Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

LEGENDE

(Photos: Judith Kormann/CUEJ)

Record égalé pour l'AS Neudorf (Promotion). Il y a deux ans, le club du quartier avait déjà créé la surprise en se qualifiant pour le 6e tour de la prestigieuse Coupe de France. Dimanche, les hommes de Patrick Mundschau ont récidivé en remportant leur match face au FC Hegenheim, une formation qui évolue trois niveaux au-dessus (DH).

Des vestiaires au banc de touche, de l'échauffement à l'après-match, nous nous sommes glissés parmi les joueurs, plaçant notre caméra dans les coulisses de l'AS Neudorf.

L'AS Neudorf accueillera Schiltigheim (CFA 2) pour le 6e tour, dimanche 27 octobre, à 14h30 au stade du Bruckhof.

Aurélien Lachaud

Marie-Dominique Dreyssé, adjointe à l'Action sociale, détaille les solutions de relogements qui seront proposées aux Roms de Saint-Gall. (Vidéo : R.G./CUEJ)

La carte du projet de redécoupage des cantons du Bas-Rhin a été rendue publique ce jeudi 17 octobre, 24h après sa présentation aux conseillers généraux de la majorité (UMP).

Koenigshoffen est concerné par le projet. L'actuel canton 9 de Koenigshoffen-Montagne Verte deviendrait le canton 2 (en rouge sur la carte). Il récupère au passage une partie du quartier Gare (en violet) mais perd quelques rues à l'est de Koenigshoffen (en vert).

Avant de pouvoir être effectif pour les prochaines élections cantonales, en mars 2015, le redécoupage doit être approuvé par le Conseil d'Etat. Dans les Dernières nouvelles d'Alsace, le président du conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel (UMP) dénonce «un charcutage électoraliste».

Margaux Velikonia

« On cherchait un moyen simple de valoriser le système scolaire aux yeux de familles souvent habituées à ne venir dans les écoles que quand leur enfant a fait une bêtise », explique Philippe Mary coordonateur ZEP du réseau Eclair Neuhof-Solignac. « Au départ, certains parents ne voulaient pas que leurs enfants prennent part à ces Activités pédagogiques complémentaires. Il a suffit que je leur dise qu'il y aurait un résultat concret sur Internet, qu'ils pourraient les entendre et écouter ce qui a été fait en classe, pour qu'ils me donnent leur accord », complète Marie Pinatelle-Davaz.

Le Neuhof, ce sont 14 écoles maternelles et élémentaires et 2 collèges classés en Zone d'Education Prioritaire (ZEP). Aujourd'hui, 9 établissements du quartier participent régulièrement à cette radio qui se veut aussi « un levier pour maîtriser la langue, un véritable outil pédagogique » dans un quartier où l'immigration tient une forte place.

La radio effectue régulièrement des petits reportages. Pour ne pas donner une charge de travail en plus aux enseignants, le dispositif a été intégré au service civique l'an passé. Deux volontaires, Vincent et Agathe se déplacent dans les écoles, s'occupent du montage et de la gestion du site. Les enseignants font appel à eux quand ils le souhaitent, que ce soit « pour une sortie extraordinaire, mais aussi pour des activités du quotidien. C'est important que notre projet rende compte de cet ordinaire, de ce qui se passe au quotidien dans les classes. »

Naomi, Jeff et Elias ont eux, semble-t-il, pleinement profité de l'expérience. Les deux volontaires du service civique devraient revenir dans l'établissement à la rentrée de novembre pour une nouvelle session poétique. D'autres enfants, d'autres voix, mais toujours une même idée : replacer l'école au cœur des familles.

Olivier Mougeot

Sashina Vignes-Waran vit à Koenigshoffen depuis 2004. (Photo: Judith Kormann/CUEJ)

Au milieu d'une friche industrielle, Gérard Altorffer, architecte urbaniste, s'amuse à penser librement l'avenir du Port du Rhin. Ses idées tantôt loufoques, tantôt réalistes, pourront inspirer la transformation du quartier. Visite dans son atelier.

La Maison Rouge se dresse derrière Gérard Altorffer. Planté rue du Port du Rhin, l'édifice fait penser à un château aux formes simples et écarlates. Le côté sud s'adosse à une sorte d'échafaudage, le côté nord n'a quasiment pas de fenêtre, à cause du bruit de l'usine en face. Non que le bruit dérange Gérard Altorffer. Au contraire, il aime le vacarme, il aime les grues, les usines et les bateaux - et il aime le Port du Rhin. Un quartier en pleine transformation. Une population triplée à moyen terme, une crèche et un tram franco-allemands : le schéma directeur imaginé par la CUS redessine à coups de grands projets ce territoire transfrontalier.

Depuis des années, l'architecte retraité, responsable de la rénovation de l'ENA à Strasbourg, planche de son côté sur la transformation du quartier. Cependant, ses rêveries ne se matérialiseront peut-être jamais. Tout comme sa Maison Rouge. Il l'imagine en face de la Malterie. Elle restera probablement à l'état d'esquisse sur le mur de son atelier. Une parmi tant d'autres. N'empêche qu'il y met tout son coeur. Dans son antre d'urbaniste-rêveur, il imagine un tram vers Kehl façon toboggan, il voit la Coop devenir un lieu culturel avec une énorme horloge astronomique. Et dans la friche « Schutzenberger », il installerait bien un salon de thé « où l'on venderait des gâteaux et des cactus », dit-il, laissant échapper un petit sourire malin. Gérard Altorffer sait faire preuve d'autodérision.

« Alto » offrira ses idées en janvier

Dessins, scénographies, gammes de couleurs et un grand dragon en fer qui pendille dans la salle - sculpture en fer exposée par son voisin, l'artiste Valentin Malartre - le lieu de travail de Gérard Altorffer, dans un ancien dépôt sur la surface de la Coop, ressemble lui aussi à un atelier d'artiste. Pourtant à la base « Alto »– c'est comme ça qu'il veut qu'on l'appelle – est architecte, mais surtout « urbaniste » dit-il.

C'est un personnage qu'on connaît à Strasbourg. « J'ai des contacts avec des hommes politiques locaux, faits de bas et de haut », dit-il. Retraité depuis cinq ans, cet homme de 72 ans prend encore sa passion très au sérieux. Dans son atelier, des petites tours de magazines d'architecture s'érigent sur plusieurs grandes tables devant un grand mur orange foncé. Le chaos créatif, mais pas sans arrière-pensée. Alto ne détesterait pas se retrouver un jour ou l'autre dans le cercle des gens qui façonnent l'avenir du Port du Rhin. En début d'année prochaine, il compte présenter ses «études» aux candidats aux municipales. « Je crois en l'idée de la démocratie participative où les idées peuvent venir du bas sans qu'il y ait eu de commande », dit-il.

Son premier contact avec le quartier s'est fait il y a une douzaine d'années, quand le candidat aux municipales Luc Gwiazdzinski l'a interrogé sur l'avenir urbanistique de Strasbourg. « Il m'a demandé de lui dessiner un nouveau Port du Rhin et je n'ai jamais arrêté depuis », dit Alto. L'air au dessus du radiateur à gaz papillote à côté de lui. Les mégots dans le cendrier se multiplient.

Des logements dans le port du Strasbourg ?

Pour Altorffer, Strasbourg doit devenir une ville portuaire. La zone du port est une des seules encore exploitables pour l'habitat. « Strasbourg doit se marier avec son port pour grandir », explique celui qui n' a pas peur du bruit. « Ce sont les fous qu'on met au silence. » Alto regrette ce qu'on appelle le zonage. « Je milite pour que tout soit de nouveau sur un seul endroit, le travail, l'habitat et les loisirs ». La mutation du Port du Rhin est, selon lui, l'occasion d'en faire un modèle.

Si la CUS n'est pas emballée à l'idée de mêler installations portuaires et habitat, elle apprécie néanmoins les idées d'Altorffer sur le projet des Deux Rives. « Les idées utopiques, quand on les fait atterrir, peuvent bien nous servir », dit Sébastien Bruxer de la CUS. Le chef de projet de la mission Deux-Rives n'exclut pas de recourir à l'expertise d'Altorffer, une « force vive », comme il dit.

Dans toutes les rêveries de Gérard Altorffer, il y a cependant un endroit que l'architecte ne modifierait pas. La cité Loucheur, un ensemble d'habitats sociaux longtemps délaissé. « Les 1500 habitants de la cité ne sont pas un enjeu », avance l'architecte, sans se soucier du politiquement correct. Ils les considère comme une minorité parmi les nouveaux habitants. Et il pense qu'ils vont profiter des changements en dehors de la cité. Un conflit social entre nouveaux et anciens habitants ? Il n'y croit pas – et se remet à penser un Port du Rhin qui fait rêver – au moins lui, l'idéaliste, dans sa bulle, au milieu d'un quartier isolé.

Verena Hölzl

De la verdure à la place du bidonville

L'organisation non-gouvernementale Médecins du monde vient tous les mercredis à Saint-Gall. Les bénévoles apportent des consultations médicales et des médicaments aux habitants du camp, souvent touchés par des maladies liées à la précarité : problèmes dentaires, mal de ventre, tuberculose, etc. « Espérons que les nouveaux logements amélioreront leurs conditions de vie, personne n’a vraiment envie de rester là, les conditions sont trop précaires, confirme Germain Mignot, coordinateur à l'ONG. Le problème c'est que la Ville ne les consulte pas, ils prendront ce qu'on leur propose, mais quelques semaines avant d'être évacués ils ne savent même pas où ils vont être relogés. »

Pour Dominique Steinberger, président de l'association Latcho Rom, qui défend les droits de ces populations, la fermeture du site ne peut être qu'une bonne chose. « Ce qui sera proposé sera mieux, on en est sûr, on a confiance en la mairie, mais on se demande qui des familles aura le droit d’être relogé ? Quels seront les critères ? Qui sera à l’origine des choix ? On ne peut pas laisser des gens de côté parce qu’ils sont arrivés sur le camp depuis moins de temps, humainement ce n’est pas possible de faire une chose pareille. »

En lieu et place du bidonville sera prochainement installé l'un des projets du Parc naturel urbain (PNU), qui a pour objet de remettre un peu de verdure au cœur de la ville.

Romain Geoffroy

Pages