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« Mes grands-parents me parlaient alsacien »
En 2021, c’est dans la collection « Hopla Geiss » qu’il met son Alsace natale à l’honneur. Coiffes de tulles pharaoniques, tresses nouées en bretzel, du kelsch teinture aux couleurs psychédéliques… des inspirations « premier degré » assumées qu’il repulpe. « Ce sont les premières choses auxquelles j’ai pensé, des clichés que chacun interprète à sa manière. »
C’est aussi une histoire de souvenir d’enfance. Le Kougelhopf du samedi midi chez ma grand-mère qu’il « trouvait trop sec » devient un sac « rose néon ». « Je suis né dans un petit patelin, alors je me suis dit : personne n'en parle jamais de l'Alsace dans la mode » avait déclaré le gamin de Souffel’à l’époque à France 3. « Quand je voyais mon grand-père habillé en tenue traditionnelle, ma grand-mère aussi, cela m'a inspiré. Mes grands-parents me parlaient en alsacien », raconte-t-il.
Pierre et Gilles, le célèbre couple d’art contemporain, lui proposent de d’incarner son idole Jean-Paul Gaultier, pour l’un de leur tableau-photo. Alors qu’il pose dans leur studio, il croise le créateur. « Au culot je lui ai demandé un stage. Avant j’avais dû envoyer dix fois ma candidature. » Pendant 3 mois, il devient assistant styliste pour le Fashion Freak show, un spectacle de cabaret où il est comme un coq en pâte. « Je travaillais avec des chorégraphes, des danseurs et des danseuses. » Auprès de celui qu’il continue à appeler « Monsieur Gaultier », le jeune Victor Weinsanto apprend à s'amuser et à ajuster ses corsets. Un héritage qu’il s’est approprié pour créer des silhouettes marquées mais qui gardent la souplesse du nu. Un coup de ciseaux qui se retrouve dans toutes les collections de sa marque Weinsanto qu’il a lancé pendant le Covid.
À Paris, la dernière édition de la Fashion Week s’est clôturée dimanche. Parmi les figures marquantes, le talentueux styliste Victor Weinsanto. À 32 ans, on a déjà aperçu ses créations aux JO de Paris, chez Jean-Paul Gaultier ou même portées par des gros noms comme Beyoncé ou Theodora. Si sa marque a brillé par sa maîtrise des jeux de transparence qui flirtent avec le trash, notamment remarqué dans un défilé automne/hiver 2026, on dit moins souvent qu’il a puisé un peu d’inspiration dans son enfance à Souffelweyersheim, dans le Bas-Rhin !
Success story au culot
Avant d’être styliste, Victor Weinsanto se rêvait étoile. Une passion pour la danse qui l’envoie à 10 ans loin de chez lui. D’abord formé à la danse entre Strasbourg, Cannes, ou même Stuttgart, il préfère vite aux ballets les défilés burlesques et dramatiques de Jean-Paul Gaultier et Thierry Mugler, qu’il décortique avec obsession sur Youtube. « J’étais fasciné par leur esthétique, la transformation du corps, de l'extravagance sans retenue dans les codes », raconte-t-il avec une fascination toujours aussi vive.
Comme une pulsion, il arrache à 17 ans sa première robe du tissu en lycra rouge de son lit d’internat de danse classique, cousue à l’arrache « mais pas si moche » dans son souvenir. Vite lassé des professeurs russes inflexibles et de ses blessures chroniques, il finit viré pour indiscipline. De retour en France, il passe son bac et prend des cours de couture le soir avec Anne-Marie, une voisine de ses parents à Souffelweyersheim. « C’est elle qui m’a enseigné les bases. Aujourd’hui je la vois encore car ma mère prend des cours avec elle ». Un apprentissage à bonne école. Il réussit finalement à entrer aux ateliers Chardon Savard, un établissement privé de mode parisien, qu’il paye en travaillant en parallèle chez McDonalds.
Il a habillé Beyoncé et Theodora, appris aux côtés de Jean-Paul Gaultier et a dépoussiéré des coiffes alsaciennes dans la mode. Il était une des figures attendues à la dernière Fashion Week de Paris qui s’est terminée dimanche dernier. Retour sur le parcours Victor Weinsanto, ce Souffelweyersheimois devenu étoile montante de la haute-couture.
Deux jours après le sommet sur l’énergie nucléaire, l’Élysée a annoncé, à l’issue du Conseil de politique nucléaire du 12 mars, que 60 % du coût global du programme EPR2 sera financé en partie par le Livret A.
Renforcer la souveraineté énergétique de la France est plus que jamais un enjeu dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques causées par la guerre au Moyen-Orient. Lors du sommet sur l’énergie nucléaire à Paris le 10 mars, Emmanuel Macron appelait « chaque acteur public et privé à prendre sa part pour continuer de mobiliser les investissements » en faveur de cette énergie.
Deux jours plus tard, à l'issue du Conseil de politique nucléaire, l’Elysée montre l’exemple. Dans un communiqué, la présidence indique que « le prêt bonifié de l'Etat accordé au programme EPR2 pour 60% du montant total du programme sera financé par le fonds d'épargne de la Caisse des dépôts ». Cela signifie que le Livret A financera en partie ce « chantier du siècle » dixit Emmanuel Macron, qui vise à construire six nouveaux réacteurs, à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Hauts-De-France) et Bugey (Ain).
Le Livret A, un financement indirect mais concret
Contrairement à un compte courant, l’argent placé sur les livrets réglementés ne reste pas inactif. Une grande partie est centralisée dans le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, qui regroupe 59,5 % de l’épargne déposée sur les Livrets A, les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) et les Livrets d’épargne populaire (LEP). Au total, l’enveloppe représente environ 400 milliards d’euros.
Cette épargne est ensuite utilisée, sous forme de prêt à long terme, pour financer des projets d’intérêt général, tout en offrant aux épargnants un placement sécurisé dont les taux sont révisés en janvier et en juillet, disponible à tout moment et exonéré d’impôts. Une moitié est dédiée à des prêts pour le logement social et la politique de la ville. L'autre moitié est investie dans des titres de dette et dans des actions de sociétés cotées. Par ailleurs, ce mécanisme permet à l’Etat de mobiliser des montants importants sans avoir à l'inscrire dans le budget de l’État.
« Grâce au mécanisme du Fonds d’épargne, la Caisse des Dépôts met une fois de plus l’épargne des Français à leur service et à celui des générations futures » se réjouit Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des Dépôts, dans un communiqué de la Banque des Territoires.
380 à 650 milliards d’investissements pour le nucléaire
Le Conseil de politique nucléaire a par ailleurs précisé qu’EDF « s’est engagé à tenir la cible de coûts de construction à hauteur de 72,8 milliards d’euros [selon la valeur de la devise en 2020] ». Toutefois, selon une analyse de Greenpeace France, le coût total de la relance nucléaire, incluant la prolongation du parc existant et le retraitement des combustibles, pourrait se situer « entre 380 et 650 milliards d’euros d’ici 2050 ». Des « coûts vertigineux », affirme Florence de Bonnafos, chargée de mission Économies et Finances pour Greenpeace France. « Les expériences récentes de construction d’EPR nous montrent que le secteur est incapable de maîtriser ses coûts. Pourtant, le gouvernement peut décider de la construction de six voire 14 EPR2 sans chiffrage fiable ni du coût ni du financement de ce projet, alors qu’il est prévu d’avoir massivement recours à l’argent public, c’est-à-dire celui des contribuables… ».
La décision finale d’investissement, étape clé pour lancer officiellement les travaux, devrait être prise par EDF avant la fin de l’année 2026, pour une première mise en service prévue d’ici 2038, selon la présidence. Greenpeace France appelle cependant « à repousser cette décision à après l’élection présidentielle de 2027 pour qu’un réel débat puisse avoir lieu sur sa faisabilité industrielle, sa pertinence et ses impacts sur l’économie et sur la transition énergétique, environnementale et sociale ».
Camille Carvalho
Edité par Anouk Seveno