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Une vitrine présente des plugs anaux argentés et ornés de faux diamants, mis en scène comme de véritables bijoux.
© Manon Vannier

À Wolfisheim, le crapaud vert, présent en Alsace depuis cinq cents ans, cohabite avec les résidents des Vergers du fort Kléber. L’espèce vit aujourd’hui sur un territoire remodelé par la construction du lotissement.

Beaucoup de fausses croyances sur le sexe

“Malheureusement c'est compliqué de bouger une génération quand il y a une demande. Géraldine n’a pas envie de perdre son argent pour changer le monde”, assure, par pragmatisme, Éva Igard. Les allées d’Osez Pilirose illustrent une conception de la sexualité pouvant être considérée comme hétéronormée, patriarcale et blanche. Images suggestives de femmes, mannequins parés de porte-jarretelles et de bodys en résille arborent les rayons. En termes de représentation masculine, des godemichets surdimensionnés sont exposés. Mike s’en étonne d’un air amusé : “Il y a vraiment des gens qui achètent ça ? Ça fait complexer.” D’après la sexothérapeute, “beaucoup de fausses croyances sont très ancrées. Le porno en est un exemple”. Par le biais d’ateliers de sexo-éducation ayant lieu dans la boutique, elle s’efforce de déconstruire cette vision : “J’essaye de décomplexer cette génération mais je vois que ça rame. Les gens sont très intimidés de se retrouver en groupe.”

Margaux Lamoulie et Emma Simon

Les mesures compensatoires sont situées de part et d’autre du quartier Les Vergers du fort Kléber © Luck Boissière et Héloïse Lartia

Arnaud Fischer et Thibault Schoepf

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L’ensemble de jazz de l’école de musique d’Eckbolsheim répète des musiques de Noël. © Baptiste Domergue

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Le rayon consacré aux DVD érotiques propose des contenus classés selon les codes propres au genre pornographique.
© Axelle Lorans

Le fort Kléber est désert en ce mois de novembre. Entre les murs blancs et froids, un couloir met à l’honneur les photos souvenirs des dernières éditions du Wolfi Jazz. La vie y reprendra en juin prochain, lors des cinq jours d’effervescence du festival de musique. Cette année, les organisateurs espèrent faire mieux que les 9 000 spectateurs de l’édition 2025.

Le festival peine à attirer la population locale lors des concerts payants du soir. Elle a tendance à privilégier les représentations données le week-end du festival dans les douves du fort. “C’est gratuit et on peut y aller en famille, laisser les enfants courir autour du fort, faire d’autres activités comme du poney”, témoigne Isabelle, Strasbourgeoise du quartier de Koenigshoffen et habituée du festival.

Des notes à la portée de tous ?

La présidente de l'association Wolfi Jazz, Marie-Hélène Adrian, pointe la hausse des coûts d'organisation : “Les cachets des artistes ont énormément augmenté et les subventions des collectivités et des mécènes ont baissé […] 

Coincé entre l’autoroute M 351 et un entrepôt d’outillage automobile, à l’extrémité nord de la zone d’activité d’Eckbolsheim, la boutique bénéficie d’une visibilité réduite. Une partie de sa clientèle apprécie cette intimité. “C’est mieux, c’est plus discret, je viendrais moins souvent si le magasin avait pignon sur rue”, confie d’un ton feutré Mike, 54 ans, client occasionnel.

À 15h25, un vieil homme franchit la porte de la boutique. Timide, tête baissée, il se précipite vers le rayon DVD. En fond, La Foule d'Édith Piaf résonne. D'une main il tend la monnaie, de l’autre il se hâte de ranger un DVD dans la poche intérieure de sa parka. Un achat ritualisé, presque routinier. Les DVD constituent la première source de ventes. Trans/homo, film français, nouveaux arrivages : en exposition sur des étagères et rangés par catégories, le rayon dédié à la pornographie a l’allure d’un disquaire des années 1990. La survie du sexshop s’appuie sur un socle de fidèles, certains présents depuis l’ouverture de la boutique en 2001 ; la plupart sont des hommes âgés de plus de 50 ans. Une clientèle qui peut parfois agir de manière déplacée. “Certains sont trop à l’aise, ils me demandent : vous avez essayé tous les appareils dans le magasin ? C’est toujours dans la rigolade, mais oui, ils le disent parce que je suis une femme”, déplore Géraldine Lepold.

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