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Au-delà des embouteillages aux heures de pointe, il suffit de passer quelques minutes sur ce boulevard pour faire un autre constat : on n’y comprend rien du tout. Bus, voitures, vélos, piétons, les usagers ne savent ni où rouler, ni où marcher. “La première fois que je suis venu sur le chantier, j’ai failli me faire empaler par une voiture”, raconte Bertrand. Malgré les multiples panneaux de signalisation et le marquage au sol temporaire, la confusion domine : aucune déviation n’est schématisée.

Nombreuses sont les voitures qui s’engagent dans les sens interdits, ou qui manœuvrent au beau milieu d’un carrefour pour faire demi-tour. “Et encore, dès qu’il pleut ou qu’il fait nuit, c’est pire, s’agace un conducteur expérimenté de bus CTS. C’est très stressant de rouler ici !”

“La difficulté, c’est que le chantier évolue en permanence”

Les cyclistes se sentent particulièrement vulnérables : “C’est vraiment galère”, juge Léa. “C’est n’importe quoi”, s’emporte Nina. Jean-Mathieu parle carrément d’un “gros bordel”. “D’un côté les voitures sont tellement perturbées qu’elles ne font pas attention aux vélos, et de l’autre, la piste cyclable provisoire est régulièrement coupée par les barrières”, résume Nathalie. 

Marie-Dominique Dreyssé, élue référente du quartier Gare, reconnaît qu’il y a “une marge de progrès. La signalétique est assez précaire et les habitudes tenaces. Mais la difficulté, c’est que le chantier évolue en permanence.” Nathalie, elle, relativise : “L’ancienne piste cyclable était constamment encombrée. Je suis contente qu’ils construisent une vraie piste séparée des voitures, pour être en sécurité.”

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Le carrefour Wodli-Wilson, un véritable micmac. © Kilian Bigogne et Mina Peltier

Ce mercredi après-midi, sur les 955 places qu’offre le Wodli, plus aucune n’est libre. “C’est comme ça du mardi au vendredi”, explique un employé. Résidents du quartier, professionnels de passage, voyageurs : la clientèle est diversifiée. Elle a augmenté depuis 2007 avec l’arrivée du TGV. Le parking Wodli, exploité par Indigo, a été construit à cette occasion. Deux ans plus tôt, des travaux d’agrandissement étaient menés au Sainte-Aurélie pour accueillir plus d’automobilistes. 

Une activité lucrative

La localisation en entrée de ville attire les investisseurs, dont les entreprises de location de véhicules. “Europcar s’est implanté il y a environ un an”, explique un employé du Wodli. “Jusque là, ils louaient les places à Indigo, maintenant ils construisent un local ici”, au quatrième étage du parking. Au Sainte-Aurélie, presque deux étages entiers sont réservés à ces entreprises.

Conflits entre usagers

Un mémoire réalisé en 2021 par la faculté de géographie de Strasbourg* montre qu’au square Sainte-Aurélie aussi, les conflits d’usage sont récurrents. “Les adultes qui utilisent les installations, c’est quelque chose que l’on déplore collectivement au sein de l’école”, observe Anice Coli. Avec d’autres parents d’élèves de l’école maternelle et élémentaire située en face de la place, elle a fait remonter le problème à la Ville. “On prend notre mal en patience ! La mairie a seulement répondu avec les rondes de CRS et une présence policière augmentée, mais ce n'est pas encore suffisant”, soupire la maman.

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Les humoristes invités pour La Suite de l'Espace K (de gauche à droite) : Najim Zni, Margaux Lagleize, Matthieu Bartosz et Benoît Luron. © Louise Rondel-Le Ninan

Tiré par une forte demande, le prix des logements dans le quartier Gare part à la hausse. Les nouveaux projets de construction confortent la tendance.

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L'entrée de la salle de spectacle n'attend plus que ses spectateurs. © Émie Stervinou

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Un apprenti se concentre pour réunir en une seule sphère deux ovales en chocolat. © Audrey Burla

“Ce carrefour est vraiment merdique !”, lâche Fabiola Antiquera, employée depuis deux ans chez CDC Habitat. De son bureau au rez-de-chaussée, elle a une vue imprenable sur les incidents quasi-quotidiens du croisement entre la rue Georges-Wodli et le boulevard du Président-Wilson. “Le matin, je ferme tous les volets du rez-de-chaussée. Je préfère ne rien voir.” Récemment, Fabiola Antiquera a assisté à un accrochage entre deux automobilistes. Le premier a voulu tourner à gauche depuis le boulevard du Président-Wilson ; l’autre aussi. Bilan : une aile gauche rayée, un pare-chocs avant droit enfoncé et un refus de constat.

Les deux city stades du quartier n’échappent pas aux critiques des plus jeunes. Michel, 13 ans, se rend presque tous les jours avec ses amis à celui de la Semencerie. “On est une quinzaine et le stade n'est clairement pas assez grand pour qu’on puisse jouer tous ensemble.” En plus, ils doivent souvent se disputer ce terrain avec des adultes qui viennent y fumer et boire : “Ils nous obligent à aller au city stade de la Laiterie. C’est encore pire, c’est deux fois plus petit.

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