Selon l’eurodéputé PfE Fabrice Leggeri, la tenue du débat a été possible grâce au soutien des coordinateurs PPE (droite), ECR (extrême-droite) et ESN (extrême-droite) qui auraient “choisi d’assumer leurs responsabilités”.
Le Parlement européen s’est doté en 2024 d’une commission parlementaire spéciale, chargée d’élaborer des recommandations pour résoudre cette crise. Ce mardi, les députés européens les ont présentées dans un rapport. Ils y incitent l’exécutif européen à augmenter la construction de logements privés et à mettre en place des mesures fiscales, comme un taux de TVA réduit et des taux de crédits avantageux pour faciliter l’accès au logement.
Pourtant, cette stratégie n’est pas sans risques. « Cette posture, elle fait du mal à tout le monde, mais particulièrement à l’Europe », constate le géopolitologue Bertrand Badie. En position de faiblesse par rapport aux superpuissances, la défense du droit international lui assure une certaine autonomie, selon lui. « L’UE a fait du droit international sa marque de fabrique. Le jour où elle dira ‘le droit, je m’assoie dessus’, la voix de l’Europe dans le multilatéralisme ne comptera plus beaucoup », conclut-il.
Un deux poids, deux mesures manifeste
60% : c’est le taux d’augmentation des prix des loyers au sein de l’Union européenne sur les dix dernières années, d’après la Commission européenne. Ce constat avait mené sa présidente Ursula Von der Leyen à faire de la question du logement une des priorités pour l’UE. Elle a présenté son premier plan pour l’accès à des logements abordables en décembre dernier.