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Un tutu rose dans la chambre d'amis

La voilà ravie que Thenso ait gagné le cœur du public local, avec une salle comble lors des représentations des Misérables fin octobre. “C’est quelqu’un qui mérite d’être connu en tant que metteuse en scène et en tant que personne”, estime Mathilde. Et après la représentation, lorsqu’il faut démonter les tréteaux et dévisser les boulons, elle ne se repose pas sur les autres. À 73 ans, elle y va.

Celle qui, petite, se rêvait à la fois danseuse étoile, médecin et bonne sœur, vit aujourd’hui sa retraite entourée de costumes et de décors, logés dans sa maison qu’elle a réaménagée en 2024 suite à la fermeture de ses locaux au fort Kléber. Sur le portant installé dans la chambre d’amis qu’elle appelle “la loge” trône un tutu rose, destiné à sa prochaine création intitulée Simone, qui retracera les différentes étapes de sa vie. Sylvie, qui a partagé avec elle les bancs de la fac, l’assure : “Elle a toujours le même appétit de théâtre, elle ne s’économise pas. Et quand elle est sur scène, le monde peut s’écrouler, elle ne le note pas.” Nicole complète : “Elle est comme Molière, elle mourra sur scène.”

© Anaïs Coste et Ella Peyron

Une retraite appréhendée

Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir investi la ZA. Tous les mercredis depuis six ans, sur un emplacement loué auprès de la mairie, Jérémy Lekieffre gare son Dernier Truck avant la Faim du Monde. “Si je reviens, c’est que ça marche ! C’est le seul endroit où je travaille qu’une heure.” Il sert en moyenne une trentaine de clients le midi, avec un succès marqué pour l’onglet de bœuf à 12 euros. Il est vrai qu’avec 515 entreprises et 2941 emplois, la ZA d’Eckbolsheim promet des perspectives intéressantes.

Hubert Heimburger enseigne le judo aux plus jeunes depuis 1987. © Augustin Anuset

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Points d’intérêt le long du canal de la Bruche. © Jeanne Derieux - Le Magueresse et Marion Guédot

 Allan Moutet et Lilian Nowak

Les installations sportives à Eckbolsheim. © Flavia Adamciuc et Augustin Anuset 

"Elle est comme Molière, elle mourra sur scène."

Au-delà du cadre de jeu, le véritable atout du club réside dans son accessibilité : “Chacun a sa clé et peut venir jouer quand il veut”, expose Pascal Ruhlin. Le club compte aujourd’hui 39 membres et affiche un beau palmarès. “J’ai été une fois finaliste de France et quatre fois champion d’Alsace”, s’enorgueillit Charles Ritter. 

La préoccupation principale reste l’avenir. En moyenne, les joueurs du club ont 60 ans. Face à cette tendance d’ampleur nationale, le vice-président multiplie les interventions. “On initie les enfants le mercredi, mais ils viennent deux ou trois fois puis arrêtent”, regrette-t-il. Stéphane, 14 ans, et Thibault, 19 ans, sont les deux seuls joueurs de moins de 21 ans. Pas de quoi décourager Pascal Ruhlin : “Tant qu’on est là, le club vivra.”

Flavia Adamciuc et Augustin Anuset 

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Charles Ritter s'entraîne plusieurs fois par semaine pour les compétitions régionales. © Flavia Adamciuc

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