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En résumé :
10h42 : De nouvelles frappes israéliennes au Liban, un pont stratégique dans le Sud
L'armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban vendredi. Une série de frappes a été lancés dans plusieurs régions, dont une a détruit un pont sur le fleuve Litani (sud), utilisé selon Israël par les combattants du Hezbollah pro-iranien. Dans un communiqué, l'armée israélienne a affirmé que « ce pont constituait un point de passage crucial » pour le Hezbollah qui l'utilisait pour « pour se déplacer du nord au sud du Liban, renforcer ses positions et se préparer aux combats ».
Il s'agit de la première infrastructure publique ciblée depuis que le Hezbollah a lancé des missiles sur Israël, le 2 mars, entraînant le Liban dans la guerre régionale.
Mais ces alternatives restent limitées. L’oléoduc saoudien oblige notamment à passer ensuite par le détroit de Bab el-Mandeb, lui-même régulièrement visé par les attaques des rebelles houthis du Yémen.
Peu viables, ces solutions ne permettent pas un flux aussi massif que celui d’Ormuz. Elles ne peuvent servir à écouler qu’environ un cinquième de la production habituelle qui transite par le détroit. À ce jour, elles sont d’ailleurs peu exploitées, l’urgence étant surtout de désengorger la zone des milliers de pétroliers actuellement immobilisés.
Mahault de Fontainieu
Edité par Anouk Seveno
10:30 Des explosions massives entendues dans le centre de Téhéran, alors qu'une manifestation est en cours
La télévision d'Etat iranienne a annoncé d'importantes explosions dans le centre de Téhéran, ce vendredi. Selon le média, les frappes aériennes ont visé des cibles à une « courte distance » pendant un rassemblement à l'occasion d'une journée annuelle de soutien aux Palestiniens.
Dans la matinée, l'armée israélienne a appelé les habitants de Téhéran à évacuer deux zones de la capitale en prévision de frappes « dans les prochaines heures ».
Cette situation est inédite. Jamais cette plaque tournante de la mondialisation n’avait été bloquée hermétiquement. Privant ainsi l’économie mondiale de 30 millions de tonnes de pétrole, actuellement bloqués sur les bateaux. En parallèle, les pays du Golfe, dans l’incapacité d’écouler leurs stocks, ont réduit leur production de 10 millions de barils par jour.
Les cours du brut ont flambé, atteignant près de 120 dollars le baril lundi, soit le double de la normale, et entraînant la hausse des prix des carburants à la pompe dans le monde entier. Pour apaiser les inquiétudes, les 32 pays de l'AIE (l'Agence internationale de l'énergie) ont annoncé un effort conjoint pour mettre sur le marché 400 millions de barils, le déblocage « le plus important » de l'histoire de l'institution. Un « geste symbolique », analyse Stephen Innes, prévisionniste des marchés financiers à l’AFP. Cette mesure pourrait « atténuer la volatilité [du prix du baril] pendant quelques heures » mais n’aurait pas un effet à long terme « dans un contexte où la plus importante artère maritime du monde est menacée ». Aujourd’hui, les prix tournent toujours aux alentours de 100 dollars.
Pour l’instant, l’Europe est surtout touchée par les fluctuations des prix et leurs répercussions sur les consommateurs, notamment à travers le coût du carburant. En 2025, les pays de l’Union européenne n’ont importé qu’environ 5 % de leur pétrole brut depuis le Moyen-Orient, selon l’entreprise d’analyse de données Kpler, privilégiant d’autres fournisseurs comme les États-Unis, l’Angola, l’Algérie ou la Norvège. Le continent peut également compter sur ses stocks stratégiques.
Mais cette relative protection pourrait ne pas durer. « Si cela continue encore un mois, ce qui représenterait environ 70 millions de tonnes en moins sur le marché mondial, cela pourrait devenir critique », alerte Paul Tourret, directeur de l’Institut Supérieur d'Economie Maritime (ISEMAR).
Du côté de l’Asie, la situation est plus compliquée car le continent dépend à 60 % des importations pétrolières moyen-orientales, selon Kpler. Depuis des années, des pays comme l’Inde, le Bangladesh ou le Vietnam, fondent en grande partie leur croissance économique et leur développement sur une stabilité des cours du pétrole à l'international et stockent peu. « L’organisation de la mondialisation s’est faite dans un moment où la géopolitique était plutôt molle et avait peu d’effet sur le commerce international », commente Paul Tourret. Aujourd’hui, « les tensions se durcissent » et sans stock les manques se font ressentir rapidement. La Chine, elle, peut s’en sortir grâce à ses stocks, bien qu’elle importe 56% de son pétrole et 32% de son gaz liquéfié du Moyen-Orient.
Aux Etats-Unis, enfin, la question est surtout politique. Donald Trump a été élu en partie sur la promesse d’une baisse des prix du carburant, sa base MAGA pourrait alors se sentir trahi. D’autant plus que son intervention en Iran reste impopulaire dans l’opinion. « Les Etats-Unis sont exportateurs donc ils pourront aussi en tirer profit un temps mais mécaniquement ils vont subir une hausse des prix », détaille le chercheur.
Le scénario actuel est redouté depuis de nombreuses années par les monarchies pétrolières du Golfe. Dès 1981, l’Arabie saoudite avait tenté d’anticiper un tel blocage en construisant l’oléoduc Petroline, qui relie les infrastructures pétrolières du golfe Persique à la mer Rouge. En 2012, les Émirats arabes unis et Oman s’étaient également entendus sur la construction d’un pipeline permettant de contourner le détroit.