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Interdire la mendicité à Strasbourg, vraiment ? À l’occasion de la campagne pour les élections municipales, dont le premier tour aura lieu le 15 mars, un vieux débat refait surface. Le candidat de droite Jean-Philippe Vetter propose de réinstaurer un arrêté anti-mendicité. Une proposition soutenue aussi par la candidate d’extrême droite Virginie Joron. Si un tel arrêté était instauré, les personnes sans-abri seraient susceptibles de se faire verbaliser pour « mendicité agressive ».

Sur un rythme marqué, sa voix grave envahit la pièce. Au fil du texte, les métaphores de la maladie s’accumulent : « J’ai perdu le fil d’Ariane de mon labyrinthe intérieur, ma boussole d’âme ne m’indique plus le nord. » À la fin du morceau, il raconte : « Cette chanson, c’est l'histoire d’un gars qui sort d’un bar et qui est complètement paumé. Il va devoir retrouver son chemin alors qu’il a perdu ses repères. » Seb Eidenschenck, qui le côtoie depuis plus de vingt ans, voit en lui « un personnage assez mystique, un poète. »

« C’est comme si tu sortais de la réalité »

La schizophrénie s’est déclarée quand il avait 23 ans. Alors qu’il effectue son service militaire en Allemagne, Laurent Lefebvre connaît sa première décompensation. c'est-à-dire une phase de rupture dans l’équilibre psychologique. S’ensuivent une hospitalisation et des mois d’hallucinations. « C’est comme si tu sortais de la réalité générale, raconte-t-il. Tu as une interprétation de tes cinq sens qui est différente des autres, et le problème c’est que tu ne t’en rend pas compte. » Une perte de contrôle qui s’est reproduite à deux reprises au cours de sa vie.

« La schizophrénie c’est une pathologie mentale qui arrive quand on est adolescent, ou jeune adulte, éclaire Fabrice Berna, professeur de psychiatrie au CHU de Strasbourg. Il y a des symptômes dits “positifs”, comme des délires ou des hallucinations, et d’autres “négatifs”, c'est-à-dire un renfermement sur soi. » 

Selon les personnes, cela se traduit de manière différente. Laurent se souvient lui d’avoir eu « l’impression que la radio ou la télé [lui] parlait » : « Quand tu sors de la réalité, tes pensées vont à 1 000 km/h. C’est comme si tu avais le pied sur l’accélérateur et que tu n’arrivais plus à rien contrôler. Ça peut durer plusieurs mois. »

Les candidat·es aux élections municipales Jean-Philippe Vetter et Virginie Joron souhaitent interdire de nouveau la « mendicité agressive » à Strasbourg. Une idée juridiquement complexe à mettre en place et éthiquement très contestable.

Laurent Lefebvre utilise la musique pour retracer son parcours. © Pauline Moyer

C’est au dernier étage d’un petit immeuble de Colmar que Laurent Lefebvre vient répéter depuis un an. Avec Seb Eidenschenck, ils ont monté un groupe. Clavier et percussion pour l’un, saxophone, flûte traversière et chant pour l’autre. « L’idée du set, c’est de retracer en musique le parcours de Laurent vis à vis de sa schizophrénie », explique Seb Eidenschenck. À bientôt 60 ans, Laurent Lefebvre est atteint d’un trouble schizophrénique, comme environ 600 000 personnes en France. Aujourd’hui, il lutte contre les préjugés inhérents à la maladie à travers le théâtre et la musique.

 

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