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Des rats, de la boue et des morceaux de verre
Mercredi 16 octobre, des habitants du site de Saint-Gall disent avoir reçu la visite de Jean-Claude Bournez, responsable de la mission rom à la mairie de Strasbourg. Il leur aurait annoncé que la fermeture du camp se passerait au cours du mois.
Un soulagement tout de même pour Daniel, 41 ans. Il est en France depuis six mois, il a quitté la Roumanie il y a six ans puis est parti travailler en Espagne. Il cherche aujourd'hui du travail en France, se débrouille, enchaîne les petits boulots non déclarés, notamment dans le BTP. Les conditions d'hygiène sur le camp lui sont insupportables. Avec sa femme ils habitent une caravane de 10 m2. Au pied du lit, un seau recueille les goutes d'eau qui s'infiltrent par le plafond. Les jours de pluie, il est impossible de circuler dans le camp sans ses bottes, à cause de la boue. Les enfants jouent parmi les bouts de verre et les flaques d'eau. Ils sont 130 sur place à vivre dans ces conditions insalubres. « On n'est pas contre la fermeture du site, ça ne peut qu'être mieux, surtout au niveau sanitaire, remarque Daniel. On n'a pas tous l'électricité, des rats se baladent parmi les caravanes. Pour laver nos vêtements on doit aller à une laverie route des Romains qui nous coûte cinq euros par machine, c'est trop cher pour nous. Alors on essaye de garder une hygiène coûte que coûte, mais on est plus dans la survie qu'autre chose. »
Dès le mois de décembre, le musée devrait proposer des visites personnalisées, musicales, contées ou encore un ciné-club.
Romain Geoffroy
Informations pratiques :
Ouverture au public sur réservation dès le 29 novembre 2013
Musée Vodou
4 rue de Koenigshoffen
67000 Strasbourg
http://www.chatodo.eu
visite@le-chateau-d-eau.com
« Dans l'idéal, on voudrait aussi développer des partenariats avec les associations du quartier de Koenigshoffen, assure Bernard Müller. On a aussi prévu de développer des projets scolaires, avec des ateliers à l'année dans le cadre d'un cours par exemple. »
Les visiteurs pourront découvrir près de 200 objets, répartis sur trois étages.
Installés illégalement depuis 2009 derrière le cimetière Saint-Gall à Koenigshoffen, 130 roms seront prochainement évacués du site sur demande de la mairie de Strasbourg. La Ville assure avoir déjà trouvé des solutions de relogement pour ces habitants.
« Le terrain de Saint-Gall occupé illégalement par les Roms depuis plus de trois ans sera fermé avant l'hiver. Dans une ville comme Strasbourg, capitale européenne et siège de la Cour européenne des droits de l'Homme, on ne pouvait plus laisser perdurer un campement comme celui-ci, avec des conditions d'hygiène déplorables. » Eric Elkouby (PS) , adjoint au maire de Strasbourg pour le quartier de Koenigshoffen, tente depuis deux ans de fermer ce camp, installé illégalement sur un terrain de la mairie, entre le cimetière Saint-Gall et les jardins familiaux. « J'ai interpellé à plusieurs reprises les pouvoirs publics, jusqu'au ministère de l'intérieur, et en octobre 2012 il y a même eu une décision de justice qui est allée dans mon sens, en prononçant l'expulsion des roms de ce campement, mais jusqu'ici le maire n'avait pas souhaité l'appliquer. » A quelques mois des élections municipales, la situation semble se débloquer. La circulaire interministérielle du 26 août 2012 – dite circulaire Valls – conseille aux collectivités territoriales d'accompagner les populations évacuées vers un hébergement plus adapté. « Les solutions de relogement ont été cherchées par Marie-Dominique Dreyssé, adjointe à l'Action sociale, donc ce n’est plus mon problème, lâche Eric Elkouby. Ce qui me préoccupe, c’est de pouvoir permettre à ces personnes de vivre dignement et à Koenigshoffen de retrouver son calme. »
Pas d'intervention policière prévue
Depuis 2008, Marie-Dominique Dreyssé (EELV) a pris en main le dossier des Roms et la dizaine de campements situés à Strasbourg. Elle refuse de parler d'évacuation du site de Saint-Gall, elle lui préfère le terme de fermeture. « Ça n'est pas pareil, on n'a pas décidé d'appliquer la décision de justice, il n'y aura pas de policiers sur place pour évacuer les gens. La fermeture se fera avec l'accord des habitants sur place, on ne les lâche pas dans la nature. On aurait pu fermer le camp il y a deux ans, mais on ne trouvait pas de solution de relogement, aujourd'hui on a une solution provisoire jusqu'au printemps prochain, puis on les installera sur un site plus pérenne dans un deuxième temps. »
Éviter aux chevaux âgés ou réformés de finir à l’abattoir. C’est l’objectif de l’association strasbourgeoise Au Pré de mon cheval, qui essaye par tous les moyens d’offrir une retraite paisible aux pensionnaires du Club équestre de Strasbourg. Un objectif mis à mal par la crise... et par le mauvais temps.
On croyait que le difficile financement des retraites n’était que l’apanage des êtres humains. Et pourtant, dans le milieu équin aussi on serre les dents. Ici, pas de banderoles, de grandes manifestations ou de slogans, mais des associations qui grimacent. « On est clairement en difficultés financières, soupire Carole Nominé, présidente d’Au Pré de mon cheval, qui œuvre pour que les chevaux réformés et retraités du Club équestre de Strasbourg aient le droit à une retraite paisible dans des familles d’accueil ou chez des particuliers. On a eu pas 1000 euros de frais de vétérinaire et d'équarrissage, car deux chevaux sont morts cette année. Sachant que notre budget annuel est de 7000 euros, que l'entretien d'un cheval c'est parfois presque 1000 euros par an et que nous en avons 9 à gérer en ce moment, ça représente une somme énorme pour nous ! »
Sans compter sur la crise et le mauvais temps. « Le foin a beaucoup augmenté… Et on a dû en donner plus qu’à l’accoutumée cette année, car avec le froid et la pluie les chevaux en attente d’une famille d’accueil sur un pré à Meistratzheim (à 5 km d’Obernai, NDLR) n’ont pas eu assez d’herbe. On a aussi eu un hiver très froid, il a fallu acheter des couvertures pour tous nos pensionnaires. »
« Les gens veulent un cheval pour monter, pas un cheval vieillissant »
Du coup, l’association multiplie les actions : stand au centre équestre pour se faire connaître hier après-midi, soirée annuelle (le 16 novembre prochain)… et même vente de photos des chevaux en attente de placement. « On a beaucoup de mal à trouver des familles d'accueil. Les gens veulent un cheval pour monter, pas un cheval vieillissant, observe Carole Nominé. Les poneys sont plus faciles à placer : ils mangent moins, ils ont un capital sympathie énorme… C’est vrai qu’on manque aussi de temps pour trouver des familles d’accueil. Et de bénévoles pour nourrir les chevaux au pré. »
Heureusement, l’association peut compter sur sa centaine d’adhérents et sur le bouche à oreille - « on commence à être de plus en plus connu », se réjouit Carole Nominé. Et sur des valeurs sûres. « Pour le pré à Meistratzheim, on a un bail de 99 ans. De ce côté là, on est tranquille ! »
Florence Stollesteiner
Sashina Vignes-Waran, championne de badminton, est en pleine préparation pour les Yonex Internationaux. (Vidéo: Judith Kormann/ CUEJ)
C'était une première à Strasbourg, pour l'Aïd, un abattoir temporaire était installé au Port du Rhin. Un système bien encadré pour permettre à la communauté musulmane de réaliser le sacrifice du mouton dans les meilleures conditions. Après ces deux jours, c'est déjà l'heure du bilan.
Sous un hangar, 520 moutons et à côté, une tente de laquelle sortent autant de commandes. La plupart des ovins proviennent d'Alsace ou, à la limite, du reste de la France. Pour cette première strasbourgeoise, le Conseil régional du culte musulman (CRCM) aurait aimé que la production reste locale mais face à l'afflux de commandes ils ont dû ratisser plus large. « Nous avons eu beaucoup de demandes, explique Ercan Murat, vice-président du CRCM. Alors on a dû les arrêter une semaine avant l'Aïd el-Kebir. » Aucune communication n'a été faite, si ce n'est par le bouche à oreille à la mosquée et l'événement est une réussite pour la communauté musulmane, même si les organisateurs admettent qu'il y a encore des progrès à effectuer.
Organisé par le CRCM, en partenariat avec la préfecture, pour l'autorisation d'abattre selon le rituel musulman, et la Ville qui a mis à disposition le lieu, cet abattoir éphémère avait un but précis : permettre d'organiser le rituel du sacrifice dans des conditions d'hygiène optimales. En évitant que certaines personnes le fassent de manière illégale, chez elles, voire dans la rue.
Le fonctionnement de l'abattoir est relativement simple. Chaque personne voulant un mouton le commande, le paye 150 euros, auxquels il faut ajouter 30 euros de frais de fonctionnement, puis chacun obtient une plage horaire pour venir chercher sa bête. « On avait une cinquantaine de personnes toutes les demi-heures, souligne Ercan Murat. Certains ont appris l'existence de cet abattoir assez tard, donc ils viennent sans avoir commandé. » Beaucoup de gens sont satisfaits du résultat, avec quelques « doléances » pour l'année prochaine.
Mercredi, à 17 h 10 précise, il ne restait plus qu'un mouton dans l'enclos. Quelques familles sont encore présentes, elles viennent chercher une dernière commande, un peu au dernier moment. Avec trente-cinq kilogrammes de viandes sur les bras, un homme lance un « mais c'est un veau celui là ! » Il faut dire qu'à cette heure-ci, il ne reste que les "grosses" commandes, un peu plus chères d'une vingtaine d'euros. Qu'importe, malgré le poids des bêtes, les jeunes aident les anciens et tout le monde garde le sourire, à quelques heures de célébrer l'Aïd.
Loïc Le Clerc
Mardi 15 et mercredi 16 octobre, Mylène Farmer se produisait au Zénith de Strasbourg. Le matin du premier concert, plus d'une centaine de personnes était déjà devant les portes pour avoir la meilleure place. Certains campaient là depuis plusieurs jours.
La chanteuse, très rare autant dans les médias que sur scène, est suivie par de nombreux fans qui n'hésitent pas à voir tous les concerts de la tournée pour un budget parfois faramineux.
Gabriel Nedelec et Florence Tricoire