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Bonne volonté
Delhi saisit la Cour suprême afin d’obtenir un quota plus favorable. En février 1996, celle-ci recommande à l'Haryana de lâcher suffisamment d’eau pour remplir constamment les deux réservoirs delhiites de Wazirabad et Haiderpur, en plus des 6% mentionnés dans l'accord. « Selon la Constitution, nous n’étions pas du tout obligés de suivre cette recommandation qui n’a pas lieu d’être », rappelle Rajeev Verma, qui dit l'avoir pourtant observée. Généreux Haryana ? Pas pour Dehli, qui continue près de vingt ans plus tard de réclamer d’autant plus d’eau que sa population continue d’augmenter. Cette fois, l'Haryana est catégorique. Delhi n’aura pas une goutte supplémentaire.
« On respecte l’accord de 1994, on suit la recommandation de 1996, que leur faut-il de plus ? Delhi a largement l’eau qu’il lui faut, à eux de savoir la redistribuer comme il faut. Avant de vouloir plus d’eau, ils doivent rationaliser leur distribution. »
Le quartier privé, exempt de restrictions d'eau, séduit les entreprises.
A Pune, selon que l'on habite au centre ville ou sur les collines, dans les quartiers pauvres ou dans le camp militaire, personne n'est égal devant la sécheresse. Mais la végétation luxuriante du quartier privé de Magarpatta city, qui accueille une cinquantaine d'entreprises high-tech, tranche plus qu'ailleurs. Dans le parc verdoyant de 14 hectares, au coeur de cette communauté fermée, des lycéennes révisent leurs examens. Plus loin, des hommes profitent d’une sieste à l’ombre, sans se formaliser des chants patriotiques diffusés par les hauts parleurs.
Les fermiers devenus promoteurs immobiliers
Au début des années 1980, près de 150 familles de fermiers s'unissent pour devancer l’expansion urbaine menaçante de Pune. Elles rassemblent leurs parcelles pour former l’actif d’une société foncière et immobilière, la Magarpatta Township Development and Construction Company ltd, et montent un projet ambitieux : construire un quartier d'affaires ultra-moderne pour y attirer le fleuron de l'économie indienne et internationale.
La cyber-cité accueille résidences et entreprises high-tech. Photo: Thibault Prévost/CuejJuin 2012. Dans certains quartiers de Delhi, la pénurie d'eau n'est pas loin. Les robinets ne crachent que quelques gouttes, avec parcimonie. L'Etat réclame à l'Haryana, son voisin qui lui distribue l'eau de la Yamuna, d'ouvrir les vannes. La demande reste lettre morte. Les représailles ne se font pas attendre. Le gouvernement de Delhi décide de couper l'eau de soixante familles d'officiels de l'Haryana installées dans la capitale. Deux jours et un tollé médiatique plus tard, Delhi rétablit la situation. L'Haryana a des moyens de pression. « Ils peuvent couper l'eau de soixante familles, on peut le faire pour six millions d'habitants », lance Rajeev Verma, surintendant du département de l'Irrigation d'Haryana, quand on lui rappelle l'événement.
Lâcher du lest ou non
Depuis plusieurs années, les relations entre les deux Etats indiens sont tendues, et l'eau de la Yamuna est au coeur de la discorde.
70% des ressources en eau de Delhi proviennent du fleuve, approvisionné depuis Haryana via un canal. C'est donc son voisin qui maîtrise la distribution, et qui décide de lâcher du lest ou non. Au grand dam du Delhi Jal Board, l'organisme public gérant l'eau des Delhiites, qui en exige davantage.
L'usage, la distribution et le contrôle de l'eau sont des compétences quasi exclusives des Etats fédérés. Selon l'article 262 de la Constitution indienne, le Parlement fédéral peut décider que « ni la Cour suprême ni aucun autre tribunal n’exercera de jugement dans le cadre d’un conflit ou d’une plainte [lié(e) à l’eau de rivières entre Etats] ». L’Haryana l’a bien compris. Il s'en tient à la lettre de la Constitution et se pose en partenaire respectueux de l'état de droit.
Les règles du partage des ressources de la Yamuna ont été arrêtées lors d’un accord signé en 1994 entre les six Etats qu’elle traverse. Selon ce texte, Delhi doit recevoir 6% (environ 11 m3 par seconde) du flux de la Yamuna. Mais en raison de l’augmentation asymptotique de la population de la capitale dans les années 1990, ses besoins en eau ne cessent d'augmenter.
Mohammed Sharif is one of the oldest people living in the Bakshi Ka Taqiya, a slum in the heart of New Delhi. “Swinging from one doctor’s door to another has become a part of our life because my grandson is always ill. The doctors say that the problems are due to water and sanitation problem. But how can I improve the sanitation of the area all alone?” he asks, ruefully. He is one of the many slum dwellers who arrived as migrant labour in the capital many years ago. According to Urban Health Resources Centre, the urban slum dwellers have very dismal health statistics as a consequence of living in degraded environment, inaccessibility to health care and irregular employment.
In the Jawaharlal Nehru (JN) Camp, another settlement for the urban poor, most of the women suffer from uterine infections because they do not have access to clean water for bathing, during menstruation and for looking after their everyday needs. Dr. Praveen Kumar, the Chief Medical Officer (CMO), Directorate of Health Services(DHS), Karkardooma, Delhi recounts that the three most prevalent diseases are gastro-intestinal, acute-respiratory and tuberclosis. Conditions like hypertension and diabetes have also seeped in.
According to Dr Kumar, in the government run dispensaries, almost two-thirds of patients come from slums. He explains, “the main problem is the space crunch to set up new hospitals and the frequent migration of dwellers in and out of the city.” The Indian government spends around one percent of its GDP on providing healthcare facilities, forcing millions of people to struggle to get medicines. Its time for a wake up call.
Aditi Chakravarti
En Inde, l'accès à l'eau semble recouvrir la carte des inégalités sociales. Des bidonvilles de Delhi, où vivent plus d'un million de personnes, aux vastes villes privées en passant par les hôpitaux délabrés du Maharashtra, il dessine une mosaique de discriminations.
Les plus faibles sont les premiers affectés. Dans les bidonvilles, le combat est quotidien pour s'approvisionner. L'eau publique n'y arrive par camion-citerne ou par des canalisations qu'environ trois fois par semaine. A quelques encablures, les parcs, golfs et piscines de New Delhi dilapident cette ressource sans compter.
Manquant d'accès à des médicaments efficaces, les populations les plus pauvres sont aussi exposées au fléau de l'insalubrité. Chaque année, la dhiarrée tue 386 000 personnes en Inde, le pays le plus touché par cette maladie.
Destins croisés d'une tribu, de trois fermiers et d'un producteur vivant sur le même territoire. L'accès à l'eau n'est pas le même pour tous.
Face à l'épreuve de la sécheresse, la classe politique indienne affiche sa résistance au changement. La société civile parait, elle, résignée à l'inertie des élus.