En marge des grandes rencontres, l’institution strasbourgeoise mise sur un moment de convivialité pour présenter sa programmation du premier semestre.
Des canapés, des bancs et des poufs installés en îlots sous une lumière chaleureuse. Ce mardi 15 septembre, le grand hall vitré du théâtre du Maillon se mue en petit cocon pour la présentation de sa programmation du premier semestre, pensée sous forme de speed-dating. Le concept : les membres de l’équipe du théâtre disposent de quatre minutes pour présenter un spectacle de leur choix à une cinquantaine de personnes réparties sur huit îlots. À la fin du temps imparti, signalée par un jingle, chaque groupe se dirige vers l’îlot suivant.
C’est la troisième édition du genre. Pour Lionel, qui n’a pas loupé un seul rendez-vous, fini le grand comité, organisé dans une vaste salle, où la directrice présente, seule, les tableaux de cette saison. « J’en avais marre de rester assis dans un siège pendant deux heures. Là, c’est plus vivant, avec différentes manières de parler. »
À l’entracte, le jeune homme fait le point sur les premiers spectacles présentés, avec ses deux amies Ly et Manon. Tous s’accordent sur la pièce de théâtre « Les mots qu’on ne me dit pas », du roman éponyme de Valérie Poulain et repris par Éric Massé. « Le format plus intimiste m’a permis de comprendre l'œuvre plus en profondeur », explique Ly, qui assiste pour la première fois à ce genre d’événement. Elle a même noté l’atelier de langue des signes française lié au thème de la pièce.

Spectateurs habitués comme novices découvrent la programmation du théâtre dans un cadre intimiste. © Anaïs Coste
Poser des visages sur l’équipe
Hôtesse, régisseur, chargée de relation presse, secrétaire générale… L’initiative permet également de voir qui se cache derrière le rideau. Au stand 4, Sandro, régisseur lumière, sort de sa poche deux photos en noir et blanc. Le public se penche et sourit à la vue du visage enfantin, devenu grand technicien. « Et vous, quelle relation tissez-vous avec le passé ? », commence-t-il, avant de dérouler le récit de « Thésée, sa vie nouvelle », une pièce de théâtre adaptée du roman éponyme de Camille Toledo et mise en scène par Guy Cassiers. Attentifs, quelques spectateurs entourent sur leur brochure les dates de représentation, les 14, 15 et 16 octobre.
Sur le stand voisin, Antonio, directeur technique, vient de terminer sa première rotation. « Ça nous implique différemment, c’est un challenge où chacun donne de sa personne », sourit celui qui a plus de 20 ans de métier. Une volonté de la direction, désireuse de travailler sur la rencontre et la proximité avec le public.
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Ce semestre, Barbara Engelhardt a choisi la thématique du « populaire », cette notion « aux facettes multiples » également porteuse d’un « risque particulier », celui du populisme. Ces six premiers mois seront notamment ponctués du festival de l’émergence européenne, du 6 au 14 novembre, et se concluront par une session « paysage », du 27 janvier au 5 février : 10 jours avec Rébecca Chaillon, autrice, metteuse en scène et comédienne française, également féministe et militante queer.
L’ultime jingle retentit dans le hall. Certains déjà conquis, s’empressent vers la billetterie. D’autres, préfèrent prendre le temps de réfléchir à leur sélection autour d’une citronnade bien fraîche.
Anaïs Coste