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Selon Brigitte Breuil, présidente de la Confédération nationale du logement du Bas-Rhin, cette augmentation des prix du neuf s’explique par “la hausse des coûts des matières premières et le respect des normes environnementales”. Dans son rapport de 2021, l’Observatoire local des loyers du Bas-Rhin ajoute que “l’évolution (des prix) s’explique également par la rentabilité des petits logements pour les promoteurs et les bailleurs avec une production majoritaire de logements collectifs petits et intermédiaires”. Ces biens, plus chers à la location, sont également plus chers à l’achat.
Un moyen de faire baisser les prix dans ce contexte de bulle économique serait de “proposer une offre plus importante de logement”, souligne Jacques Becker. Il ne voit qu’une solution : “L’offre de logements est trop faible, il faut construire plus et construire plus haut.” Une option envisageable mais qui nécessiterait une modification du plan local d’urbanisme qui régit la hauteur du foncier.
Célestin de Séguier et Loïc Germain
*Contacté, le promoteur n'a pas souhaité répondre à nos questions.
À quelques dizaines de mètres de là, 12 rue d’Obernai, c’est le promoteur Kaufman & Braud* qui prépare Nouvel Art, un projet immobilier de grande ampleur. Sur le site des ateliers des Compagnons du Devoir, qui sera démoli, le promoteur prévoit la construction de 125 logements. Les prix de vente grimpent de 5 620 €/m², pour un trois-pièces, à 8 600 €/m² pour l’unique cinq-pièces du bâtiment.
Plusieurs facteurs d'augmentation
Une fois encore, des prix nettement supérieurs à ceux du marché. Chargée de communication pour les Compagnons du Devoir, Julie Spenlihauer confie que le formateur a vendu ses ateliers car ils étaient “vieux, vétustes et représentaient une mauvaise vitrine”. En juillet 2023, les Compagnons du Devoir déménageront le bâtiment vers un nouveau centre de formation en construction à Koenigshoffen.
Ligne G actuelle : Espace européen de l’entreprise > Gare centrale
Prolongement : Gare centrale > Rotterdam (liaison en 20 minutes)
12 nouvelles stations
5,4 km de tracé ajouté
Circulation de 4h30 à 0h30, fréquence de 7 minutes aux heures de pointe
30 000 voyageurs par jour
Budget compris entre 11 et 12 millions d’euros
Mise en service prévue avant le marché de Noël 2023
Démolir pour mieux construire
Les promoteurs qui cherchent à capter cette demande sont obligés de s’éloigner du centre ou de démolir l’existant. C’est précisément ce qu’il devrait se passer, 2 rue de Koenigshoffen. Sur un terrain occupé par d'anciens locaux commerciaux, l’agence immobilière strasbourgeoise Scharf Immobilier* veut démolir le bâtiment et construire du neuf. Nom de code du projet : In Situ. Au total, 35 logements, des bureaux d’entreprises et un local commercial devraient être aménagés. Or, les services d’urbanisme de la Ville n’ont toujours pas donné leur feu vert pour le début des travaux. S’ils devaient bien avoir lieu, Scharf Immobilier prévoit de vendre à des prix allant de 4 500 à 7 000 €/m² selon le type de bien. Des tarifs au-dessus de la moyenne du quartier. Selon l’agent, le projet de Scharf correspond à ce qu’attendent les investisseurs : “Ils achètent ici pour louer. Sur ce genre de projet, on cherche la rentabilité.”
“On est une asso ouvrière qui fait de la formation où, en plus du savoir-faire, on a tout ce côté savoir-être”, explique Florian Guehl, prévôt - équivalent d'un CPE - à seulement 23 ans.
A terme, seules 56 places de stationnement seront conservées sur les 145 existantes. “Aujourd’hui, on ne peut plus concevoir que chacun puisse avoir le parking à 20 mètres de chez lui”, déclare Alain Jund, conseiller municipal en charge des mobilités et des transports. “L’objectif est de garder uniquement le stationnement utile, comme des places réservées aux personnes à mobilité réduite, des places de livraison, ou du dépose-minute, et d’éloigner le reste 200 ou 300 mètres plus loin”, clarifie Philippe Pagenot, adjoint au chef du service Aménagements tramway à l’Eurométropole.
Malgré les complications engendrées par l’imposant chantier, certains habitants restent optimistes. “Si on ne pense qu’à sa petite personne, oui, les travaux sont gênants, reconnaît Nirvan, résidant rue de Saales. Mais le résultat sera positif !”
Patrick est du même avis : “Le quartier Gare a plutôt mauvaise presse habituellement. Je trouve ça bien qu’il y ait des travaux, pour montrer que c’est aussi un endroit qui bouge.”
Lisa Delagneau et Coline Playoust