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Une structure unique pour l'association

Pour l'heure, la construction d'une aile supplémentaire se termine. Cette extension regroupera l'accueil de jour et le centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), dédié à une prise en charge sur le moyen terme, avec un accompagnement social global. « Ce sont deux activités issues du projet initial de Femmes de Paroles », précise Régine Kessouri. Un lieu de rencontre et de discussion avec les travailleurs sociaux pour assurer un accompagnement personnalisé.

 

Au rez-de-chaussée de l'ancien bâtiment de la rue de l'Abbé-Lemire, ouvrira une micro-crèche destinée à un public en situation précaire (actuellement située rue de la Iere armée). Elle pourra accueillir une dizaine d'enfants. A l'étage, quatre logements viendront compléter l'offre du CHRS.

 

Ainsi, avec les nouveaux locaux rue de l'Abbé-Lemire, l'association regroupe en un même lieu toutes les activités auparavant dispersées dans la ville. Le tout pour un coût de 2,3 millions d'euros.

 

Hélène Deplanque

L’adaptation au cinéma de l’autobiographie du rappeur originaire du Neuhof, Abd Al Malik, intitulée Qu’Allah bénisse la France, sortira en salles en fin d’année. Un condensé en noir et blanc des histoires de son quartier, évoquées dans les textes de ses albums solos. Le Neuhof sous la plume de Régis Fayette-Mikano, alias Abd Al Malik.

« Je suis aveuglé par des murailles de tours, je me dis, il ne peut rien y avoir derrière ces remparts » (La gravité, album Gibraltar). Difficulté à sortir du quartier, à se projeter en-dehors des barres d'immeuble : cettte réalité, que partage nombre de jeunes du Neuhof, Abd Al Malik la raconte en musique depuis plus de quinze ans. Il l'a également retranscrite dans son autobiographie Qu’Allah bénisse la France, adaptée au cinéma cette année (sortie prévue le 10 décembre 2014). Grâce à ses résultats scolaires, lui a pu s’en sortir. Il n’a pas effectué sa scolarité comme les autres jeunes du Neuhof. Il a été envoyé dans des établissements privés, le collège Sainte-Anne à Neudorf, puis le lycée Notre-Dame- des-Mineurs, dans le quartier de la Gare. Un parcours néanmoins semé d’embûches. Le week-end, il retournait « travailler » dans son quartier : deal de shit et vols en tout genre. « J’étais voleur, et avant d’aller voler, je priais (…), je demandais à Dieu de ne pas me faire attraper (…) qu’à la fin de la journée, le liquide déborde de mes poches » (Les autres, Gibraltar). 

Toujours, au pied des tours, la tentation de l’argent facile : flamber plutôt que travailler. Le rappeur reste tiraillé entre deux mondes, entre études et économie parallèle. Une dichotomie qui le poursuivra jusqu’à l’âge adulte. Plus tard, après avoir embrassé l’Islam, ce sera la question de ce qui est licite (hallal), de ce qui ne l’est pas (haram) et donc de la place du rap dans cette opposition. Et même sur sa première vision de l’Islam, vision répandue dans le quartier, il porte un regard critique, la juge réductrice. « Du jour au lendemain j’ai viré prêcheur, promettant des flammes aux pécheurs, des femmes aux bons adorateurs (…) je continuais ma parodie, mon escroquerie spirituelle » (Les autres, Gibraltar). Son autobiographie, il a choisi de la filmer en noir et blanc. Peut-être une façon d’illustrer les contradictions d’Abd Al Malik, le nom qu’il a choisi au moment de sa conversion.

Parmi ses camarades d’infortune, beaucoup ne sont plus là. Adolescent il a vu « le destin nous descendre un par un, morts par overdoses, par armes à feu, par arme blanche ou par pendaison » (Soldat de plomb, Gibraltar). L’arrivée de l’héroïne dans les années 80 a marqué l’esprit de Régis Fayette-Mikano. À l’époque, l’icône s’appelait Tony Montana, le héros du film de Brian de Palma, Scarface. Elle a succédé à l’ennemi public numéro 1, Jacques Mesrine. « Il connaît toutes les répliques du film Scarface (…) il vend de la CC [cocaïne], il joue les barons, le duc de la cité » (Roméo et Juliette, Dante). Comme son idole, la jeunesse du quartier n’en ressort pas indemne. « Nous étions dans cette cave, et tout notre escadron s’est mis à sniffer de la came (…) des copines que j’avais connues belles, s’étaient changées en loques humaines, à cause de l’héroïne qu’elles s’étaient injectées dans les veines » (Soldat de Plomb, Gibraltar). Une sorte de Paradis artificiel auquel le musicien n’a jamais voulu accéder. Avec la conscience des risques, mais par amour propre avant tout.

Difficile d’échapper à la tentation. Certains tentent de s'en sortir par le biais du verbe. Le rap ou la religion. Abd al Malik, comme son frère Bilal, a choisi les deux. La musique pour mettre des mots sur la réalité du quartier, et l’Islam, pour renaître. Avant sa carrière solo, Abd Al Malik a fait ses premières armes au sein du groupe NAP (New African Poets). Un moyen de parler des mauvais, mais aussi des bons côtés du quartier. Des repas familiaux avec les cousins du «bled» aux échanges entre communautés, en passant par les figures exemplaires, « maman qui nous a élevé toute seule, nous réveillait pour l’école » ou bien « le père de Majid, qui a travaillé toutes ces années de ses mains, dehors, sans jamais se plaindre » (C’est du lourd, Dante).

Même après une carrière de plus de vingt ans, qui l’a fait voyager aux Etats-Unis, comme au Maroc, Abd Al Malik reste « le gars de téci [cité], le mec de banlieue qui aurait pu finir shooté à l’héroïne, pendu dans une cellule ou rempli de colère, salissant la belle religion qu’est l’Islam, en ne pensant qu’à détruire » (HLM Tango, Dante).  

Bande annonce du film Qu'Allah bénisse la France

 

Alexis Boyer et Julien Pruvost

Parmi les immeubles qui ont poussé au Jardin des deux rives, une résidence senior a ouvert mi-juin. Seules sept habitants occupent pour l'instant les lieux qui pourront accueillir près de 200 personnes.

LEGENDE

Bordé par le Rhin, le jardin des Deux Rives et la route nationale qui mène au pont de l'Europe, la résidence des Deux Rives est une enclave moderne dans le quartier portuaire. En trois couleurs, sa façade raconte le statut de ses occupants : blanche pour les logements privés, brune pour les appartements aidés de la CUS et rouge coquelicot pour la résidence sénior. Dans cette dernière, qui a ouvert en juin, seuls sept des 113 appartements, du T1 au T3, sont aujourd'hui occupés. « Le quartier est tout neuf. On sait que son développement prendra du temps. Tout le monde le sait, y compris les gens qui vivent déjà dans la résidence. Les initiateurs du projet ont bien intégré cela quand ils ont fait le business plan », explique Sandrine Laboube, directrice de l'établissement au Port du Rhin.

844 euros pour un T1

Concept récent, la résidence sénior diffère de la maison de retraite. « Ici, les gens vivent en autonomie. Ce n'est pas un établissement médicalisé. Les habitants sont chez eux, ils reçoivent qui ils veulent, ils peuvent cuisiner ou partir en vacances comme ils veulent », souligne Sandrine Laboube. Mais ils sont entourés par le personnel d'accueil et d'assistance de 8 à 18 h qui s'occupent de l'administratif, du courrier, des rendez-vous chez le coiffeur... « La personne meuble son appartement, elle a ses clés, elle peut manger au restaurant de la résidence si elle le souhaite. Chaque semaine, on propose également des animations, des ateliers floraux et des jeux de mémoire par exemple, mais on n'impose rien. On fonctionne un peu comme une résidence hôtelière. » Pour un T1, il faut compter 844 euros par mois, pour la prestation de base. Celle-ci inclut un service d'alarme sécurité : les résidents portent un bracelet relié à une plateforme d'assistance en cas de chute. Les services à la personne – ménage, taxi, blanchisserie... – sont facturés en sus. 

La première habitante de l'immeuble, une dame de 84 ans d'origine allemande, apprécie l'ambiance de sa nouvelle maison, le personnel « sympathique » et la compagnie des autres habitants, même s'ils ne sont pas nombreux. Elle fréquente la piscine de l'immeuble chaque jour et suit aussi les cours de gymnastique une fois par semaine. « Mais c'est vrai que les magasins et la culture manquent dans ce quartier. J'adore aller au cinéma et aux concerts mais avec le bus et le changement au tram, c'est trop compliqué d'aller en ville », raconte-t-elle. Elle se réjouit de l'arrivée du tram d'ici deux ans. En attendant, elle se promène chaque jour dans le jardin des Deux Rives et se rend de temps en temps à Kehl pour y faire ses courses. 

Sandrine Laboube compte aussi sur le tram et les magasins pour augmenter la population du quartier. Et remplir tous les logements du bâtiment rouge coquelicot.

Anika Maldacker

L'association Cadr 67 propose désormais des nouveaux cours de vélo à l'Elsau. Des cours qui s'adressent essentiellement aux adultes en insertion. Un moyen, pour les bénéficiaires, de gagner en autonomie et en confiance en eux.  Un apprentissage en vingt séances encadrées par un moniteur breveté d'Etat. 

Montage: Alexandra Zevallos-Ortiz
Photos: Luana Sarmini-Buonaccorsi

Inauguré en février 2013, le service de placement transfrontalier de Kehl fait office de passerelle entre les demandeurs d'emplois et les entreprises des deux pays. Et de nombreux français tentent leur chance, en dépit des difficultés.

 

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A Kehl, l'Agentur für Arbeit, le Pôle Emploi allemand, abrite dans ses locaux le service de placement transfrontalier. Photo M. I

 

Le Service de placement transfrontalier de Kehl, hébergé dans les locaux du Bundesagentur für Arbeit, le Pôle Emploi allemand, est devenu en un an et demi le passage obligé pour les chômeurs français désireux de s'établir en Allemagne. Si le service s'adresse aux Français comme aux Allemands, ces premiers sont très largement majoritaires : « 95% des candidats sont des Français ou des résidents français qui souhaitent travailler en Allemagne ». Selon elle, ce n'est pas étonnant : « Dans la région de l'Ortenau (arrière-pays de Kehl), seulement 4% des gens sont au chômage, contre 10 % en Alsace ».

 

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Anne François, coordinatrice du service transfrontalier. Photo Anika Maldacker

 

Des demandeurs d'emploi mieux encadrés qu'en France

 

Quatre conseillers, deux Français et deux Allemands, encadrent les 500 candidats à l'embauche qui défilent chaque année. « Pour 2014, le but est de placer 100 demandeurs d'emploi sur le marché du travail. Nous en sommes déjà à 75, l'objectif devrait donc être atteint pour cette année », se réjouit Anne François.

 

Kassem, 29 ans en recherche d'emploi dans la région, évoque « l'efficacité » de la structure transfrontalière : « Ma conseillère m'appelle quatre ou cinq fois par moisJ'ai cherché à Strasbourg pendant près d'un an. J'ai des diplômes et de l'expérience mais pendant 9 ou 10 mois, le Pôle Emploi ne m'a envoyé aucune offre. Le mode de fonctionnement est bien plus efficace ici, on m'aide au maximum alors qu'en France, rien. »

 

Mais pour Anne François, il est difficile de renvoyer les deux structures dos à dos. Avant de venir à Kehl, elle a longtemps travaillé à Pôle Emploi en France.  « Kehl, c'est un service privilégié, le nombre de candidat est réduit. On a plus d'efficacité car les chiffres ne sont pas les mêmes. Mon portefeuille de suivi est de 40 personnes et mes collègues en ont une grosse centaine chacune. A Strasbourg en revanche, les conseillers doivent orienter 250 personnes en moyenne, gèrent l'accueil et effectuent des journées d'information aux demandeurs d'emplois. Le travail est incomparable. »

 

Maîtriser l'allemand : compétence incontournable

 

A l'image du reste de l'Allemagne, le district de l'Ortenau est en recherche incessante de main d'oeuvre. « Les secteurs les plus porteurs sont le bâtiment, l'industrie, les transports et la logistique. Dans ces domaines-là, on a de bonnes chances de retrouver un emploi. En revanche, un bon niveau d'allemand sera demandé même si les compétences et les qualifications sont suffisantes. Un manutentionnaire devra pourvoir communiquer avec ses collègues, un cadre lire un contrat », précise Anne François.

 

La maîtrise de la langue allemande est un obstacle pour beaucoup de francophones qui tentent leur chance de ce côté du Rhin. Et ils sont nombreux à se casser les dents dès l'entretien avec la conseillère. Leur niveau, qu'ils croyaient bon, s'avère insuffisant. Hugues, 47 ans, en a fait l'expérience : « C'est mon premier rendez-vous et visiblement, il faut que je me remette à l'allemand. Mon niveau est un peu limite pour ce qui est demandé sur le marché de l'emploi. » 

 

 

Les Allemands se méfient du CAP

 

L'autre difficulté qu'ont les travailleurs français désirant s'établir en Allemagne est la réticence des employeurs à reconnaître les diplômes français. Les Allemands sont très attachés à la formation de leurs apprentis qui dure trois ans. Or, en France, les titulaires du CAP ne sont formés que pendant deux ans. Cette divergence soulève un problème de légitimité et de compétence outre-rhin.

 

« C'est ancré dans la mentalité allemande, ici, on forme les apprentis qui montent au sein de l'entreprise. C'est pas comme cela en France et les employeurs allemands sont méfiants à ce propos », détaille Anne François. Pour tenter de surmonter ces difficultés, le Service transfrontalier finance depuis peu au candidat un programme d'alternance en entreprise et en centre de formation pendant un an.

 

Mark Ionesco et Anita Maldacker

Cette semaine, une dizaine de bénévoles de l'école Graine de cirque ont monté un nouveau chapiteau en quatre jours. Il permettra d'étendre les activités de l'école dès sa mise en service, en novembre.

Maurane Speroni

 

Des riverains du quartier Gare s'inquiètent de la pollution générée par le trafic routier dans le secteur, sur l'A35 et les grands boulevards. Le 10 octobre prochain, l'Association des habitants du quartier Gare (AHQG) organise une réunion d'information sur la pollution atmosphérique. 

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Photo : Assata Frauhammer

Un flux incessant de voitures et de camions sous leurs fenêtres. Les habitants du quartier gare, qu'ils soient proches de l'A35, où à proximité directe du boulevard de Lyon et du boulevard de Nancy subissent tous les jours ou presque les conséquences de ce trafic routier. Si la plupart n'y font plus attention, d'autres s'inquiètent des dangers invisibles de cette pollution. Les membres de l'Association des habitants du quartier gare (AHQG) organisent le 10 octobre prochain une réunion d'information.

En 2013, Anne-Marie Victor, membre de l'association chargée de cette question, avait déjà alerté l'opinion publique sur les dangers de cette pollution qui cause 110 décès par an dans dans l'agglomération strasbourgeoise. Dans la revue du quartier,  Du côté de la gare, elle s'inquiètait alors : « Mon adjoint de quartier me l'a dit : "C'est le quartier le plus pollué de Strasbourg". Mon médecin aussi. Et fin mars 2013, nous avons subi une alerte aux particules. » Depuis, l'AHQG a interpellé les candidats aux dernières élections municipales sur le sujet, sans grande réussite : « Ce qui me choque c'est la façon dont les politiques traitent la question », déplore la riveraine.

Un quartier victime des axes routiers

 

Ci-dessus : les trois zones de vigilances établies par le Plan de protection de l'atmosphère

« Le quartier est plus exposé que d'autres », admet Emmanuel Rivière, directeur-adjoint de l'Association pour la surveillance et l'étude de la pollution atmosphérique (ASPA). Cet organisme mesure le phénomène au niveau de l'agglomération strasbourgeoise. Deux types de pollution sont particulièrement surveillés, celle aux particules fines et celle au dioxyde d'azote, liées – entre autre – à la circulation sur l'autoroute et les grands axes strasbourgeois. 

La station de mesure installée par l'ASPA le long de l'A35, à proximité directe du sud du quartier Gare, relève des dépassement des valeurs limites fixées en 2010 par la Commission européenne. Pour les particules fines, le seuil est fixé à 50 microgrammes (μg)  par m3 en moyenne journalière, à ne pas franchir plus de 35 jours par an. « En 2013, on dépasse ce seuil sur 77 jours », alerte Michaël Bertin, chargé de mission pour l'élaboration du Plan de protection de l'atmosphère (PPA) de Strasbourg. « C'est aujourd'hui la zone la plus polluée, mais aussi la plus densément peuplée près de l'A35. Car le carrefour de la porte de Schirmeck (NDLR : où est installée la station de mesure) génère énormément de trafic ». Il note toutefois que « la valeur moyenne annuelle pour le dioxyde d'azote a été respectée, à environ 30 µg/m³ », soit en en deça du seuil des 40 µg/m³ autorisés au niveau européen.

Le boulevard de Lyon et le boulevard de Nancy ne sont pas non plus étrangers à ce phénomène de pollution atmosphérique. En 2008, cette grande ligne droite voyait passer en moyenne plus de 21 700 véhicules par jour. Mais le quartier, pris en étau entre plusieurs axes routiers, subit également les nuisances des très fréquentées avenue des Vosges et route de Schirmeck – parmi les plus polluées de la ville en dioxyde d'azote.  

Pourtant, selon les études de terrain, le phénomène est en train de se résorber : « La pollution liée au trafic routier baisse depuis environ cinq ans », justifie Michaël Bertin. L'A35 a vu ainsi son trafic diminuer. Quelque 180 000 véhicules y circulaient il y a dix ans contre 160 000 actuellement. La politique de développement des transports en commun aide. Le trafic en entrée de ville a baissé de 18 % entre 2000 et 2012. 

Hélène Perrin

A consulter ci-dessous : le Plan de protection atmosphérique de l'agglomération strasbourgeoise

 

Pour la première fois, l'équipe féminine du Football club de la Montagne Verte intègre le championnat. Crampons aux pieds, les filles du quartier préparent leur premier match avec détermination.

« Mon rêve, c'était de monter une équipe de filles dans le clubJe voulais casser le tabou dans les quartiers.» Trois ans après, Mounir Boukhriss, éducateur sportif au Football club de la Montagne Verte, a atteint son objectif : depuis la rentrée, elles sont une dizaine de 15 à 17 ans à s'entraîner deux fois par semaine. Si certaines avaient déjà commencé l'année dernière, c'est la première fois qu'elles intègrent le championnat. Mercredi soir, c'était le troisième entraînement mené par Nisrine, éducatrice spécialisée : « C'est la première fois que je travaille avec des filles. J'appréhendais un peu... elles ont un certain caractère. Mais elles sont aussi motivées et déterminées que les garçons. » Une détermination qui leur sera nécessaire lors de leur premier match officiel.

Hélène Deplanque et Luana Sarmini-Buonaccorsi

EDIT : Suite à des problèmes administratifs, le match de samedi prévu contre Hohengoeft à été reporté à une date encore inconnue.

Personnage central d'un documentaire sorti cet été et consacré aux gens du voyage, Ringo, figure incontournable du Polygone, rêve désormais de passer derrière la caméra. A 47 ans, Jean-Claude Weiss, selon l'état civil, veut tourner aux Etats-Unis un film documentaire confrontant les modes de vie des tziganes américains et des Amérindiens.

 

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Jean-Claude Weiss, dit «Ringo». Photo: CUEJ - Manuel Fritsch

Une intervention à Harvard ou des rencontres avec les Indiens américains, Ringo a déjà tout planifié. Cette figure du Polygone s'est trouvée cet été au centre du deuxième film que Jean-Marie Fawer a consacré aux gens du voyage sédentarisés au Neuhof. A 47 ans, Jean-Claude Weiss, dit Ringo veut maintenant passer de l'autre côté de la caméra. Son idée: interroger et rapprocher les modes de vie des tribus amérindiennes et des tziganes américains. « Le voyage, les chevaux, les histoires et la musique au coin du feu: les Indiens sont à 80% comme nous manouches », explique-t-il. Des voyageurs dans l'âme.

Arrivé au Polygone à l’âge de 5 ans, Ringo et sa famille étaient loin d’être sédentarisés. « On a fait Strasbourg-Lourdes chaque année. Mais tout tranquillement en passant par Perpignan, par Nice ou par Marseille », se souvient-il. Le Polygone était un lieu de rencontres. Peu à peu, les gens ont décidé d’y rester. La famille de Ringo a été une des premières à s’arrêter sur le terrain, « sans jamais cesser le voyage », souligne Ringo. «  Si on veut partir, personne ne pourra nous en empêcher », assure-t-il.

Dans sa communauté, Ringo est à cheval entre deux générations. Son grand-père a encore connu le périple en roulotte, ses parents ont commencé à se sédentariser. Lui a connu les deux : la caravane et la maison, le français aussi bien que le manouche. « Les jeunes partent. Ils ne veulent plus parler la langue de nos ancêtres. Mais à un certain âge, ils reviennent et ils remarquent, qu’ils ne connaissent plus la langue, qu’ils ont perdu les liens à leur culture », se plaint Ringo. Il voudrait  ouvrir une école pour leur apprendre le manouche, pour transmettre les valeurs, qu’il estime en danger de disparition.

Une fois son documentaire bouclé, cet infatigable paraplégique, rêve « de faire la route 66 en chaise roulante ». Pour le moment, il cherche encore des sponsors, mais s’il veut partir, personne ne pourra l’en empêcher…

Manuel Fritsch

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