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Remerciements

Les étudiants et les enseignants du CUEJ remercient tout particulièrement :

Marianne Berthod-Wurmser, Philippe Cordazzo, Catherine Daudenhan, Etienne Guidat, Jean-Jacques Pierre, Damien Richet, Catherine Sélimanovski, Hervé Patry, Elisabeth Klipfel, Dominique Peduzzi et les élus de l’association des maires des Vosges

Le lieutenant-colonel Aguié et les pompiers du SDIS des Vosges, la Chambre de commerce et de l’industrie des Vosges, Léonard Aptel, l’AFPA de Remiremont, Les archives départementales des Vosges, les anciens salariés de la Cimest, l’union locale des syndicats CFDT de Remiremont, Jean-Pierre Antoine, la Banque alimentaire des Vosges, les Restos du cœur des Vosges, le Secours catholique
des Vosges, Gérard Balland, Mariam Colin, Virginie Rivot, Francine Girod, Etienne Pourcher, Simon Leclerc, Philippe Faivre, Yannick Dars, Jean-Christophe Noël, Yohann Tisserand, Josie, Christopher et Bénédicte, Philippe, Virginie, Jacques et Françoise, les Restos du cœur de Neufchâteau, Adali habitat de Neufchâteau, Annie Osnowycz, le CCAS de Neufchâteau, l’hôtel La Frézelle de Rouvre la-Chétive, Emmaüs Neufchâteau, Evelyne, Cinar, Monique Padoan, la DVIS de Senones, Stéphanie Masset et l’Office de tourisme de Senones, les Restos du cœur de Senones, le père François Jacquemin, le Club des anciens de Senones, Christelle Duhand, la Maison de l’entraide du Rabodeau, Marie-Josée Speeg, les sapeurs-pompiers de Raon-L’Etape

Réalisation

Guillaume Bardet, François Chevré, Thibaut Cordenier, Vincent di Grande, Mélina Facchin, Clément Lacaton, Alexandre Léchenet,
Aude Malaret, David Métreau, Stéphanie Peurière, Adama Sissoko, Eric Schings

Reportages

à Senones : François Chevré, Clément Lacaton, Adama Sissoko
à Neufchâteau : Mélina Facchin, David Métreau
à Plombières : Thibaut Cordenier, Vincent Di Grande, Aude Malaret

Encadrement

Alexandre Léchenet, Stéphanie Peurière, Eric Schings

Encadrement technique

Guillaume Bardet, Jean-Christophe Galen, Daniel Muller

Directrice de la publication

Nicole Gauthier

© CUEJ, 2012

 


Devant l’impossibilité d’accroître les investissements du département, les conseillers généraux reconnaissent leur impuissance face à la paupérisation. « Les moyens financiers sont limités, constate Philippe Faivre (UMP), conseiller général. L’heure est à la maîtrise des dépenses. Dans le budget 2013, il n’y aura pas de nouvelles opérations. Seules les actions de soutien seront poursuivies. »
Prenant le relais d’un département exsangue, la région Lorraine envisage de spécialiser les Vosges dans l’art de la table, le tourisme et la filière bois. Mais le contenu du projet de réindustrialisation n’est pas encore connu.
Malgré les déconvenues, la filière bois nourrit toujours certains espoirs. Le Pôle de compétitivité « fibres », basé à Epinal, doit permettre de structurer ce secteur, en favorisant l’innovation autour des fibres et matériaux de construction naturels. Le secteur peut en outre profiter de la présence de l’École nationale supérieure des technologies et industries du bois, à Epinal.
Gravement touchée, la filière textile bouge encore un peu. « Les entreprises textiles qui s’en sortent sont celles qui se positionnent sur des marchés de niche, avec de petites séries, des produits diversifiés et très spécifiques », commente Cyrille Thiery, de la chambre de commerce et d’industrie. En proposant des produits textiles innovants, à forte valeur ajoutée, certaines entreprises tirent leur épingle du jeu.
Les Vosges ont un autre atout. Une situation géographique propice au tourisme, été comme hiver. Sources hydrothermales, stations de ski, lieux historiques, la part du tourisme dans le département est la plus élevée de la région et le secteur emploie 12 000 personnes.  Enfin, l’arrivée depuis 2007 du TGV à Epinal ouvre de nouvelles perspectives de développement économique. La CCI a d’ailleurs inauguré, le 26 novembre dernier, son nouveau centre d’affaires, à deux pas de la gare.
Vincent di Grande, Aude Malaret

Les 26 centres des Restos du cœur dans les Vosges distribuent plus de 500 000 repas par an ; 12 points de distribution pour la Croix-rouge française et 780 000 repas distribués ; 16 permanences d’accueil, 11 vestiaires et deux boutiques solidaires pour le Secours catholique dont plus de la moitié des demandes concernent une aide alimentaire. Sans compter le Secours populaire, Emmaüs,  la Société Saint-Vincent de Paul ou  encore la Banque alimentaire, qui a récolté 16 tonnes de nourriture lors de sa dernière campagne et les redistribuera à une vingtaine de structures du département. Ici, comme ailleurs, les associations caritatives sont de plus en plus sollicitées.
L’exemple du Secours catholique révèle des situations où se conjuguent problèmes d’emploi, difficultés familiales et soucis monétaires.


De nouvelles familles concernées
Le placement est le dernier recours quand aucune autre solution ne peut être trouvée. Au quotidien, assistantes sociales et éducateurs interviennent auprès des familles avec leur accord ou suite à une décision du juge des enfants. L’aide éducative à domicile consiste en des mesures d’accompagnement aux familles en difficulté à cause de problèmes d’absentéisme scolaire, d’autorité parentale défaillante ou de conflits intrafamiliaux. « La précarité n’est pas synonyme de danger pour l’enfant. Quand il a de l’attention et que ses parents lui expliquent ce qui se passe, il peut le comprendre », rappelle Virginie Rivot, éducatrice au foyer de l’enfance de Golbey. « Les enfants passent en premier, les parents se privent », ajoute  Mariam Colin, également éducatrice.
Pourtant la situation devient parfois intenable. Un désarroi vécu aujourd’hui par une nouvelle partie de la population. Les travailleurs sociaux voient ainsi un nouveau public franchir la porte de leur bureau. « De plus en plus de familles viennent s’adresser aux services sociaux. Les demandes d’aide augmentent parmi la classe moyenne. C’est une partie de la population qui n’en demandait pas avant. Comme les ex-salariés licenciés quand ils ont épuisé leurs droits », explique Gérard Balland.  
Une impression confirmée par Mariam Colin : « On peut faire le lien avec la crise. On rencontre des familles qu’on ne connaissait pas. Elles ne savent pas où aller, ne maîtrisent pas le système des aides sociales. En plus, elles ont honte », note l’éducatrice.
Le basculement dans la précarité est un risque de plus en plus important pour ces familles sur le fil du rasoir. Le moindre accident dans les finances du foyer peut compromettre sa stabilité.        
Aude Malaret

Ils étaient 622 en 2004, ils sont plus de 1000 aujourd’hui. En quelques années, le nombre d’enfants placés a fortement augmenté. A tel point que le conseil général a prévu dans son budget complémentaire d’octobre 2012 de financer la création d’une centaine de places supplémentaires. Si le lien avec l’augmentation de la pauvreté n’est pas direct, les acteurs de la protection de l’enfance s’entendent pour constater que la crise économique et les difficultés qu’elle engendre sont un facteur aggravant de la situation des enfants.


Situations familiales dégradées
Perte d’emploi, faibles salaires, pouvoir d’achat en baisse, beaucoup de foyers s’en sortent de moins en moins bien. « La situation économique dégrade très fortement l’environnement des familles. Elles sont isolées et renfermées sur leurs difficultés », remarque Jean-Christophe Noël, directeur du service territorial éducatif de milieu ouvert (Stemo). Ce service de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) d’Epinal mène des enquêtes de terrain pour permettre au juge des enfants de prendre une décision en matière de protection de l’enfance et de mesures éducatives.
Francine Girod, vice-présidente du tribunal pour enfants d’Epinal, partage ce constat : « Comme un amplificateur, les problèmes économiques tirent les familles vers le bas. Les plus fragiles le deviennent davantage. Il y a vingt ans, ces familles accédaient à des emplois peu qualifiés. Aujourd’hui, les plus pauvres n’y ont pas accès. Ils vont moins bien et peuvent être de moins bons parents. »
L’activité des services du Stemo s’étend, en même temps que croît la précarité dans le département. « Notre intervention a toujours été importante dans les zones d’Epinal et de Saint Dié. Maintenant, nos équipes se déplacent de manière diffuse et éclatée dans les secteurs ruraux, raconte le directeur du Stemo. Le tissu économique et social est dégradé. La toxicomanie y est une problématique assez aiguë. Les gens essaient de combler le vide face au manque d’emploi », ajoute-t-il.

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Après une légère hausse entre 1998 et 2000, le nombre de salariés de l’industrie des Vosges a fortement baissé, jusqu’en 2007. La part de l’industrie dans le total des salariés du département a connu une constante diminution de 1998 à 2007. Elle suit la tendance générale nationale, mais reste au moins 13 points au dessus des chiffes français : 26,4% dans les Vosges contre 13,6% pour la France en 2007. « La proportion d’emplois industriels, rapportée à la population, fait figurer les Vosges en tête des départements français », soulignait l’Insee en février 2009. Depuis, l’Ain a dépassé les Vosges. Le département reste industriel mais en net déclin.

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