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Décennie 70 sous le signe de l'automobile

Dans les années 1970, le visage du Faubourg change. Le tramway et les hippomobiles laissent place à la voiture. Hôtels et restaurants disparaissent, remplacés par de nouvelles enseignes beaucoup plus variées. À l’image du QG Store, qui vend du surplus d’équipements militaires et du matériel d’autodéfense. C’est l'une des plus anciennes boutiques encore ouvertes aujourd’hui. Elle doit une part de sa longévité à la particularité de son offre. “La proximité de la gare est un atout qui permet aux militaires de venir s’équiper chez nous”, explique le responsable du magasin depuis sept ans, Fabrice Mentré.

Mais depuis mi-octobre, la situation semble “grandement s’améliorer”, d’après Somhack Limphakdy, membre du conseil d’administration des Petites Cantines, qui constate une hausse de la fréquentation. 

“Pour être à l’équilibre, il faudrait réaliser 180 € de recettes à chaque service”, précise la co-responsable. L’association estime accueillir 15 à 20 personnes par service. Ses finances ont été mises à mal cet été et au moment de la rentrée, des périodes creuses. Une difficulté accentuée par l’augmentation des prix des denrées alimentaires (+ 11,8 % en un an), qui s’est répercutée sur le coût d’un repas.

Ce goûter est en fait un atelier de photographie. Les participants se donnent du mal pour mettre en images leur conception du repas de famille. Tous les mois, lassociation Stimultania organise sa Journée des habitants, une après-midi consacrée aux voisins, autour dactivités diverses.Elle fait écho à l’exposition Cinq histoires de famille” actuellement dans ses locaux, au 33 rue Kageneck, à deux pas de là.

Les apprentis du jour sont invités à apprivoiser lappareil. Timides, ils préfèrent laisser Rozenn Droual, en service civique à Stimultania, sen charger. Lorsqu’il sagit de sélectionner les clichés sur l’ordinateur, ils se montrent moins frileux. Le noir et blanc fait ressortir une autre ambiance. Ça fait ancien, on se retrouve décalé par rapport au temps”, réalise Jean-Luc Poussin, 54 ans, habitant du quartier et photographe amateur.

Prendre lespace public”

Un peu plus tard dans laprès-midi, une mère et ses trois filles ralentissent le pas à l’approche de la tablée. Elle éveille leur curiosité : Quest-ce quil se passe ici ?” La scène compte quatre nouvelles convives.

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Aménagement provisoire de la circulation pendant les travaux de la ligne G. © Lisa Delagneau

Il est 11h30 aux Petites Cantines, rue Kuhn. Ils sont quatre en cuisine. C’est une grande première pour Naya qui participe à son premier atelier.“Les convives payent la contribution qu’ils souhaitent, il faut donner au moins un centime”, explique Jessica Poignard, co-responsable de l’établissement. En contrepartie, ils doivent contribuer à créer du lien social en étant actifs dans les discussions, en cuisinant ou en faisant la vaisselle.

Nouvel éclairage, rénovation du bâtiment et augmentation du nombre de magasins : la gare voudrait se hisser au standard européen mais aura du mal à y arriver.

La boucherie New Taybat, le garage Favopneu, l’épicerie Africain exotique, le restaurant Akabe… Premiers concernés par les promesses, ces petits commerçants n’ont jamais entendu parler d’aide envisagée. Et rares sont ceux qui sont au courant d’être dans un quartier prioritaire et ce qu’il en retourne. Ils étaient pourtant déjà là en 2015, mais rien n’a changé. “On avait lancé une newsletter, on a envoyé des courriers, avec retour de signature, concernant deux réunions avec les commerçants du QPV”, défend Christelle Ladenburger, chargée de mission sur le QPV Laiterie. Une communication visiblement sans grand succès.

Une étude de l’Eurométropole est en cours concernant une piste cyclable bidirectionnelle au niveau du tunnel Wodli, autre point de friction majeur entre cyclistes, piétons et voitures. D’autres projets sont sur la table pour fluidifier le secteur : de nouvelles lignes de BHNS et de tram ainsi que le nouveau réseau de pistes cyclables “ring vélo”, au centre des quais de l’Ill. Ces travaux, prévus à l’aube 2023, compliqueront un carrefour Wilson-Wodli déjà au cœur de nombreuses préoccupations. “Les flux seront complètement perturbés, explique Marie-Dominique Dreyssé. C’est un vrai micmac qui va se mettre en place.” Rien de bien inédit en fait.

Kilian Bigogne et Mina Peltier

La mairie souhaiterait faire de la Coop le “nouveau Berlin”, un espace artistique, jeune et attractif. Selon Zoé Bouchicot, c’est une “volonté de gentrification” qui se cache derrière ce projet. Une démarche qu’elle compare à celle opérée dans le quartier Gare dans les années 2000 et qui séduit certains artistes. Au Bastion XIV, Mathilde Cochepin s’y voit déjà. De retour de l’exposition “Résonance(s)”, la céramiste et illustratrice pour enfants déballe une tête de crocodile colorée. Dès la fin de son bail, elle prévoit de rejoindre les Ateliers bois du quartier Coop.

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