Un homme a été condamné par le tribunal de Strasbourg, mardi 10 mars, à un an de prison dont six mois ferme sous bracelet électronique, pour avoir violenté sa compagne et sa fille pendant un an et demi.

Le tribunal de Strasbourg a condamné un homme à un an de prison dont six mois ferme sous bracelet électronique, mardi 10 mars 2026. © Tom Soriano
Lorsque la présidente du tribunal judiciaire de Strasbourg égraine les violences commises par Damiens A. envers sa fille et sa compagne, des visages dans le public se crispent. D’autres se teintent d’effroi.
Contre sa compagne : gifles, bousculades, tirage de cheveux… Contre sa fille de 15 ans : gifles, étranglements, insultes… Pendant l’audition de l’adolescente, lorsque la police lui demande si elle a aussi été victime de violences psychologiques, elle répond : « Est-ce que l'incitation au suicide, ça compte ? »
Pendant un an et demi, entre le 1er janvier 2024 et le 28 octobre 2025, le prévenu a enchainé les agressions au sein de sa famille. Les faits sont remontés au parquet grâce à une alerte du lycée de l'adolescente qui s’était confiée à une assistante sociale après une crise d’angoisse. La jeune victime est désormais placée en foyer. Elle est représentée par une association. Ni sa mère ni elle ne sont présentes à l'audience.
Une cellule familiale presque intégralement violentée
Chose rare dans les procès pour ce type de violences, le prévenu reconnait la majorité des faits. Le trentenaire, propre sur lui, regrette d'avoir reproduit les violences que sa propre mère lui aurait fait subir lorsqu'il était ado. « Je suis peut-être trop strict avec ma fille. Je l'ai remarqué. Je ne sais pas forcément faire les bons choix », présente-t-il au tribunal en cherchant ses mots.
La procureure de la république recadre les propos et assène : « il n'est pas là parce qu'il a été trop strict, mais parce qu'il a commis des violences sur sa fille et sur sa femme ! »
L’avocate désignée pour représenter l'adolescente poursuit. « Il faut que Monsieur A. comprenne qu’on n’est plus au Moyen-Âge. À 15 ans on a le droit d'avoir un téléphone portable, de ne pas être géolocalisé, d'avoir une enfance sereine, d'avoir un petit copain, même une petite copine… », pose-t-elle en regrettant l’extrême contrôle subi par la jeune fille au moment de gagner en indépendance.
Damien A. a violenté l'intégralité du foyer. Sa compagne, sa fille, et même le chien. Seul rescapé : le petit frère de l'adolescente parce que « c'est un ange », et qu'il n'a « rien à lui reprocher ».
« Et le jour où ça arrivera ? » s'enquiert la procureure ?
Le parquet requiert six mois d'emprisonnement aménageable sous la forme d'un bracelet électronique, dans la mesure où la mère du prévenu serait susceptible d'accueillir ce dernier chez elle. À cela s’ajoute une interdiction d’entrer en contact avec l'adolescente pendant un an, ainsi que le retrait de l’autorité parentale.
Sur la détention, le tribunal surpasse les réquisitions. Damien A. est finalement condamné à douze mois d’emprisonnement dont six avec sursis. Il purgera sa peine avec un bracelet électronique et devra honorer un stage de responsabilité parental.
L’homme dispose d’un délai de dix jours pour faire appel.
Tom Soriano
Édité par Esther Dabert