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La liste de Pierre Jakubowicz (Horizons), moins exposée médiatiquement et plus basse dans les sondages (5,5 %), subit à l’inverse peu d’incidents. « Sur cette campagne, on est épargnés », explique Édouard Bailhache, co-listier. Seuls quelques insultes en ligne ont été relevées. « En 2020, notre QG était dégradé presque quotidiennement pendant les mobilisations contre la réforme des retraites. Cette année est plus calme : notre liste est moins clivante, avec des visages moins connus. La violence en politique n’est pas nouvelle, mais elle ne doit pas être banalisée  », rappelle l’élève-avocat. Quant à Catherine Trautmann (PS) et Jean-Philippe Vetter, ils n’ont relaté aucun incident publiquement. Contactées par Webex, leurs équipes n'ont pas répondu à nos sollicitations.

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, une vidéo du candidat NPA Cem Yoldas, impliqué dans une bagarre avec des nationalistes en 2023, a ressurgi. Une vague de harcèlement a suivi, alimentée par la candidate du Rassemblement National Virginie Joron, qui a publié l’adresse de son travail. Le 25 février, invoquant des raisons de « sécurité » et « la violence de l’extrême droite », l’ancien de la jeune garde s’est retiré de la campagne. De son côté, Virginie Joron assure n’avoir fait que partager des informations déjà publiques et que le retrait de Cem Yoldas n’a rien à voir avec sa publication.

Strasbourg, théâtre d’un contexte national

Les Écologistes, crédités d’une vingtaine de points dans les sondages, subissent aussi cette pression : le QG de Jeanne Barseghian a été tagué et son équipe a été visée par des menaces. « C’est une campagne très différente de 2020, parce qu’on est plus connus. On sent un climat de violence qui monte, mais on reste déterminés », souligne la maire sortante.

10h37 : 8 morts dans une nouvelle frappe israélienne sur Beyrouth

Jeudi, une nouvelle frappe israélienne a visé le front de mer de Ramlet al-Bayda à Beyrouth et a fait 8 morts et 31 blessés, selon un dernier bilan officiel. Dans la nuit, une frappe a ciblé la capitale libanaise où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah et s'étant installés dans des tentes.

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier au sud de Beyrouth, faisant trois morts et un blessé. L'armée israélienne avait annoncé mercredi soir avoir lancé une nouvelle série de frappes « à grande échelle » sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah régulièrement bombardé depuis dix jours. De son côté, le Hezbollah a annoncé mercredi soir avoir déclenché une attaque aux missiles contre Israël.

Depuis début mars, le conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien a fait plus de 630 tués et déplacé plus de 800 000 personnes selon les chiffres officiels.

«Cette agression arrive dans un contexte où l’extrême droite a désigné LFI comme étant l’ennemi de la République», explique Florian Kobryn lors de la réunion au Cul-terreux mardi 10 mars. © Camille Carvalho

Depuis l’incident début mars, la sécurité des militants a été renforcée : «  On ne tracte plus seul, mais à deux ou trois  », raconte Halima Meneceur, deuxième sur la liste. Lors d’un porte-à-porte, la fondatrice du groupe d’action LFI à Hautepierre a été menacée verbalement : «  Partez sinon je vous cogne  », lui a lancé un habitant.

Cette scène, filmée par la co-listière, s’inscrit dans un climat plus large de tension et de violences qui traverse la campagne strasbourgeoise. « Cette agression arrive dans un contexte où l’extrême droite a désigné LFI comme étant l’ennemi de la République », explique Florian Kobryn, qui a déjà trouvé la porte de son local forcée, la serrure collée et des excréments déposés sur l’entrée. Celui que les sondages annoncent autour des 10 % des intentions de votes n’a pas hésité à le rappeler lors du débat organisé par ICI Alsace, mercredi 11 mars.

Il faisait nuit, vendredi 6 mars, près de l’arrêt de tram Étoile-Polygone, quand Jamila Haddoum, accompagnée de ses enfants de 16 et 15 ans, allait coller une affiche de la liste La France Insoumise menée par Florian Kobryn. Alors qu’un homme l'aperçoit, une discussion cordiale s’engage. Mais à peine l’affiche LFI est-elle déroulée que le ton change brutalement : « Gauchiste de merde », lance l’homme armé d’un couteau.

À quelques jours du premier tour, plusieurs candidats ont été menacés et agressés. Un phénomène qui touche plus particulièrement les partis de gauche. Webex a cherché à comprendre pourquoi.

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