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Le prochain immeuble doit être inauguré dans un mois. Les autres immeubles qui constitueront l’éco-quartier du Heyritz seront achevés dans quelques mois.
Anthime Verdier/CUEJ
Les premiers habitants emménagent dans le nouveau quartier du Heyritz. Des appartements tout neufs dans un quartier en cours de construction.
Si vous souhaitez trouver la rue Guido Guersi, méfiez-vous de votre GPS car elle n’y figure certainement pas. Sinon, empruntez la rue qui passe derrière l’hôtel de Police et qui longe des immeubles en construction. Continuez tout droit.
Le quartier du Heyritz c'est cinq immeubles d'habitation avec 160 appartements dont 40 logements sociaux. C'est une résidence étudiante privée et un parking de 510 places. Sans oublier un parc de six hectares et une passerelle pour rejoindre le quai de l'hôpital civil. C'est un quartier à basse consommation énergétique. Une mince consolation pour le promoteur du projet, Nexity, qui a vu le label « éco-quartier » lui passer sous le nez. Le projet n'est pas conforme aux critères fixés par le ministère de l'écologie en septembre dernier.
Aujourd'hui, les travaux sont encore en cours et devraient se terminer dans les prochains mois. Un chantier en vis-à-vis qui n’empêche pas les premiers occupants du 6-8 rue Guido Guersi de s’installer. Parmi ces nouveaux locataires, Vincent a emménagé au début de la semaine. À 23 ans, Il vient tout droit de Metz et ne connaît absolument pas la ville. Après le confort de la maison familiale, il s’acclimate peu à peu aux 23 m2 de son studio du sixième étage.
Mardi 8 octobre, il est 8h30 et Hautepierre s'éveille doucement. Avenue Tolstoï, en face du centre socio-culturel, « la Passerelle » accueille tous les mois des habitants du quartier pour un petit déjeuner convivial : « C'est avant tout pour créer du lien », explique Laura Bergeret, salariée responsable du pôle adulte/famille du centre. Une table aménagée pour l'occasion incite à la conversation un groupe encore restreint de mères de familles. « Ca commence à s'agiter à partir de 9h », ajoute Laura avec un sourire. Brioche, confiture, pain, beurre, café, lait, chocolat et autant d'odeurs mélangées suffisent pour attirer progressivement les retardataires dans la petite salle de l'association de quartier. Des femmes, retraitées pour la plupart, viennent compléter le groupe des mères de famille. Très vite les conversations s'entremêlent de rires conviviaux.
« Le monde à une table »
Ce petit-déjeuner est aussi celui de la diversité. Italie, Inde, France, Afrique, Maghreb, une quinzaine de femmes et presque autant d'origines différentes. « On a le monde à une table », s'amuse Jeanne Locci, bénévole au centre socio-culturel. Beaucoup d'entre elles trouvent dans ces petits moments un moyen de s'évader de la monotonie des tours de béton environnantes. « Je viens depuis un peu plus de six mois. Mes enfants sont partis et je vis seule à la maille Jacqueline, confie Tchandra, ancienne employée d'une usine de câblage. Je profite de ces moments de rencontre pour discuter avec mes copines. On est comme une petite famille. » Laura acquiesce en bout de table, « le quartier d’Hautepierre est jeune, mais certaines personnes âgées se retrouvent vraiment seules. On collabore avec le centre médico-social, juste en face. Ils nous préviennent quand ils rencontrent une personne esseulée. On essaye alors de les faire se rencontrer au travers des activités qu’on organise. »
Une occasion de discuter certes, mais surtout de malmener les clichés. Ces dames profitent de la matinée pour comparer leurs scores dans divers jeux vidéo auxquels elles s’adonnent sur internet. « J’ai battu mon record à Candy Crush, j’ai arrêté de jouer à 6h du matin, lance fièrement Rebecca, qui se définit comme l’« africaine » de la tablée. Quand il m’arrive d’être bloquée, je demande de l’aide à des amis canadiens que j’ai rencontrés en jouant. »
« Il ne reste plus rien »
Et si elles viennent partager un petit déjeuner à la “Passerelle”, c’est parce qu’elles ne peuvent pas le faire ailleurs et qu’internet ne suffit pas. Les commerces de proximité ont progressivement disparu dans le quartier. « A l’époque on avait un supermarché, un fleuriste, un coiffeur, un tabac, une banque… Aujourd’hui il ne reste plus rien », se désole Jeanne. Et quand on leur demande où on peut trouver un restaurant ou un traiteur, elles nous répondent
de concert : « nous aussi on se le demande. Il ne reste que le Auchan et puis… Table et culture ». Table et Culture, le restaurant associatif lui aussi géré par le centre socio-culturel, investit les lieux trois jours par semaine. L’unique autre rendez-vous pour partager un repas, dans ce quartier peu à peu déserté.
Cette fois, on me demande de jouer une belle fable, un remake du Corbeau et du Renard. « Maître Le Coq, dans un arbre perché, tenait dans sa main un Smartphone. Valentin l’ours, par le miel alléché, tentait de le boulotter. »
Une guimauve au bout d’un bâton, un peu de miel sur le tronc de l’arbre, on espère m’amadouer facilement. « Come here. Valentin, come here », répète Frédéric. Ah, ces seconds rôles ! Comme si j’avais besoin de lui pour connaître ma partition. Deux mois que je me prépare.
Un petit coup de patte … Non, je ne préfère faire le tour de l’arbre. Sur sa branche, Bernard Le Coq récite son texte, mais je le sens impressionné. « Et … coupez ! Ah, ça c’est bien ! » Oui, je sais. Je suis un ours formidable … Amenez-moi les fans ! Je me sens d’humeur à signer des autographes, même si j'ai conscience que Bernard a aussi les siens. »
Les regards admiratifs se tournent vers moi. L’équipe a installé un filet et une clôture électrique pour délimiter la scène et, soi-disant, pour que je ne m’échappe pas. Je sais bien moi que c’est pour me protéger des fans.
Pour cette série, j’endosse mon propre rôle : Valentin, un ours de cirque qui sème son dresseur, Fred. Numéros circassiens, course-poursuite en moto ... oui, un ours sur une moto ! Connaissant ma valeur, la production avait choisi de faire tourner une doublure … Mais n’est pas Valentin qui veut !
Ours ou nounours ?
Pour sa dernière journée passée à la Robertsau, l'équipe d'Une famille formidable a accordé une attention toute particulière à l'ours noir Valentin. Assurément la star du tournage. Il nous livre ses impressions.
« Dernier jour de tournage. J’attends tranquillement dans ma loge, un confortable van avec un lit de paille. A l’extérieur, j’entends la trentaine de techniciens, régisseurs, perchistes et autres cadreurs s’affairer, préparant le plateau avant l’arrivée des artistes. Une semaine que l’on s’est installé dans cette forêt. Un endroit plutôt agréable, quoiqu’un peu trop humide à mon goût.
« Plus personne ne bouge ! On fait entrer Valentin. » Le réalisateur, Alexandre Pidoux, demande le silence. Oui, LA star de l’épisode entre en scène. Moi, Valentin, l’ours aux multiples films et séries. Une nouvelle fois, ils vont en prendre plein la vue ! Une grande leçon de comédie. J’essaierai de ne pas faire trop d’ombre à Bernard Le Coq.

Photo Flickr (Gelinh)
Du lundi 14 au dimanche 20 octobre, le quartier accueille des dizaines de manifestations pour fêter la Semaine du goût. Mercredi 16 octobre, de 14h à 17h aura lieu l'événement central de la semaine : la marche pour la forme. Les participants (tout public) seront invités à parcourir les mailles et à s'arrêter à différents atelier pour faire du sport, apprendre à cuisiner, connaître les fruits et légumes de saison, ou encore déguster des crêpes ou des châtaignes grillées. Un dernier atelier permettra aux marcheurs de découvrir le nouveau petit coin jardin de la maille Eléonore tout en écoutant (ou même en faisant) de la musique.
Le programme détaillé de la Semaine du goût à Hautepierre est à retrouver sur cette page.
F.T.
Durant une semaine, l'équipe de tournage de la série Une famille formidable (TF1) s'est installée dans le quartier de la Robertsau. Le château de Pourtalès et la forêt de la Robertsau, avec d'autres lieux alsaciens, servent en effet de cadre à deux épisodes. Vendredi, l'équipe s'est attelée au tournage d'une scène où Jacques Beaumont (Bernard Le Coq) est poursuivi par un ours et trouve refuge dans un arbre. Un tel tableau demande de nombreux préparatifs.
(Crédits : E.C. et R.T./Cuej)
Avec du retard, deux femmes arrivent dans la classe. L’une d’elles ne parle pas un mot de français. C’est aussi le cas d’Adam, l’un des pères présents ce matin. Il parle Russe et parvient difficilement à s’exprimer en Français. Latica Lunka écrit au tableau « Je m’appelle Adam », et lui fait répéter. Timidement, il s’exécute plusieurs fois. Son voisin Xhevdet lui indique comment lire.
De petits groupes sont formés. Latica Lunka essaye, malgré les réticences, de mélanger les personnes et les niveaux : « Vous faites partie de l’école, je vais vous demander de réfléchir entre groupe à des propositions que vous pourriez faire pour l’améliorer ». « On a beaucoup de choses à dire, mais malheureusement, personne ne nous demande ! », lâche Amina* désabusée. Dans son coin, Adam chuchote « Je m’appelle Adam ».
« L’école républicaine »
Justement, la semaine prochaine, la professeur de français voudrait faire venir des représentants de parents nouvellement élus. Pendant un bon quart d’heure, les petits groupes discutent. Dans les couloirs, la sonnerie de 10h retentit. C’est la Marche Turque de Mozart, aussi cérémonieuse que les idées qu’exposent les groupes sont dissonantes. Elles vont du très concret : « Il faudrait diversifier les sorties, les enfants vont toujours au musée d’art moderne ! », « mettre en place un bus pour aller à la piscine plutôt que d’y aller à pieds », au plus délicat : « que la nourriture de la cantine soit halal, ou au moins casher ». Dans le même ordre d’idée, Amina* explique : « Je ne comprends pas pourquoi, dans une classe avec 99% de musulmans, on passe deux semaines à préparer Noël ». « En France, fêter Noël, ça n’est pas forcément religieux, explique Latica Linka. Noël fait partie de la culture française, c’est aussi ça l’école républicaine. »