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Pauline, Flavien et Dan : trio d'improvisateurs. (Crédit : F.D. / Cuej)

LEGENDE

Dans le casting, on retrouve Pauline, présente depuis deux ans, qui joue une poule, une princesse vivant recluse et une maman oiseau. Dan est, entre autres, un génie colérique et un crapaud qui devient prince. Des personnages totalement improvisés dans l'instant, avec leur voix et leurs gestes pour entraîner les enfants dans leur monde. «Il faut être hyper-attentif et intégrer ce qui se passe dans le public, on est vraiment dans l’interactivité », raconte Dan.

 

Un public exigeant

 

Par exemple, « qu'est-ce qu'on trouve dans un nid ? », demandent les conteurs. « Un bébé », « des oiseaux », « des jouets » et « une voiture ! », crient les jeunes. Et c'est parti pour l'histoire d'une famille de volatiles qui trouve par hasard un bébé dans une forêt. Accompagnement musical à la guitare assuré par Flavien compris. Les enfants font semblant de voler sur leurs sièges pour accompagner les conteurs et imitent les cris du bambin perdu dans la forêt.

Mélanger la magie des contes et la liberté de l'improvisation, c'était la mission de la Compagnie du Théâtre de l'Oignon ce mercredi à la médiahèque de Robertsau.

Un renard végétarien, un crapaud bavard et un génie qui aime les bonbons, ce bestiaire fantastique n'est pas tiré d'un livre mais de l'imagination débridée des trois conteurs de la compagnie du Théâtre de l'Oignon. A la médiathèque de la Robertsau, ce mercredi, les Contes Improvisés étaient à l'honneur. Et les enfants ont joué le rôle de la petite étincelle. Celle qui sert à créer les histoires, en rapportant un livre pioché dans le stock de la médiathèque, ou en lançant des mots à la demande des acteurs. Un jeune public auquel la troupe doit s'adapter.

Depuis mi-septembre, la Guinguette du Rhin prolonge la saison estivale avec son “Eté dansant” à l’auberge de jeunesse du Jardin des Deux-Rives. Une nouveauté qui ravit les habitués.

Valse, tango, salsa, samba… Et puis cette danse, là, “qu’est-ce que c’est déjà ?”, demande une habituée, dubitative. “Du Quickstep !”, répond Antoine Johner, président de la Guinguette du Rhin. Il y en a pour tous les goûts cet après-midi à “l’été dansant” - un jeu de mots évoquant les fameux thés dansants, sourit Antoine Johner. “C’est une continuité de ce qui se passe l’été, les danses qu’on fait dehors, près du Rhin. Je me suis dit que ce serait super de continuer ce moment de danse estival, mais l’hiver, à l’abri. Il n’y a plus de dancings à Strasbourg, et il y avait une demande des danseurs.” Aujourd’hui, ils sont une quinzaine, âgés de 60 à 86 ans, à fouler le parquet de la petite salle de l’auberge de jeunesse des Deux-Rives. Et ils sont visiblement ravis de ce prolongement des festivités.

Livres, CD, DVD et jeux vidéos

Depuis le début de l'année, le bibliobus s'est équipé, comme toutes les médiathèques de la Communauté urbaine de Strasbourg de consoles de jeux. Par souci de place, Christelle Schoenstein a opté pour les plus petites, deux Nintendo DS installées sur la banquette arrière. Trente-cinq jeux sont disponibles. « On a un nouvel attrait. Il y a un concours de celui qui arrivera en premier pour pouvoir y jouer. Il n'y en a que deux de disponibles donc ça part vite, il y a un peu d'émulation », s'amuse la responsable. « Certains enfants ont l'autorisation de leurs parents pour venir jouer une heure. On en a qui ont perdu l'intérêt de la lecture ou qui viennent pour accompagner les copains. En entrant, ils vont peut-être à force regarder du côté des livres. On profite qu'ils soient présents pour essayer de leur faire découvrir d'autres choses. »

D'un mercredi à l'autre, la fréquentation est très variable. « Parfois une vingtaine de personnes sont là en même temps, et d'autres fois seulement deux ou trois », compte Christelle Schoenstein. Si les enfants passent pour la plupart chaque semaine, les adultes empruntent plus mais moins régulièrement.

Un père de famille vient tous les mercredis chercher des bouquins pour son fils. Pour lui, l'offre n'est pas forcément satisfaisante. « Je préfère me rendre à Lingolsheim ou à Malraux, avoue-t-il, même si je jette toujours un coup d'oeil aux étagères, j'ai déjà trouvé quelques trucs intéressants. »

Sans remplacer le service d'une médiathèque traditionnelle, le bibliobus apparaît comme un outil d'appoint dans des quartiers excentrés comme Koenigshoffen. La bibliothèque mobile se déplace du mardi au samedi dans quatre autres quartiers de Strasbourg : le mardi au Wacken, le jeudi à la Montagne Verte, le vendredi à la Musau et à l'Esplanade et le samedi à l'Orangerie.
 

Margaux Velikonia 

Photos : Romain Geoffroy

 

  • Informations pratiques : le bibliobus est présent à Koenigshoffen le mercredi
    de 10h00 à 11h30, rue Virgile devant le centre socio-culturel
    de 13h30 à 16h00 rue Gerlinde

Pour palier l'absence de médiathèque dans le quartier, le bibliobus de la Communauté urbaine de Strasbourg s'arrête chaque mercredi à Koenigshoffen. Les parents viennent y emprunter des bouquins pour toute la famille, les enfants y passent l'après-midi. Cette bibliothèque de proximité tente de réduire les inégalités d'accès aux livres entre le centre-ville et les quartiers périphériques.

Il apparaît au coin de la rue, ralentit, se gare le long du trottoir. Deux fillettes le suivent de près, leurs sacs en toile jaune à l'épaule. On est mercredi, c'est le jour du Biblio'bus dans le quartier de Koenigshoffen. Le matin sur le parking du centre socio-culturel rue Virgile, l'après-midi à deux pas de l'église Saint-Joseph rue Gerlinde.

« Le but est d'apporter les médiathèques au cœur du quartier, à proximité des gens », explique la responsable du bus Christelle Schoenstein.

Koenigshoffen, malgré ses 4800 jeunes de moins de 14 ans, ne possède pas de médiathèque. La plus proche est celle de Hautepierre, de l'autre côté de l'autoroute. Dans le bibliobus, 5000 livres, revues, CD et DVD sont à portée de main. Les enfants sont les plus nombreux à profiter du service.

Sybellia, 10 ans, vient chaque semaine toute seule emprunter des ouvrages. Le bibliobus lui permet d'être indépendante.

LEGENDE

(Crédit  : C.L./CUEJ)

À la cité universitaire de la Robertsau, les élections pour le conseil de résidence ont eu lieu hier. Près de deux semaines après les fuites dans les médias sur l'affaire dite des punaises, c'est la liste « FERUF collectif étudiant progressiste » qui a remporté les élections. Les premiers engagements de leur programme concernaient la salubrité des chambre et le problème des punaises ...

 

Lucie, étudiante en STAPS à l'université de Strasbourg, se remet à peine de sa colocation avec … des punaises de lit. Pas plus grands que des pépins de pomme, oscillants entre le brun et le rouge, ces insectes sont le cauchemar nocturne de plus en plus d'étudiants de la cité U de la Robertsau. Sur les bras sportifs de Lucie, des marques blanches persistent, trois semaines après les dernières piqûres. Elle ne dort plus qu'avec la lumière allumée, et n'ose toujours pas sortir ses vêtements des sacs poubelles opaques qui les protègent. Elle raconte son expérience presque sans ciller. Les démangeaisons, les gonflements, les lessives qu'il faut faire en pleine nuit en attendant assise par terre dans le couloir, les deux traitements à l'insecticide de sa chambre ... Puis une nuit, le craquage : réveillée à l'aube, couverte de punaises, elle passera 4 heures dans le couloir avant d'aller trouver le directeur de la cité U, en pyjama, pour exiger de changer de chambre. « Mentalement, c'est très fatigant ... et aujourd'hui dans la résidence, on psychote, tout le monde vérifie sa chambre ! » Entourée d'amis, le soir du vote pour le Conseil de Résidence, elle n'hésite pas : « Il faut qu'on vote pour la liste qui propose des solutions contre les punaises. »

 

10% des chambres de la Robertsau seraient infestées de punaises

Sur les tracts de la liste FERUF – collectif étudiant progressiste, le programme se détaille en dix points. Le tout premier d'entre eux, pour la salubrité des chambres, déclare une guerre ouverte aux punaises. «  Sur les 12 étudiants de notre liste, quatre ont eu des punaises chez eux. 10% de la résidence minimum est touchée, et ça augmente. Pour nous, tant qu'il n'y aura pas d'intervention réfléchie et globale, on ne viendra pas à bout du problème. Il faut faire un état des lieux général, investir le SUMPS (service universitaire de médecine préventive) dans la lutte et créer un réseau assez fort pour avoir davantage de pression sur le CROUS ». En attendant, Andrea Benedetti et les onze membres de la liste FERUF proposent le remboursement des produits nécessaires au nettoyage des affaires personnelles ou encore le remplacement immédiat des matelas et des sommiers souillés.

 

Les sommiers. C'est bien là que le bât blesse selon l'ensemble des résidents. Pour le moment, le seul plan d'action mis en place par le CROUS consiste à désinfecter ou remplacer les matelas par des matelas mousse-PVC. Mais les punaises se nichent également dans les sommiers « plein de trous » décrits par les étudiants. Guillaume Lamotte, celui qui a dénoncé l'affaire aux médias fin septembre, accable encore davantage les dispositions anti-punaises. « Je les ai vus traiter ma chambre. En cinq minutes top chrono c'était fait. Ils ont vaporisé leur produit sur le matelas et c'était fini. J'ai demandé : mais vous ne traitez pas le sommier, les meubles, les plinthes ? Ils m'ont répondu que le matelas c'était suffisant ... » Les punaises, connues pour la difficulté à s'en débarasser, se nichent partout. Pire, leurs œufs résistent aux traitements chimiques et mettent trois semaines à éclore. « J'ai changé de chambre il y déjà plusieurs jours. Avant hier, pour la première fois, j'ai été piqué dans cette nouvelle chambre ... ».

 

" Et si le vrai problème c'était les étudiants ? "

 

Le problème des punaises n'est pas récent et est loin d'être un cas isolé. Difficile de dire quand il a commencé à la Robertsau mais une ancienne résidente Erasmus témoigne de la présence de ces parasites depuis au moins 2009. Selon une femme de chambre, un studio serait condamné après plus de 6 tentatives de désinsectisation. Face à une invasion qui a explosé depuis le début de l'année universitaire, la liste Arcus, concurrent de la FERUF, tient un discours très différent. « Et si le vrai problème c'était les étudiants et leur manque d'hygiène ? Il faut que vous voyez l'état de certaines chambres aussi ! Nous, à notre niveau, ce qu'on peut faire c'est organiser des réunions et informer enfin l'ensemble des étudiants. » Anas, troisième sur la liste Arcus, ne mâche pas ses mots. Karine, la tête de liste, se montre plus diplomate, tout en pointant les comportements personnels du doigt : « Le CROUS fait ce qu'il peut. Beaucoup d'étudiants ne signalent pas ou ne traitent pas l'invasion de leur chambre. Le CROUS ne peut pas envoyer des femmes de ménages dans les chambres pour tout vérifier comme à l’hôtel ! Les étudiants doivent devenir vigilants, faire attention à tout ».

 

Ce matin, les résultats des élections sont tombés : 59 % pour la liste FERUF contre 41 % pour la liste Arcus. Pour Andrea, les revendications de sa liste sur la salubrité « étaient proches des exigences concrètes des étudiants » et lui ont permis de remporter la victoire. « Le premier conseil de résidence avec le directeur de la cité U aura lieu le 21 octobre, nous aborderons le sujet des punaises et demanderons des réponses sur nos exigences ». Guillaume se réjouit et attend la création d'une "commission spéciale punaises". Au troisième étage du bâtiment B, l'ancien lieu de vie de Lucie, ses voisins et voisines "à bout de nerfs" n'attendront pas plusieurs semaines.

 

Clémence Lesacq

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