Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.
[Live terminé] Israël a mené de nouvelles frappes dans le centre de Beyrouth ce jeudi 12 mars. Le nouveau guide suprême iranien, qui s'est exprimé pour la première fois depuis sa nomination, a appelé à maintenir le détroit d'Ormuz fermé, affirmant qu'il irait « jusqu'au bout » pour se venger des attaques israélo-américaines.
La Ligue des Champions commençait véritablement pour Paris ce mercredi 11 mars au soir. Pour ce premier match de la phase à élimination directe, les hommes de Luis Enrique, qui restaient sur une défaite à Monaco en championnat, se devaient de faire bonne figure face à un Chelsea en forme. Un défi relevé haut la main par les Parisiens, qui ont malmené les anglais malgré quelques erreurs défensives.
Les champions d’Europe en titre ont entamé leur partie avec beaucoup de sérieux. Après une première occasion de João Neves (5e), Dembelé adresse un centre sur la tête du même Neves qui sert Bradley Barcola, battant le portier adverse d’une demi-volée puissante pour ouvrir le score (10e). Sonnés, les Blues de Chelsea se reprennent peu à peu et se montrent dangereux. Le PSG ne courbe pas l’échine pour autant, et Barcola manque le doublé de peu sur une superbe parade de Jörgensen, préféré au gardien titulaire Robert Sánchez.
Mais Chelsea va profiter des erreurs parisiennes pour revenir au score à la 28ème minute. Sur un superbe ballon d’Enzo Fernandez, le Français Malo Gusto est oublié par la défense au deuxième poteau et aligne Safonov du pied droit, 1-1.
Les débats s’équilibrent alors, dans un match toujours très animé et plaisant à regarder. Safonov se mue en sauveur sur une frappe de Palmer, et Ousmane Dembélé part seul en contre sur l’action suivante. À l’issue d’un deux contre deux parfaitement joué avec Hakimi, le Ballon d’or remet les Parisiens devant avant la mi-temps (40e).
Au retour des vestiaires, les joueurs de la capitale ont ensuite semblé tomber dans un faux rythme. Ne frappant aucune fois au but entre la 40ème et la 70ème minute, les coéquipiers de Willian Pacho ont encore vu Chelsea exploiter leurs erreurs pour revenir au score. À la 57ème minute, Désiré Doué perd un ballon au milieu de terrain et permet à Enzo Fernandez d’inscrire un deuxième but pour les Londoniens.
Ce mercredi soir, le Paris Saint-Germain a pris une sérieuse option pour la qualification en quarts de finale de la Ligue des Champions en s’imposant 5 à 2 face à Chelsea au Parc des Princes. Emmenés par un Bradley Barcola remuant et un Khvicha Kvaratskhelia clinique, les Parisiens ont livré une prestation aboutie face à des Blues trop fébriles.
Ils ont aussi en commun leur engagement. Julie fait partie du groupe d’activistes Extinction Rebellion, un moyen de garder espoir en menant des actions avec d’autres personnes, et en même temps de resserrer les liens de son couple. Yoan, contraint par son emploi du temps professionnel, ne milite pas autant, mais reste un soutien moral. « Ça aurait été compliqué pour la relation s’il était resté plus modéré », concède celle qui, après un master de chimie, travaille dans une association liée à l’environnement. Par le biais de rencontres et au fil de ces quatorze dernières années, ils ont évolué à deux, dans la même direction, mais pas toujours au même rythme. « J’ai l’impression d’avoir été plus amoureuse quand il a commencé à sortir des réflexions de gauche, par exemple sur les manières concrètes de lutter contre le fascisme. Être alignés a renforcé notre lien. »
Leur amour agit comme remède face à l’angoisse ambiante. Quand tous deux sont affectés par la situation, ils organisent « des moment régénératifs à deux ». Jeux de société, jeux de rôle, balades dans des lieux végétalisés, sorties au bar ou au restau, « ça aide pas mal ».
C’est ce qu’explicite Élisabeth Metzger, psychothérapeute en écopsychologie, lorsqu’elle constate que la base d’un couple, c’est l’amour, mais qu’aujourd’hui, ça ne suffit plus. « Il faut absolument une bonne communication et un socle de valeurs communes. L’écoanxiété touche précisément à cela. » Ces valeurs se reflètent dans les choix quotidiens : vacances, nourriture ou vêtements. Et pour un couple, « ce socle commun permet d’avoir une force incroyable ».
Cette conscience écologique impacte également le désir de Yoan et Julie de faire famille. Alors qu’autour d’eux, des amis et des cousins sautent le pas, ni l’un ni l’autre ne veut d’enfant : « à 90%, non ». « Il y a eu un moment précis où j’ai vraiment eu envie d’avoir des enfants, expose Julie. Puis il y a eu le retour à la réalité. On est refroidis par le contexte climatique et politique. » Yoan la rejoint : « On n’a pas forcément envie de faire grandir quelqu’un dans ces conditions-là », en listant le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la montée des extrêmes droites. Ces jeunes trentenaires ne sont pas les seuls. Selon une enquête mondiale de The Lancet planetary health de 2021 sur les croyances en lien avec la crise environnementale, quatre jeunes sur dix déclaraient hésiter à avoir un enfant.
De l’écoanxiété à l’écofureur
Les deux filles de Charlotte* vivent la même indécision. Cette ingénieure à la retraite de 63 ans se définit comme « éco-furieuse » et s’investit dans la désobéissance civile depuis quatre ans avec Extinction Rebellion. Elle explique que l’une des raisons qui l’a poussée à devenir une activiste, c’est « la colère de savoir que je ne serai peut-être jamais grand-mère à cause de la situation planétaire et politique ».
Écologie et relations amoureuses s’influencent réciproquement. Charlotte, après avoir été prévenue dans un procès pour des actions du collectif de résistance civile Dernière Rénovation, exigeant la rénovation thermique des bâtiments, explique que cet activisme a renforcé son couple. Et inversement, elle n’aurait pas pu s’investir autant sans les encouragements de son mari, Jean*. La militante avoue que son engagement « est très positif pour notre relation. Ce n’était pas un long fleuve tranquille, mais on reste vraiment amoureux l’un de l’autre ».
Eva Lelièvre
*Ces prénoms ont été modifiés pour des raisons d’anonymat.
[cet article est extrait du magazine News d'Ill n°136, publié en novembre 2025]
« J'ai dû batailler pour avoir un liquide vaisselle solide », révèle Elsa, un sourire timide sur le visage. Avec Fabio, ils sont en couple depuis le collège. Les deux étudiants strasbourgeois ont emménagé ensemble durant l’été 2024, non loin de la gare. Les petits objets du quotidien sont alors rapidement devenus sujets à discussion car « il y a des décalages dans nos manières de vivre » , exacerbés par leur vie commune, constate la jeune femme de 21 ans. L’étudiante en architecture refuse d’acheter des bibelots en plastique. « Autant qu'on achète moins de choses, mais de meilleure qualité. » Lui « consomme et veut profiter, sans réfléchir à tout ça. »
Elsa aimerait moins manger de viande, pour limiter son empreinte carbone. « Souvent, je dois lui réexpliquer pourquoi. Mais ce n'est pas moi qui cuisine, donc je ne veux pas lui imposer mon style de vie. » Une solution qu’elle a trouvée : tester différents produits végétaux pour voir ce qui leur convient à tous les deux. Elsa précise que même si ces dissensus — autour de l’écologie seulement — reviennent souvent sur la table, il ne s’agit pas de disputes.
« On est moins en phase »
Elsa dit ne pas ressentir d’écoanxiété, cette peur chronique liée à la menace du changement climatique et aux dégradations environnementales. Mais en voyant l’actualité, la jeune femme ressent de la colère et de l’incompréhension. Elle a l’impression qu’en s’impliquant davantage dans cette cause, un écart se creuse avec Fabio. « Quand on était au collège-lycée, je n’accordais pas beaucoup d’importance à l’écologie, raconte-t-elle. Maintenant, on est moins en phase. Je ne pense pas que ça impacte la façon dont on s'aime, juste la façon dont on cohabite. » Parfois, elle craint que la perception que Fabio a d’elle ne change si elle s’engage trop, car « il n'aime pas trop les gens qui crient en manif, qui sont très engagés » . Mais chacun reste respectueux de l’avis de l’autre. Sollicité, Fabio n’a pas souhaité s’exprimer sur leur relation.
« L’écoanxiété, dans les relations amoureuses, peut générer des troubles, parce que la prise de conscience est individuelle », analyse Adrien Lacroix, expert en sensibilisation aux enjeux environnementaux. « Dans un couple, il peut y en avoir un qui, avant l’autre, devient plus lucide sur ces questions. Cela va créer un décalage et générer des discussions sur des sujets délicats. » Et engendrer des changements de comportements liés à cette révélation, concernant le logement, les transports, le travail, etc. « Dans une relation, l'important, c'est de garder le lien. L'écoanxiété, le seul moyen de vivre avec, c'est d'agir en collectif. Et un collectif, ça démarre à deux. »
Julie* et Yoan* l’ont bien compris. À 31 ans, ils sont mariés depuis trois ans, partagent leur amour, mais aussi leur angoisse. « En me levant le matin, confesse-t-elle, je pense à quel point la planète est dans un état déplorable à cause de nous. Avant, il y avait des moments où je me mettais à avoir des grosses pensées noires sur le fait qu’on n’aura pas d’avenir. » Des préoccupations qui touchent également son mari, ingénieur en énergie. « Éco-anxieux, oui je le suis. C’est difficile de se projeter avec optimisme, surtout en connaissant bien le sujet. Ça fout le blues. »
Ce mal-être n’est pas rare : selon une étude de l’Ademe publiée en mars, 2,1 millions de Français se sentiraient « très fortement éco-anxieux » au point qu’ils devraient bénéficier d’un suivi psychologique. Et ce sont les 25-34 ans les plus touchés.
C’est l’histoire d’amours ébranlées par les temps modernes. Végétarisme, activisme militant, écoanxiété, désir d’enfants : comment l’engagement écologique influence les relations amoureuses ?
Dès 2013, de nouvelles règles de sécurité ultra-strictes sont instaurées, notamment pour faire face aux risques de catastrophes naturelles. Depuis, les infrastructures se mettent lentement aux normes et rouvrent au compte-goutte – les premières remises en service durables datent de 2015 –, ou attendent d’être démantelées, comme 24 des 54 réacteurs qui peuplaient le pays en 2011.
Un monde en guerre favorable au retour du nucléaire
Conséquence directe de cette chute violente du nucléaire, le Japon a misé majoritairement sur les énergies fossiles pour produire son électricité, alors que le pays importe la quasi totalité de ses besoins en charbon, en gaz et pétrole. Malgré le développement rapide des énergies renouvelables en parallèle, l’archipel perd une grande partie de son indépendance énergétique.
Retrouver de la souveraineté, voilà ce qui motive le plus le Japon à renouer avec son programme nucléaire civil. Avec les guerres en Ukraine puis au Moyen-Orient, les voies d’approvisionnement en énergies fossiles, sont de moins en moins sûres. La récente fermeture du détroit d’Ormuz met en péril le fragile équilibre énergétique japonais : plus de 90 % des ses importations de pétrole proviennent du golfe Persique et les deux tiers doivent passer par cet endroit stratégique.
Un soutien croissant de l'opinion publique
Ce contexte difficile, couplé à des manifestations post-Fukushima qui n’ont abouti ni à la dénucléarisation du pays ni à des victoires électorales des partis les plus opposés au nucléaire, fait que les Japonaises et les Japonais sont devenus favorables à la reprise du programme nucléaire de leur pays. « En 2013, seulement 22 % [...] soutenaient le redémarrage des centrales », explique Gauthier Mouton, chercheur à Sciences Po Lyon, dans un article pour The Conversation. Le dernier sondage en date, publié par l’agence de presse Jiji Press en décembre 2025, indique qu’ils sont maintenant 44,7 % à y être favorables.
Le Japon n’est pas le seul pays à se ruer vers le nucléaire civil, qui connaît une expansion régionale et mondiale. À ce propos, Gauthier Mouton explique : « L’Asie du Sud-Est représente un marché en pleine croissance pour l’énergie nucléaire. L’Indonésie, par exemple, a dévoilé son projet de construction de 20 nouvelles centrales d’ici 2036. » Le 10 mars 2026, l’Union Européenne a affiché une forte volonté de développer le nucléaire civil lors d’un sommet sur le sujet, organisé à Paris par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Si le Japon n’est pas le seul à surfer sur cette vague, son pari de revenir à l’atome n’en est pas moins risqué : l’archipel, situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, est particulièrement menacé par les tremblements de terre. En novembre 2025, des chercheurs japonais ont estimé entre 75 et 82% la possibilité qu’un séisme de magnitude 8 ou 9 surviennent lors des trois prochaines décennies.
Titouan Catel--Daronnat
Édité par Carol Burel, Gaïa Herbelin et Lucie Porquet