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Flavia Adamciuc et Juliette Subra de Bieusses

Dans l’hémicycle, l’ICE ravive les divisions
Le débat « Violence d’État à Minneapolis et état de droit aux États-Unis » s’est tenu mercredi après-midi dans l’hémicycle, dans un climat tendu. La députée Ana Catarina Mendes (S&D, gauche) a appelé à ne pas considérer la situation américaine comme un phénomène isolé, mais comme “s’inscrivant dans l’agenda d’une droite ultra-radicale qui s’immisce jusque dans les institutions européennes.” Du côté de l’extrême droite, les parlementaires se sont succédé pour exprimer leur incompréhension quant à la tenue d’un débat sur une politique interne à un État extérieur à l’UE. Le PPE, accusé de silence complice par la gauche, n’a fait intervenir que deux députés en une heure et demie. Quant au commissaire européen Costas Kadis, il a insisté sur l’importance stratégique, pour l’UE, de défendre des valeurs démocratiques et l’État de droit, et a affirmé poursuivre le dialogue avec Washington.

Rêve éveillé et grand sursaut

Mark Rutte, à la tête de l’OTAN, était venu rencontrer les députés européens le 26 janvier dernier. Il évoquait la défense européenne comme une illusion : “Keep on dreaming”, continuez de rêver a-t-il lancé. Beaucoup de députés ont souhaité répondre à Mark Rutte dans l’hémicycle, à l’image de Reinier Van Lanschot (Les Verts, écologistes) :  “Ce n'est pas un rêve, c'est un plan.” Mais à l'heure où les Etats-Unis menacent de s’emparer du Groenland, territoire du Danemark, membre de l’OTAN et l’UE, les Européens restent divisés.

Flavia Adamciuc et Juliette Subra de Bieusses

En tuant deux personnes à Minneapolis le mois dernier, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) a suscité l’émoi et l’indignation dans le monde entier. Mais la Conférence des présidents, organe qui gère l’ordre du jour des plénières, s’est prononcée contre la tenue d’un débat à ce sujet au sein de l’hémicycle.

Mercredi dernier, comme avant chaque session plénière, les huit présidents de groupe politique se sont réunis avec la présidente du Parlement pour fixer l’ordre du jour. Manon Aubry, présidente du groupe d’extrême gauche The Left, propose alors d’introduire dans l’agenda un débat sur les actions de la police de l’immigration américaine. Un vote rapide a lieu dans lequel chaque voix est pondérée en fonction de l'effectif du groupe politique. Et selon plusieurs sources dont Raphaël Glucksmann (S&D, gauche): “Le PPE a voté contre avec les trois groupes d’extrême droite”. Pourtant, une source interne au PPE affirme qu’il n’existe “aucun rapprochement avec les groupes d'extrême droite”.

Une question a pourtant divisé l’hémicycle : avec ou sans l’OTAN ? “Nous devons moderniser notre défense mais en fin de compte, nous avons besoin du partenaire OTAN”, plaide Engin Eroglu (Renew, centre-droit). Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, partage ce constat : “Nous n’avons pas d’armée commune, presque pas d'entraînement communs comme l’OTAN, pas de plans, pas de leader comme les Etats-Unis à la tête de l’OTAN.” Selon lui, la défense européenne n’existe pas, seul se met en place un marché commun pour que les Etats puissent s’équiper en masse. “Arrêtons de voir l’OTAN et l’UE comme des acteurs, ce sont juste des cadres d’alliance d’Etats souverains et ils ne sont pas d’accord. C’est toute la difficulté car en face, la Russie est un État.” Selon lui, la seule option serait de renforcer le leadership de l’Europe, Royaume-Uni compris, au sein de  l’OTAN, selon le souhait des Etats-Unis. 

Entre "simplification" et "dérégulation", l'hémicycle ne tranche toujours pas. © Augustin Anuset 

La proposition d’un débat d’actualité sur la police de l’immigration américaine ICE a été refusée par la Conférence des présidents. Un organe central au sein duquel les groupes d’extrême droite semblent gagner de plus en plus d’influence.

Comment réveiller le géant ? 

La majorité des groupes politiques européens sont d’accord sur ce constat : il faut réveiller “le géant”, à savoir le complexe militaro-industriel de l’Europe assoupi depuis 1945 sous le parapluie américain de l’OTAN, l’Organisation du traité de l'Atlantique nord qui compte 32 membres. “Si demain nous avions une attaque directe contre un territoire d’un pays européen, comment répondrait-il ?, se demande José Cepeda du groupe S&D, gauche. C’est le rôle de la Commission et du Parlement d’essayer de réveiller le géant.”

L’Union européenne entérine un prêt de 90 milliards pour l’Ukraine

Le Parlement européen a approuvé un prêt à taux zéro de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, pour la soutenir face à la Russie. 60 milliards financeront l’industrie de défense ukrainienne. Le reste de l’enveloppe participera à l’économie du pays, considérablement endetté par 4 ans de guerre.

Débloqué pour la période 2026-2027, le paquet sera financé par un emprunt contracté par l’UE sur les marchés financiers. L’Ukraine commencera à le rembourser dès que la Russie lui aura versé des réparations de guerre.  

Le texte a été voté par une majorité d’eurodéputés (458 voix, 140 contre, 44 abstentions) à l’exception de l’extrême-droite, vivement critiquée dans l’hémicycle. "Si l’on avait besoin d’une preuve de plus que l’AfD ou Reconquête sont au service des intérêts de la Russie, nous l’avons !", a clamé l’eurodéputée Nathalie Loiseau (Renew, centre-droit). 

Carl Lefebvre

L’Espagne, triste championne de la pauvreté infantile

Derrière la Roumanie, l’Espagne est le pays le plus touché par la pauvreté infantile dans l’Union Européenne, avec un enfant sur trois en situation de risque de pauvreté ou d’exclusion. Un chiffre alarmant, qui contraste avec la forte croissance économique du pays, gouverné par les socialistes. Les causes sont multiples : faiblesse des politiques publiques en matière de protections sociales, accessibilité des services, niveau de revenus des ménages… Dans un rapport de novembre 2025, l’ONG Caritas dénonce notamment un ascenseur social dysfonctionnel. "Il y a un échec profond des politiques sociales de mon pays, regrette Estaras Ferragut député PPE espagnol (droite). On a besoin d’une stratégie ambitieuse, intégrale et qui place les enfants au centre de l’action publique."

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