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« Qui de mieux que l’Europe pour défendre l’Europe ? » Valérie Hayer, présidente du groupe Renew (libéraux), interpelle les eurodéputés mercredi 28 février au Parlement européen. Les parlementaires veulent renforcer l’actuelle Politique européenne de sécurité et de défense (PESC). Ils soulignent l’urgence pour l’Union européenne (UE) d’être à la hauteur des pressions géopolitiques actuelles et de se tenir prêt à faire face à la guerre.

Les États membres ont désormais deux ans pour soumettre leur plan d’action en matière de restauration de la nature à la Commission européenne. Celle-ci évaluera ces programmes et supervisera leur application. Une fois validés, ils seront transposés dans le droit national de chaque État.

Athénaïs Cornette et Liza Hervy-Marquer

Certains eurodéputés craignent néanmoins une dérive autoritaire. « L’identité numérique peut nous faire glisser vers un autre modèle de société », s’inquiète Virginie Joron (ID, extrême-droite). Romana Jerkoviç (S&D, sociaux-démocrates) rassure : « Il n’est pas possible de suivre le comportement de l’utilisateur du portefeuille et les différentes opérations réalisées par le biais de ce portefeuille ».

Pour les partisans de la loi, cette victoire est donc teintée d’amertume. Si elle se félicite de son adoption, l'eurodéputée Jutta Paulus (Les Verts, écologistes) alerte sur les limites des ajouts impulsés par la droite parlementaire. Elle s'inquiète particulièrement des répercussions de l’article 22. Celui-ci permet aux États de réclamer une dérogation en cas de « circonstances économiques exceptionnelles ». Sa formulation reste floue et laisse une large marge d'interprétation. « Le risque, c'est que les États abusent de cette flexibilité et trouvent des raisons de ne pas produire les résultats attendus. »

Une loi qui ne met personne d'accord

Mais pour certains eurodéputés de droite, ce n’est pas suffisant. « Ce vote est le résultat d'une vision totalement hors-sol, déconnectée des réalités vécues par les agriculteurs et agricultrices. Les eurodéputés de gauche, les Verts et les macronistes leur répondent par plus de normes et de complexité », a déclaré l’eurodéputée française Anne Sander (PPE, droite). À l’inverse, Camille Bourguin, militante de Friends of the Earth Europe, estime que le PPE ne fait que « suivre les arguments des gros lobbies industriels, qui ne représentent pas les agriculteurs », avant de poursuivre en affirmant que « les agriculteurs, eux, veulent bien de cette transition ».

En adoptant cette résolution, le Parlement affiche son soutien à Ioulia Navalnaïa et à la société civile opprimée de Russie. À la veille des funérailles d'Alexeï Navalny prévues vendredi à Moscou, l’Europe appelle le Kremlin à « ne pas entraver les efforts » de la famille « pour organiser ses funérailles dans la dignité ».

Dans un régime qui réprime toute dissidence, la protection des opposants politiques doit être assurée. Comme beaucoup d’autres, l’eurodéputée Anna Fotyga (ECR, conservateurs) demande « la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques en Russie ». En 2024, ils étaient plus de 600 selon le groupe de défense des droits de l’homme Mémorial. Beaucoup d’autres mettent leur vie en péril pour lutter de l’intérieur pour la démocratie : citoyens engagés, journalistes indépendants, avocats et autres défenseurs des droits humains. Les parlementaires exhortent l’Union européenne à les aider davantage. « Des ONG russes bénéficient de l’aide de l'Union, le décès de Navalny nous pousse à poursuivre cette aide essentielle », rappelle la commissaire européenne Kadri Simson. Pour les opposants qui se voient obligés de quitter la Russie, la résolution prévoit de faciliter les conditions d’accueil, à travers un accès simplifié aux visas humanitaires et la possibilité d’enregistrer des organisations ou d’ouvrir des comptes bancaires au sein de l’Union.

L’augmentation du taux directeur, qui est passé à 4% en septembre dernier, inquiète aussi. Il accroît en effet l’endettement des particuliers et accentue les inégalités. « Les familles continuent à rencontrer de grandes difficultés pour honorer leurs emprunts, notamment hypothécaires, et attendent des signes clairs d'un allègement budgétaire », s’est alarmée l’eurodéputée portugaise Lídia Pereira (PPE, droite). Malgré cela, Christine Lagarde a annoncé qu’il serait maintenu pour les mois à venir.

Liza Hervy-Marquer

 

L’autre point négocié est celui d’axer la loi « sur les moyens et non pas sur les résultats », pour reprendre les mots de César Luena (S&D, sociaux-démocrates). L’objectif est de valoriser les projets allant dans le sens d’une protection et d’une restauration de la nature sans pénaliser les États en cas d’échec. L’eurodéputé espagnol a d’ailleurs assuré que la mise en œuvre de ces objectifs se fera avec la participation de tous les secteurs concernés, entre autres pour respecter les besoins du secteur primaire.

Pour une fois dans sa position commune, le Parlement ne joue plus sur les mots. Dans la résolution votée à une large majorité (506 pour, 9 contre et 32 abstentions),  il qualifie le système politique en Russie de régime autoritaire consolidé, qui concentre l’ensemble du pouvoir entre les mains de Vladimir Poutine. C’est une réponse directe aux propos de Ioulia Navalnaïa. Les parlementaires poussent la Commission européenne à envisager des sanctions contre les personnes présentes sur la liste de la Fondation anti-corruption d’Alexeï Navalny. De la répression interne jusqu’à la guerre en Ukraine, elles sont considérées comme complices des agissements de Poutine. Le Parlement affirme aussi l’illégitimité des élections présidentielles russes prévues le 17 mars prochain.

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