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Concernant le sommeil, les boulangers ont leurs propres habitudes : “Je travaille jusqu’à 10h puis je dors deux heures l’après-midi, raconte Sylvain Trotignon. La motivation la plus dure à trouver c’est au réveil de la sieste.” Pour Théo, la fatigue accumulée se fait sentir “surtout en fin de semaine”. Chose rare pour les boulangers, cet artisan dispose de son week-end, mais pour le reste de l'équipe le repos s'étend du dimanche au lundi.
L'équilibre social mis à rude épreuve
Eliot Carlier, 21 ans, apprenti à L’Authentique avec les Compagnons du devoir*, y trouve son compte. Vivant dans la résidence des Compagnons à Strasbourg, sa vie sociale est bien remplie, entre après-midi libres et quelques fêtes. De son côté, Sylvain a coupé les ponts avec certains amis mais s’en est fait de nouveaux. “Le plus compliqué, c’est dans la vie de couple, c’est chaud à accorder quand l’autre ne fait pas le même métier.”
Un impact écologique difficile à mesurer
"Quand on s'appelle Pampers, qu’on est une grosse marque américaine qui a pollué pendant des années et qui appartient à Procter & Gamble, on a besoin d'éléments de preuve pour crédibiliser son discours", poursuit Valérie Melchiore. Et donc de financer des micro-forêts comme celle de Wolfisheim. Quitte à en exagérer l’impact réel. Comme l’a noté le Jury de déontologie publicitaire dans un avis en 2023, "la revendication prétendument plus naturelle de cette gamme de couches est excessive et disproportionnée et de nature à induire en erreur le consommateur". Autrement dit, les actions de Pampers s’apparentent à du “greenwashing".
Ce constat a nourri l’envie de nouveaux acteurs de proposer une gamme plus vertueuse. Le marché des couches éco-responsables, aux ingrédients bio-sourcés, représente aujourd’hui 25 % des ventes du secteur selon l’institut d’études Xerfi. "Il existe une vraie prise de conscience des jeunes parents de faire attention à la fois à la peau de leur bébé mais également à la planète", explique Valérie Melchiore, professeure de marketing à l’université de Cergy. Un défi pour Pampers, toujours leader en France avec 53 % de parts de marché, mais qui se doit de réagir pour conserver ce statut. Sa gamme Harmonie, lancée en 2018, se veut plus éco-responsable et contribue directement au financement de projets de reforestation.
L’industrie des couches jetables en pleine mutation
Face au panneau d’information qui présente l’initiative, des pictogrammes interpellent. Pampers finance et BeeForest est missionnée par Reforest’Action. Sur son site internet, on apprend que l’entreprise est spécialisée dans la "régénération des écosystèmes terrestres”. Nouant des partenariats avec un grand nombre de multinationales telles que le géant italien des hydrocarbures ENI ou le groupe LVMH, Reforest’Action offre l’opportunité à ces sociétés de verdir leur image en contribuant financièrement à des projets de reforestation.
Pampers* cherche aussi à nuancer son bilan. Celui d’une industrie des couches jetables extrêmement polluante. Selon une étude menée par la Defra, l’agence de l’environnement britannique, la consommation de couches d’un nourrisson émet environ 500 kg de CO2. L’essentiel de ce bilan provient de la production et du traitement des déchets après utilisation. Avec plus de 600 000 naissances en France chaque année, ce sont 300 000 tonnes de CO2 qui sont émises dans l’atmosphère, l’équivalent des émissions de la Guyane. Niveau déchets, les couches constituent à elles seules 5 % de la masse totale des ordures ménagères en France.
De nouveaux acteurs prêts à verdir les images des entreprises
À l’origine du projet, Mathieu Verspieren, créateur de l’entreprise BeeForest. L’ancien ingénieur agronome démarche les mairies pour obtenir des terrains et coordonne la plantation. L’un de ses objectifs : "sensibiliser et impliquer les enfants des écoles". Ce qui a convaincu Laurence Meyer, adjointe à l’environnement de Wolfisheim. "On a fait participer toutes les associations, les pompiers, le foot, les écoles, les parents. On a planté des arbres [pour] les bébés de l’année."