Trump divise l'UE : quels leviers au secours de la CPI ?
“Trump vient d’attaquer, peut-être même d’en finir avec la Cour pénale internationale. Et que fait l’Europe ? Elle déplore, elle regrette, elle condamne mais ce ne sont que des paroles”, déclare Mounir Satouri, eurodéputé (Les Verts, gauche). Donald Trump a signé un décret le 6 février sanctionnant la CPI et les employés responsables des “transgressions” qu’elle commet. La Haye avait lancé un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ce qui a déplu à Trump.
La CPI a été créée par le Statut de Rome, entré en vigueur en 2002. C’est un tribunal international permanent qui a été fondé pour juger les personnes accusées d’avoir commis des crimes qui touchent l’ensemble de la communauté internationale. Face aux attaques étasuniennes contre la CPI, le Parlement européen est divisé. Pendant que la gauche exige l’activation de leviers diplomatiques et économiques contre la Maison blanche, les partis les plus à droite remettent la Cour en question, surtout pour les mandats d’arrêt contre les responsables israéliens.
“Il est incroyable de voir que certains États membres se félicitent des mesures de Trump”, s’exclame Raquel García Hermida-van der Walle, eurodéputée Renew (centriste), qui partage avec la Commission européenne la peur d’un effet domino d’impunité internationale. Pour Rima Hassan (La Gauche, extrême gauche), “soit on défend coûte que coûte le droit international, soit on participe directement à sa destruction. Soit on reste aligné avec ce qu’on prétend défendre, soit on apparaît aux yeux du monde comme hypocrites”.
Stéphanie Ghacibeh
Arthur Besnard et Mahault de Fontainieu
Pour leur part, les députés des extrêmes droites (ECR, PfE, ENS) ne se sont pas prononcés favorablement sur la question. “Il y a une solution, et elle passe par une administration internationale des territoires palestiniens, parce que les Palestiniens ne peuvent pas le faire eux-même”, affirme António Tânger Corrêa (PfE, extrême-droite). Rima Hassan, députée franco-palestinienne (The Left, Gauche radicale), conteste “un discours de propagande qui consiste simplement à dire qu’il n’y a pas de colonisation, pas d’occupation, pas de génocide, pas de régime d’apartheid et que les reponsables sont les victimes.”
Tom Soriano
Cette prise de position était importante pour les eurodéputés après que Donald Trump ait présenté son souhait de “prendre le contrôle de la bande de Gaza” et de déplacer la population palestinienne vers les pays aux alentours. Des pratiques pourtant qualifiable de crime de guerre, selon Human Rights Watch.