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Le bus de la démocratie locale peinait à attirer du monde jeudi, place d'Ostwald. (Crédit photo : Marjorie Lenhardt/CUEJ)
Après Neudorf, le bus de la Démocratie locale des équipes municipales a fait un arrêt ce jeudi matin, jour de marché, à la Montagne Verte, place d'Ostwald. La démarche : informer et faire participer les quelques habitants du quartier au projet du parc naturel urbain (PNU) qui concerne l'Elsau, la Montagne Verte et Koenigshoffen (télécharger le plan ici). A travers un jeu, des questionnaires et des panneaux, la chargée de mission du PNU, Alexandra Wilhelm, présentait le projet.
En 2008, le député Armand Jung sort des tiroirs un projet qui date de 1996 intitulé « plan vert ». Ce dernier prévoit la création de grands parcs naturels urbains le long de la Bruche et de l'Ill. La Ville a finalement resserré le plan sur la zone Ouest de Strasbourg. L'objectif du parc naturel urbain est de créer une articulation entre nature et ville, ce qu'explique le directeur de proximité du secteur, Rémy Berthier.
L'association PNU, créée en 2008, et l'organisme CAUE 67 (Conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement) déplorent que ce parc ne se concentre que sur trois quartiers. Théo Trautmann, le président du comité scientifique et technique de l'association PNU, estime que « la Ville met l'accent sur les loisirs au détriment des milieux naturels ».
Concernant la charte que la municipalité veut mettre en place pour ce PNU, Sébastien Koch, chargé de mission au CAUE, est sceptique : « Ce sera un document fumeux. Il ne faut pas rêver, la CUS ne va pas écrire des choses qu'elle ne voudra pas. » Le bus de concertation n'a pas attiré foule cette fois. Près d'une douzaine de questionnaires ont été remplis en une matinée. Pour Valentin Ossenbrunner, habitant de Lingolsheim, qui a été consulté, le PNU ne présente rien de vraiment nouveau.
Un budget de cinq millions d'euros devrait être alloué au PNU. La concertation avec les habitants doit se poursuivre. Prochaine étape pour le bus de la Démocratie locale : samedi matin 15 octobre, rue Watteau à l'Elsau.
Marjorie Lenhardt et Marine Daviller
A l'entrée de la rue de l'Aéropostale, 50 pavillons sortent de terre. C'est la première phase de l'opération de réaménagement des terrains du Polygone débutée en 2010. Elle prévoit de reloger les 150 ménages de gens du voyage sédentarisés au 45 de la rue depuis les années 60, où ils ne payaient pas de loyer.
En attendant la fin des constructions, les résidants de la première tranche sont relogés, depuis un an, dans un espace provisoire aménagé avec des mobil'homes. Scania y vit avec ses deux enfants et sa grand-mère. Maintenant que le gros œuvre est terminé, les interrogations se multiplient. Pour Scania et sa famille, les futures maisons ne sont pas bien conçues.
Plusieurs foyers assurent déjà qu'ils ne prendront pas les maisons. Il n'y a pas de contrat obligeant les familles à accepter le logement. « Mais à travers le recensement, 150 familles se sont engagées », explique Grégory Leloup chargé de communication à Domial, l'entreprise qui assure la maîtrise d'ouvrage du projet. « S'il y a des refus, c'est la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) qui étudiera les possibilités. »
Pour l'instant, il n'a connaissance d'aucun désistement. Une étude sociale a été menée il y a cinq ans par la CUS pour intégrer les habitudes de vie des gens du voyage dans la conception des habitats. « Par exemple, la pièce de séjour est très grande et les chambres ont toutes une porte qui donne sur l'extérieur », décrit Grégory Leloup. « Nous les avons questionnés pour répondre à leurs attentes. Normalement, il ne devrait pas y avoir de surprise. » Sur les 150 maisons, 26 parcelles sont prévues pour accueillir des caravanes. Ce chiffre correspond à ceux qui souhaitaient conserver la leur, lors de la réalisation du recensement.
Le premier logement doit être livré en juin 2012. Le terrain des mobil'homes accueillera les familles au fur et à mesure de la destruction des anciens campements jusqu'en 2018. Ensuite, il sera rendu à la CUS qui prête le terrain. Pour l'instant, aucun projet n'est prévu.
Marion Garreau et Thomas Richard
Ce jeudi matin, le Secours populaire de Strasbourg organisait une vente au centre socio-culturel du Neuhof. Les habitants du quartier ont pu acquérir vêtements, jouets ou produits alimentaires pour quelques euros seulement.
Marion Garreau
Tous les jeudis de 14h à 16h, le centre socio-culturel du Neuhof aide les habitants du quartier à rédiger leur CV et leur lettre de motivation. En partenariat avec la mission locale pour l'emploi, l'association la Maison des potes et la Jeunes équipes d'éducation populaire (JEEP), l'initiative a été lancée en mai 2011, pour douze séances. Elles ont repris le 29 septembre. Ce jeudi 13 octobre, seules deux personnes sont venues chercher cette aide rédactionnelle.
Trois à quatre personnes viennent habituellement aux séances. Pour les organisateurs, il faut du temps pour que le bouche à oreille fonctionne. L'opération est donc maintenue jusqu'au mois de décembre. Un bilan sera alors dressé pour la poursuite de cette aide à l'écriture de CV.
Marion Garreau et Thomas Richard

L'atelier de découverte d'œuvres d'art est ouvert à tous les publics. (photo : François Régnier)
Observer, réfléchir et échanger autour d'une ou plusieurs œuvres d'art. C'est ce que propose l'atelier «Regards» au cours du premier rendez-vous de ce genre depuis l'ouverture de l'artothèque, en novembre 2010. Thème retenu pour ce samedi: le paysage. Ces ateliers devraient avoir lieu tous les deux mois, entrecoupés par des rencontres avec un artiste. La prochaine aura lieu avec Michael Woolworth (imprimeur et éditeur d'art), le samedi 21 octobre à 15h.
«Regards». Samedi 15 octobre, 11h. Tout public. Médiathèque de Neudorf: salle d’animation – Artothèque. Sur inscription au 03.88.41.45.00 ou à la médiathèque. Découvrez également le programme des médiathèques et bibliothèques de Strasbourg en octobre 2011.
A découvrir bientôt sur ce blog, "Un an après l'ouverte de l'artothèque: quel bilan? quelles perspectives?"
François Régnier

Le linge des habitants cohabite avec les installations du chantier.
(Photo Renaud Février)
Le long du chemin de Doernelbruck, à l'ouest de la Robertsau, grue, bétonneuse et camionnettes occupent les lieux. Aux abords du numéro 10, des habitants ont déjà pris leurs quartiers. Voilà plusieurs mois qu'ils partagent leur quotidien avec les ouvriers.
« Le pire, c'est l'accès à l'immeuble. Ils ont mis des barrières pour qu'on ne soit pas trop gênés par les travaux d'en face. Désormais, on a à peine la place de marcher. L'immeuble d'en face ne sera terminé qu'en décembre, et ils ne feront la route qu'après ! », s'agace une propriétaire. Par temps de pluie, les nouveaux arrivants sont forcés d'emprunter un chemin boueux et en pente.
A l'intérieur, les appartements sont presque terminés. Mais les parties communes, elles, ne sont toujours pas achevées. « On a emménagé le 9 août. Ils nous ont assurés que les travaux seraient terminés dans les quinze jours... mais ils n'ont poncé le béton que la semaine dernière ! Il y avait de la poussière partout, même dans l'appartement! », poursuit la riveraine. Conséquences, les habitants doivent composer avec une ambiance sonore pour le moins envahissante.
« La moquette devait être posée aujourd'hui et il n'y a toujours rien, on n'a pas de compteurs d'eau et certains garages ne sont pas automatisés, liste un voisin quelque peu fataliste. Pire, pour les poubelles il faut aller les déposer au bout de la rue ».
« Je ne veux pas non plus trop me plaindre, poursuit le propriétaire. Mon appartement est magnifique. C'est un duplex très lumineux avec 120m2 de terrasse ». Malheureusement, la vue sur le chantier d'en face - où s'étalent planches de bois, plastiques abandonnés et matériel - gâche quelque peu ce privilège. « C'est la gestion de l'ensemble du chantier, qui manque vraiment de cohérence. Mais à la Robertsau, il y a tellement de demandes qu'on achète sur plan. Les promoteurs sont en position de force... »
Outre le chemin de Doernelbruck, l'urbanisation du quartier passe également par des travaux rue des Jardiniers, la rue Mélanie ou la rue de l'Angle. La Communauté urbaine de Strasbourg avait, pour sa part, annoncé la construction dans le quartier de près de 500 nouveaux logements sociaux d'ici 2015. A la Robertsau, il va falloir apprendre à vivre au rythme des travaux.
Renaud Février / Fabien Piégay

Les enfants découvrent la magie de la chimie de manière ludique. (photo: Le Vaisseau/Cyril Hanebna)
Dans le cadre du 20ème anniversaire de la fête de la science, le Vaisseau rend hommage à la chimie et aux mathématiques. Plusieurs ateliers destinés aux enfants et adolescents de 3 à 15 ans permettront aux plus jeunes de découvrir manipulations, démonstrations et expériences scientifiques. Ils pourront ainsi découvrir les secrets du boomerang, tenter de reproduire l'odeur d'un épice comme la cannelle, pêcher un glaçon avec un grain de sel ou encore produire de l'électricité grâce à un légume.
Informations pratiques :
Du vendredi 14 octobre au dimanche 16 octobre de 10h à 18h
Entrée libre et gratuite (hors groupes scolaires)
Le Vaisseau, 1 bis rue Philippe Dollinger Strasbourg 03 88 44 65 65
Plus d'informations sur le site du Vaisseau.
Jessica Trochet
Pour agrandir, cliquez ici
Les habitants des rues des Foulons, des Corroyeurs et des Coudreuses sont agacés de voir leurs rues étroites, situées à proximité de la sortie d'autoroute, devenir le parking-relais de la station de tramway Montagne-Verte.

Rue des Foulons, impossible de se déplacer sur les trottoirs (Photo : Cuej - S.C.)
Des problèmes de stationnement, on en trouve dans tous les quartiers. Mais pour les habitants de ces trois petites rues de la Montagne Verte, le problème s'éternise et il ne sera que partiellement résolu avec le réaménagement de la voirie prévu en 2013. Face aux tracasseries dans leur vie quotidienne, certains riverains vont jusqu'à évoquer « des conditions de vie inhumaines ».
Les alentours de la station de tramway Montagne Verte ne permettent pas aux automobilistes qui arrivent de l'A35 le matin de se garer pour aller travailler. Ils n'ont que ces trois charmantes rues pour le faire, surtout depuis que le parking de la Laiterie (l'arrêt de tramway suivant vers le centre-ville) est devenu payant et que le traffic se reporte sur le quartier.

L'entrée du quartier. Au bout de cette rue, la station de tramway Montagne Verte (Photo : Cuej - S.C.)
Les immeubles cossus n'offrent déjà pas à leurs occupants de garages privatifs et, entre véhicules des résidents et ceux des usagers de la CTS, plus un trottoir n'est disponible. Il est ainsi impossible pour deux voitures de se croiser. Les parents qui accompagnent leurs enfants à l'école maternelle Louise-Scheppler au bout de la rue des Foulons, se retrouvent sur la chaussée.

Rue des Foulons à l'heure où les enfants rentrent de l'école (Photo : Cuej - S.C.)
Un plan de rénovation du quartier doit démarrer en 2013. La tolérance qui était de mise pour le stationnement sur les trottoirs (où il est déjà interdit de se garer), ne sera plus que de l'histoire ancienne. Pour compenser ce manque de places, des parkings seront aménagés autour des rues. Mais de nombreux habitants font remarquer que le problème ne sera que déplacé : ils n'auront pas plus de places pour se garer. Les riverains souhaitent aller plus loin : rendre ces futurs parkings payants pour inciter les automobilistes à se garer ailleurs, quitte à faire payer aux habitants du quartier un abonnement de stationnement.
Simon Castel
Au 5, rue Delacroix, à deux pas de l'arrêt de tram Elsau, la Cité Relais. Ce centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) accueille des gens brisés par la vie: des personnes SDF, toxicomanes, sortant d'hôpitaux psychiatriques ou de prison, des réfugiés... Là, ils ont un toit, et de l'aide pour rebondir: se réhabituer à la vie, réapprendre à travailler, trouver un logement et un emploi.
Durant la lecture de cet article, vous pouvez écouter le chant mélancolique de Pedro, qui avant d'atterrir à la Cité Relais, vivait de sa musique, en parcourant l'Europe.
La Cité Relais se compose d'un bâtiment blanc, cubique, posé sur un carré de pelouse à l'entrée du quartier de l'Elsau, à Strasbourg. Quarante-deux personnes vivent sur son perron, dans ses chambres, son hall, sa cuisine. Le jour durant, il faut y ajouter les éducateurs, la directrice, l'infirmière. La journée est rythmée par des moments d'activités le matin, et des moments de calme pour ceux qui ne travaillent pas.

Le perron est l'endroit favori des résidents, où tout le monde se rassemble
pour fumer en observant le monde extérieur. (Photo CUEJ - Elsa Sabado)
8h30: Les ateliers d'adaptation à la vie active commencent. Roland et Kevin, d'anciens toxicomanes, préparent les repas de la journée avec Ludovic, ancien cuistot devenu éducateur. Au son de la radio, ils pétrissent, coupent, mélangent... Eddy, 21 ans, tond la pelouse. «Je n'arrive pas à trouver d'emploi parce que je suis schizophrène», explique-t-il : il attend désespérement d'être classé travailleur handicapé pour recevoir une petite pension. «Les ateliers sont surtout là pour leur apprendre un savoir être: se lever à 8h, se laver...», affirme Ludovic.
Laetitia anime l'atelier espaces verts et maintenance. Valoriser les compétences des résidents, c'est son but. «C'est plutôt chouette de voir leur satisfaction lorsqu'ils amènent les légumes du potager à la cuisine. Pour la maintenance, c'est même un rapport d'égalité, d'apprentissage mutuel que nous entretenons.» Les éducateurs suivent quelques résidents quatre heures d'affilée, «ce que nous ne pourrions pas faire dans d'autres cadres. Cela nous permet de voir qui est réellement employable», continue Laetitia.

Les nouveaux marmitons reprennent conscience de leurs sens. (Photo Elsa Sabado)
10h: C'est la pause. Les résidents affluent vers le perron. Ludovic, l'éducateur, s'isole et vide son sac. Il part en décembre pour Mayotte, après quinze ans de bons et loyaux services. «Je n'en peux plus, il faut que je change d'air. Les adultes, c'est très enrichissant mais c'est usant. Il faut sans cesse deviner les entourloupes et les esquiver. Ici, c'est un concentré d'humain, du meilleur comme du pire. Mon plus grand regret? N'avoir pas écrit sur les rencontres que j'ai faites ici.» En 2000, il avait monté un chantier d'insertion: les résidents devaient retaper des appartements. «La paperasse m'a agacé. La pression sur la production m'a dégouté. Les structures ont de moins en moins de subventions. Pour survivre, elles doivent développer ces entreprises qui n'ont d'insertion que le nom et où les salaires sont bien inférieurs à la moyenne.»

Les chantiers d'insertion se sont développés. «Cela répond à une exigence financière plus qu'à une exigence d'insertion», selon Ludovic. (Photo Elsa Sabado)
12h: D'anciens résidents viennent déjeuner à la Cité Relais, parce qu'on y pratique des prix « honorables ». L'ambiance est calme, les discussions rares. Les langues se délient au moment du café, sur le perron. Rédouane a quitté son pays en 2008. Ancien cadre, il raconte. «Ici, j'ai rencontré des braqueurs, à qui j'aurais donné le bon dieu sans confession». Il parle aussi les tensions autour de l'argent, du mélange «explosif» des cultures et des religions. «J'ai été vivement interpellé par des résidents parce que je ne faisais pas le ramadan», se souvient-il.

Juan (à droite sur la photo) est arrivé à la Cité Relais après une opération des hanches qui l'empêche d'exercer son activité de soudeur. Loulette, lui, a fait le tour de France avant d'arriver en Alsace. (Photo Elsa Sabado)
14h : L'après midi est consacré aux entretiens entre éducateurs et résidents. Maurice est le conseiller à l'emploi. Sa méthode, la franchise, même quand c'est rude. La difficulté étant de rendre les gens acteurs de leur recherche d'emploi. Son atout: un carnet d'adresses bien rempli, qu'il actualise sans cesse. Pour trouver des postes aux accidentés de la vie, il frappe aux portes des plus grands hôtels. Il connait les parcours et compétences de ses protégés sur le bout des doigts. Dix sont placés en CDD de plus de six mois ou en formation, 11 sont en intérim. «Ce qui l'inquiète, c'est le nombre grandissant de gens sur-diplômés qui atterrissent à la Cité Relais.»
Pendant ce temps dans le bureau d'à côté, Florence cherche un logement pour préparer la sortie de résidents, démarche les bailleurs sociaux. «La nouvelle politique vis à vis des précaires se nomme «Logement d'abord». Le principe: donner des logements aux SDF pour qu'il n'y en ait plus. C'est oublier les autres problématiques: la question de la drogue, de l'autonomie... Depuis 2009, les subventions de l'Etat à la Cité Relais ont chuté de 100 000 euros, soit deux temps pleins et demi en moins, dont une psychologue», explique Agnès Geoffroy, la directrice.

Maurice fait partager ses contacts, mais les aide aussi à rédiger leurs lettres de motivation et leurs CV. (Photo Elsa Sabado)
18h: Les résidents qui travaillent reviennent. Puis, c'est l'heure du repas: le menu est le même que celui de midi. Loulette, Rédouane et Pedro, un exilé chilien, musicien se retrouvent pour chanter autour d'une guitare. Bob Dylan, version kabyle clôturera la soirée.

Le soir, ceux qui bénéficient d'appartements annexes viennent partager des moments avec leurs anciens compagnons de chambrée. (Photo Elsa Sabado)
Grâce à cette frise chronologique, suivez une journée, heure par heure, de la Cité Relais. Cliquez sur les photos pour obtenir des informations supplémentaires.