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Ce mardi 15 février, dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, Nathalie Loiseau (Renew Europe) a énuméré les menaces pesant sur l’UE, pour rappeler la nécessité d’une défense européenne plus efficace. ©Alain Rolland, European Union 2022 - Source : EP

 

Rémunération des stages, anxiété post-pandémie… Les députés européens assurent vouloir aider les jeunes à l’occasion de cette année européenne de la jeunesse, et faire face à leur précarité grandissante. Le mercredi 16 février, en séance plénière à Strasbourg, ils ont souhaité répondre aux enjeux qui préoccupent les jeunes.

 

Le constat est unanime au Parlement européen : la pandémie de covid-19 a accentué les problèmes de précarité de la jeunesse. Dans une résolution adoptée lors de la plénière à Strasbourg, les parlementaires ont souhaité s’attaquer au problème. La députée européenne Laurence Farreng (Renew, libéraux), coordinatrice de la commission de la culture et de l’éducation, a déclaré : “le niveau de chômage des jeunes européens n’est plus acceptable.” 

D’après Eurostat, près de trois millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage en février 2021 soit 230 000 de plus que l'année précédente. Tandis que l’institut Ipsos observe une augmentation de plus de 25% des demandes d’aide alimentaire des jeunes en Europe, depuis le début de la crise sanitaire.  

Les stages non-rémunérés, symbole de la précarité 

Les députés réclament des mesures pour aider les jeunes et condamnent notamment les stages non rémunérés, comme le précise Laurence Farreng, “l’accès aux stages ne doit pas être seulement réservé à ceux qui en ont les moyens.” L’objectif sera désormais d'éviter aux jeunes de tomber dans un “cycle de stages” qui leur bloquerait l’accès à la vie professionnelle. La résolution invite ainsi les États membres à “proposer un cadre juridique commun destiné à assurer une juste rémunération des stages et apprentissages pour éviter les pratiques d’exploitation.”

Vers une plateforme de la jeunesse pour les stages et l’emploi ?

Lors du débat, Clément Beaune, qui représente la présidence française du Conseil de l’Union européenne, a également vanté les mérites de la plateforme française “Un jeune une solution”, un dispositif qui promet aux jeunes une solution de formation, de stage ou d’emploi. Le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes invite à penser la plateforme à l’échelle européenne. 

Le Parlement européen veut être exemplaire

Cent députés européens proposent dans une lettre ouverte de montrer l'exemple pour aider la jeunesse. À l’initiative de cette lettre, l’eurodéputée Lidia Pereira (PPE, conservateurs) appelle ainsi à interdire les stages non rémunérés dans les institutions de l’Union européenne.

Suzie Bernard-Meneguz et Pierre-Mickaël Carniel

Consciente de cette situation, l’Europe entend se (re)placer comme un partenaire économique de choix pour l’Union africaine. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’émergence du programme européen Global Gateway, une initiative qui mobilise des fonds publics et privés pour des projets durables à travers le monde. Une enveloppe de 150 milliards d’euros a été annoncée par la Commission pour le développement d’infrastructures sur le continent africain. Une partie de cet investissement pourrait soutenir la "mise en place de capacités de production de vaccins" contre le covid-19, comme le suggère l’eurodéputé suédois Tomas Tobé (PPE, conservateurs). Une façon d’accélérer la vaccination et de se racheter après le manque de solidarité de l’UE lors de la pandémie, reconnu par Josep Borrell dans l’hémicycle. 

Un engagement militaire repensé

Mais pour que les acteurs économiques investissent, encore faut-il un contexte politique favorable, à l’heure où l’instabilité règne notamment au Sahel. Le dernier coup d’État en date, au Burkina Faso, fin janvier, le rappelle. Tout comme la présence de plus en plus active des mercenaires russes du Groupe Wagner, environ 800 à 900 à ce jour selon l’armée française, au Mali et en Centrafrique.

Le sentiment anti-européen croissant a poussé les chefs d’États à repenser leur présence militaire. Quelques heures avant l’ouverture du sommet entre l’UE et l’Union africaine, la France, ses alliés européens dans la force opérationnelle Takuba (lancée en 2020), et le Canada ont annoncé un "retrait coordonné" du pays, dans un communiqué commun. Le dialogue devenu impossible avec la junte militaire malienne pousse les forces européennes à se déplacer dans un pays voisin, le Niger. Le sommet est l’occasion rêvée pour l’UE de montrer qu’elle est loin de rompre avec l’Afrique.

Camille Aguilé et Jules Beaucamp

"Nous devons prouver que l’Union européenne reste le partenaire le plus fiable de l’Afrique." Voilà l’enjeu principal, selon Josep Borrell, du sommet qui s’ouvre ce jeudi 17 février à Bruxelles entre l’Union européenne et l’Union africaine. Mardi 15 février, au Parlement européen, le chef de la diplomatie européenne s’est exprimé devant les eurodéputés pour clarifier la position de l’UE sur ses futures relations avec les pays africains.

L’UE va investir en Afrique 

"Ce sommet aura lieu dans un contexte inédit, avec un paysage géopolitique de plus en plus compétitif" rappelle le chef de la diplomatie européenne. En effet, l’Europe, doublée depuis le début des années 2010 par la Chine, premier partenaire commercial et premier bâtisseur en Afrique, "n’est plus l’interlocuteur principal du continent" alerte l’eurodéputée franco-grecque Chrysoula Zacharopoulou (Renew, libéraux). En moins de 20 ans, la valeur des échanges commerciaux entre Pékin et l’Afrique a été multipliée par vingt (de 8 à 178 milliards d’euros) dans le cadre du plan d’investissement chinois des "Nouvelles routes de la soie". 

En amont du sommet entre l’Union européenne et l’Union africaine, organisé le 16 et 17 février, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a présenté aux eurodéputés la position de l’Union sur l’avenir des relations entre les deux régions. L’objectif: faire en sorte que l'UE regagne sa place en Afrique.

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Josep Borrell, Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, face aux eurodéputés. ©European Union 2022 - Source : EP

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L’eurodéputée Gwendoline Delbos-Corfield (Les Verts/ALE, écologistes) critique l’inaction de la Commission européenne face aux violations de l’État de droit en Pologne et en Hongrie. ©European Union 2022 - Source : EP

État de droit : le Parlement européen attend une réponse ferme de la Commission envers la Pologne et la Hongrie

Comment la Banque centrale européenne fonctionne-t-elle ?

©European Central Bank - YouTube

La BCE, dont la mission principale réside dans le maintien de la stabilité des prix dans l’Union européenne, se veut rassurante: “Les conditions de la demande dans la zone euro ne présentent pas les mêmes signes de surchauffe que ceux observés dans d'autres grandes économies, ce qui laisse espérer un retour vers l’objectif de 2% d’inflation vers 2023.” Jugeant temporaire l’augmentation des prix, pas question à ce stade pour la Banque centrale basée à Francfort d’augmenter ses taux directeurs, taux d’intérêt des prêts qu’elle accorde aux banques commerciales du continent pour répondre à leurs besoins en liquidités. Ces taux sont un levier fondamental des banques centrales pour juguler l'inflation en limitant le recours à l'emprunt.

Mais l’institution présidée par Christine Lagarde fait figure de cas isolé. Londres a déjà relevé deux fois ses taux directeurs et Washington prévoit une augmentation de ses taux mi-mars. Si la plupart des parlementaires soutiennent la position de la BCE, certains d’entre eux se montrent méfiants. “L’inflation ne va pas disparaître comme par magie!”, avertit l’Allemand Engin Eroglu du groupe libéral Renew. “Il faut une action immédiate et augmenter les taux d’intérêt pour éviter une escalade des attentes.”, tranche quant à lui le Belge Johan Van Overtveldt (CRE, nationalistes).

En complément de taux directeurs historiquement bas, l’institution monétaire conjugue sa politique monétaire depuis mars 2020 avec le Programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP), une politique temporaire d’achat d’obligations sur les marchés financiers créée spécialement pour faire face à la crise du coronavirus. Cette mesure d’un montant de 1 850 milliards d’euros permet aux entreprises, aux pouvoirs publics et aux ménages d’emprunter à des coûts plus faibles. Alors que Francfort s’est engagée à mettre un terme à ses achats d’actifs d’ici fin mars 2022, certains parlementaires demandent la prolongation de ce programme d’urgence. “Le PEPP doit rester en place autant que nécessaire”, soutient l’eurodéputé grec Dimitrios Papadimoulis (GUE, gauche radicale), rapporteur principal d’un rapport sur les activités de la BCE. “Nous prendrons les bonnes mesures au bon moment”, tempère Madame Lagarde, qui semble ouvrir la porte à l’adoption d’un nouveau calendrier.

« Une politique économique plus verte et respectueuse »

Au travers de l’inflation, c’est aussi la question de l’écologie qui s’est immiscée dans les débats. La récente hausse des prix de l’énergie faisait craindre à de nombreux députés un ralentissement des investissements dans la transition écologique, bousculant de fait la promesse de Francfort. En juillet dernier, la BCE s’engageait dans une politique monétaire plus verte pour emboîter le pas au Pacte Vert, qui projette de réduire les émissions de gaz à effet de serre en Europe de 55% d’ici 2030 par rapport à 1990.

Christine Lagarde ne prévoit aucun changement de cap. Elle a ainsi réaffirmé sa promesse “d’une politique économique plus verte et respectueuse”. Un engagement salué par la plupart des députés européens. “La BCE peut jouer ce rôle et contribuer à protéger le climat”, assure l’eurodéputée écologiste allemande Henrike Hahn. Certains élus, minoritaires, sont plus sceptiques. “Il faut reconsidérer le risque climatique face à la pandémie et l’inflation qui ont ralenti la transition écologique”, martèle le député identitaire italien Valentino Grant.

La Banque centrale publiera en mars ses nouvelles projections économiques. Elle sera particulièrement attentive aux prix de l’énergie, se disant prête à ajuster sa politique monétaire afin d’assurer la stabilité des prix.

 

Liza FOESSER-ECKERT et Louison LEROY

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