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Jean Phillipe Vetter aime se prélasser en terrasse sans être ennuyé. Qui peut lui en vouloir ? Strasbourg est si belle l’été. Mais quand des yeux affamés viennent déranger son café, il décide que c’est le moment de publier un arrêté. Soigner la pauvreté ? Très peu pour lui, Jean Phillipe Vetter a le souci de la propreté. La misère tâche le paysage alors il faut la cacher.
Au débat municipal télévisé le 11 mars dernier, le candidat de droite aux municipales a annoncé vouloir rétablir l’arrêt contre la mendicité. Il avait été mis en place en 2019 par l’ancien maire Roland Ries (PS) et abrogé par la municipalité écologiste. “Il ne s’agit pas d’aller chercher les gens qui sont là et qui n’embêtent personne”, précise la tête de liste LR. C’est un arrêt contre “la mendicité agressive”.
Jean Phillipe Vetter a son idée bien rodée du parfait SDF : c’est celui qui se tait et se fait oublier. Pour les autres, ce sera une sanction financière. Et tant pis si ils ne sont pas solvables, ils vont le payer.
Le candidat de la droite a de drôles de priorités. Alors qu’un quart de la population strasbourgeoise vis sous le seuil de la pauvreté, que le sans-abrisme augmentent et que 200 enfants dormaient encore dans les rues de la ville en 2024, pour le candidat LR, ce qui est “agressif” c’est de voir la réalité en face.
Celle de l’aveu d’un échec collectif. Ce qui est agressif, c’est que des êtres humains soient réduits à l’indignité, incapable de se loger, de se nourrir ou de subvenir à leurs besoins les plus primaires.
Carol Burel
De passage à Strasbourg le 12 mars pour participer à une conférence du Centre universitaire d’enseignement du journalisme, la journaliste ukrainienne répond aux question de Webex sur les conditions d’exercice de son métier dans un pays en guerre.
Il est 18h, c'est la fin de ce live autour de la 14ème journée de conflit au Moyen-Orient. Merci de l'avoir suivi !
17h55 : Un troisième missile tiré depuis l'Iran détruit par l'Otan dans l'espace aérien turc
« Un missile balistique tiré d'Iran et entré dans l'espace aérien turc a été neutralisé par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale », a expliqué le ministère de la défense turc dans un communiqué. « Toutes les mesures nécessaires sont prises avec fermeté (...) et des discussions sont en cours avec le pays concerné afin de clarifier tous les aspects de l'incident », a-t-il ajouté.
Deux autres missiles avaient été interceptés par l'Otan lundi et la semaine dernière.
Comme près de 600 000 personnes en France, le Colmarien de 59 ans est touché par un trouble schizophrénique. Aujourd’hui, il a fait de sa maladie une force, et s’est donné comme objectif de la déstigmatiser.
Cette mesure ne serait cependant pas issue d’une loi, mais d’une décision administrative locale. Pour être appliquée, l’édile devrait justifier d’un trouble à l’ordre public pour user de son pouvoir de police. Une notion juridique « complexe à définir », selon Axel Montero, juriste en droit public au sein d’une collectivité territoriale. Il souligne qu’il faudrait que le trouble à l’ordre public soit suffisamment caractérisé « pour que le Conseil d’État autorise ce genre d’arrêté ». Autrement dit, pour que la mesure soit recevable, elle doit cibler des zones précises, aux problématiques clairement identifiées, et s’appliquer sur une temporalité définie. « L’arrêté doit aussi être proportionné à l’objectif recherché : l’ordre public », précise le juriste.
« Beaucoup de gens meurent à cause de l’isolement social »
Mais quand bien même la proposition de Jean-Philippe Vetter entrerait dans les clous, les arrêtés anti-mendicité posent aussi des questions éthiques. Depuis dix ans, l’association Au bonheur d’un sourire organise des distributions alimentaires à Strasbourg. Elle accompagne également des personnes sans domicile, des étudiant·es et des familles en difficulté. Sadek Mohamed Amin, son président, se souvient des conséquences du dispositif mis en place par l’ancienne administration. « On met les gens à l’écart de la société et il n’y a pas pire que ça. Beaucoup de gens meurent à cause de l’isolement social », regrette-t-il.
Pour le bénévole, ces mesures compliquent le travail de terrain des associations : « Ces sans domicile fixe se retrouvent [éloignés] et seuls. On a plus de mal à les retrouver » Sadek Mohamed Amin « entend » les complaintes des commerçant·es relayées par Jean-Philippe Vetter, mais pour lui, un pareil arrêté n’est pas une solution. Concernant le sans-abrisme, « la Ville, la Région, l’État ont des obligations auxquelles ils ne répondent pas ». Force est de constater que les places en hébergement d’urgences manquent souvent au sein de l’Eurométropole. Et à ce sujet, le président d’Au bonheur un sourire déplore un « manque de volonté politique ».
Maud Karst et Tom Soriano
Édité par Augustin Brillatz