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« Ce n'est pas le même type d'histoires, par rapport aux spectacles d'impro avec les adultes. C'est plus visuel, on privilégie les univers imaginaires, on surjoue plus mais on ne veut pas bêtifier », explique Flavien Reppert, fondateur de la compagnie il y a dix ans. Le conte est une forme de leçon, et les acteurs ne manquent pas d'y glisser parfois de petits messages pédagogiques durant leurs improvisations. Par exemple, le renard, à manger trop de bonbons, finit par y perdre ses dents.
A l'issue des 45 minutes, l'examen du jour est réussi : applaudissements et chanson reprise en choeur comme preuves de leur succès. « Les enfants étaient à fond, ils sont bien rentrés dans le spectacle », se satisfait Flavien Reppert. Ils reviendront dans quelques mois à la Robertsau, avec juste une guitare, et leurs imaginations en bandoulière.
François Delencre
Au 130 de l'avenue du Rhin, le Crous a ouvert en septembre une nouvelle résidence. À 20 ans, Jules est un des heureux locataires. Il profite d'un immeuble flambant neuf. Les loyers sont un peu plus élevés, certes, mais le confort est au rendez-vous.
Anthime VERDIER/CUEJ
« Une semaine à balayer, ça ne sert à rien »
Mais il y a 110 élèves de troisième au collège F. Truffaut, et autant de stages à trouver. Alors D-clic, c’est aussi un bol d’air pour le principal. « Quand fin novembre on a encore 50 élèves à caser, l’aide de D-clic est véritablement un atout, confirme M. Kiledjian qui a pris la direction du collège cette année. Mais il faut surtout anticiper les difficultés. »
Il faut dire que les difficultés, pour les jeunes, ce n’est pas ce qui manque à
Hautepierre : 37% d'entre eux s’arrêtent au BEP ou au CAP, et le quartier accuse un taux de chômage de 13,4%. Loin devant la moyenne Strasbourgeoise de 9,3%.
Alors si on peut éviter le stage chez le coiffeur du coin ou au kebab d’à côté, au collège Truffaut, on essaye. « Passer une semaine à balayer les cheveux des clients ou à ranger des plateaux ça ne sert à rien », s’agace M. Kiledjian. Vahe, 15 ans, a fait les frais de cette politique sélective. Le jeune garçon souriant voulait faire son stage dans un petit restaurant près de chez lui. « Il fait aussi chicha, tente t-il d’argumenter timidement. Mais je ne sais pas si vous allez accepter
M. le principal ». Non, il n’accepte pas. « Du coup, tu vas appeler D-clic pour trouver ton stage? » rétorque un peu malicieux le chef d’établissement. Réponse positive mais un peu forcé d’un Vahe visiblement dépité. Même sentence pour Sumeyra qui voulait postuler dans une maternelle du quartier. On est loin du coiffeur et du kebab, d'autant que la jeune fille souhaite devenir institutrice. Second refus pourtant. C'est que l’équipe administrative est soucieuse de faire découvrir de nouveaux horizons à leurs élèves. « Les jeunes ont du mal à quitter le quartier, ils ne connaissent que ça, se désole leur professeur Nathalie Sommer. Parfois, ils n’en sont jamais sortis. » Mais l’idée de devoir se déplacer n’enchante pas les élèves qui préféreraient rester dans les environs. Une facilité qui rassérène aussi les parents.
Rendez vous en terre inconnue
Concrètement, Mme. Bellahcène leur propose un rendez-vous pour discuter de leur choix et des possibilités que peut leur offrir l’association D-clic. Si certains garçons y voient l'occasion d'un tête à tête avec la jeune intervenante, cette dernière explique qu’il s’agit surtout de les rassurer. « Si l’entreprise est en dehors du quartier, on regarde le trajet ensemble, et très vite, les futurs stagiaires sont emballés. Les entreprises engagées à nos côtés font leur possible pour les mettre à l'aise. »
Et il vaut mieux. L’année dernière, une vingtaine d’élèves ont été déscolarisés à la fin de leur année de troisième. Des problèmes de liste d’attente aux entrées en lycée et de mauvais résultats. Le stage est alors l’ultime chance d’orientation encadrée par l’école qu’ils connaîtront. Passé 16 ans, l’éducation nationale n’a plus prise sur eux. D’autant que certains s’épanouissent mieux dans le monde du travail, que sur les bancs d’une salle de classe.
Gabriel Nedelec
Maxime Le Nagard
“Y’en a qui se souviennent de moi? on s’est vu au forum l’année dernière.” M. Bellahcene de l’association D-clic n’obtient pas vraiment de réponse. Difficile d’en vouloir aux élèves de troisième du collège François Truffaut à qui elle s’adresse : à 8h du matin, pour leur premier cours, les jeunes ne semblent pas avoir consommé leur réveil.
L’intervenante passe de classe en classe pour présenter son association. “Je suis là pour vous aider à trouver un stage en entreprise”, annonce t-elle sans détour. Le stage de troisième, passage obligé des élèves depuis un décret de 1996, à lieu mi-décembre et doit permettre aux jeunes, en une semaine, de se faire une première idée sur le monde du travail et leur futur métier. Mais à Hautepierre, la tâche s’avère ardue. “Ici, les enfants ont un mal de chien à trouver un stage, confie Nathalie Sommer, la professeur de physique chimie qui a reporté son contrôle en prévision de l’intervention. Les parents ne travaillent pas forcément, ils manquent de contact et de conseils. Et puis, quand les employeurs entendent Hautepierre...” s’arrête t-elle sans prendre la peine de conclure. Le sous entendu n'en est que plus prégnant : Hautepierre est connu pour être l’un des quartiers les plus difficiles de Strasbourg.
L’association D-clic est intervenue deux fois, cette semaine, pour rencontrer les cinq classes du collège F. Truffaut. “Créée en 2008 par d’anciens habitants qui ont « réussis », raconte Mme. Bellahcene, D-clic est en partenariat avec une cinquantaine d’entreprises, d’Hautepierre ou d’ailleurs, qui se sont engagées à accueillir certains élèves de troisième. L’année dernière, vingt jeunes du collège nous ont contacté. On a trouvé un stage pour chacun d’entre eux.”
« Le projet épouse le bâti existant sans le dominer ni l'écraser, répond Philippe Godin, qui a déjà mené à bien deux projets dans le quartier, rue des Jardiniers. Il n'est pas plus haut et laisse une part importante aux jardins. Il n'est en revanche pas question d'imiter l'architecture de la rue, au risque d'en faire un pastiche, un parc Disney... »
Le bras de fer est donc engagé entre les deux camps. Aucun dialogue n'a pour l'instant eu lieu entre le promoteur et les riverains. « Il y aura achat du promoteur seulement si le permis définitif est donné. Mais avec tous les recours et procédures possibles, ça peut durer des années », prévient Stéphane Meyer. « Les travaux démarreront dans un certain temps mais il démarreront car on ne peut pas s'opposer à un projet privé si celui-ci respecte l'intégralité des règles d'urbanisme », clame l'entrepreneur strasbourgeois. D'ici là, le jardin du 12 rue du Parc reste en friche, entourant la maison de mauvaises herbes.
Loïc Bécart
Lui et ses camarades ont dès le printemps 2012 plaidé leur cause à la mairie de Strasbourg pour un classement de la rue. Ils pensaient avoir été entendus mais l'affichage du permis de construire, en juin dernier, a été pour eux une surprise. « Quand un projet comme celui-ci est conforme aux règles d'urbanisme, on l'accepte », tranche un employé de la police du bâtiment, proche du dossier.
« Ne pas faire de parc Disney »
Pas moins d'une dizaine d'habitants ont déposé un recours gracieux auprès de la municipalité pour le voir annuler : tous ont été rejetés fin août. Ils ont maintenant jusque fin octobre pour effectuer des recours contentieux devant le tribunal administratif. Ils comptent bien y faire valoir leurs arguments et avancer leur leitmotiv : défendre la cohérence architecturale de la rue du Parc. « Les travaux ont été autorisés pour un bâtiment à toiture métallique, or ici personne n'a de toit comme ça », avance Stéphane Meyer, lui-même ancien avocat dans l'immobilier.