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Présentation : Sophie Guignon
Rédaction en chef : Florian Litzler

Au sommaire de cette édition :

  • Un accord de cessez le feu a été signé entre l'Ukraine et les séparatistes pro-Russes
  • Accueil mouvementé pour Bruno Gollnisch à l'Université de Strasbourg
  • Service Civique : comment ça marche ?

Le Parlement européen a adopté mercredi 11 février à main levée une résolution sur la gouvernance de l'Internet. Présentée par les sept groupes politiques, elle demande aux Nations Unies de renouveller le mandat du Forum sur la gouvernance de l'internet (FGI) et appelle à garantir un Internet libre et démocratique.

Le Forum, fondé en 2006 sous mandat de l'ONU, est un lieu de concertation internationale sur la gouvernance de l'Internet, c'est à dire sur la façon dont s'organise le développement du web. Il rassemble des représentants des gouvernements, d'organisations internationales, de la société civile et de l'industrie. Sa prochaine réunion aura lieu en novembre 2015 à Joao Pessoa au Brésil.

Le FGI, « priorité » de l'Union

Le Parlement considère que le FGI est une organisation précieuse, qui permet à tous les acteurs de l'Internet de discuter sur un pied d'égalité. Il se prononce en faveur du renouvellement de son mandat, qui se termine cette année, et d'une augmentation de ses ressources. La résolution fait du Forum une des « principales priorités » de l'Union et réclame que le Parlement y soit représenté par « une délégation de taille respectable ».

Lors du débat préliminaire du lundi 9 février, Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne chargé du marché unique numérique, et Pilar del Castillo Vera, au nom du PPE, ont tous deux exprimé leur inquiétude face à la volonté de certains États d'obtenir un « contrôle gouvernemental plus fort sur l'Internet » et insisté sur l'importance d'un système de concertation multilatérale. Ils ont été soutenus sur ce point par la plupart des intervenants.

2015, année cruciale

Le renouvellement du mandat du FGI survient à un moment charnière des discussions sur la gouvernance d'Internet. Depuis 1998, l'ICANN, la société qui attribue les noms de domaine et les adresses IP, est sous contrôle des Etats-Unis. Cette tutelle est de moins en moins tolérée, en particulier depuis l'affaire Snowden.

En mars 2014, le gouvernement américain a annoncé qu'il renoncerait à son contrôle sur l'ICANN en 2015. Il s'agit désormais de savoir si ce contrôle sera transféré à une institution indépendante, ou si un organisme différent sera créé. C'est une des principales questions  débattue au Forum.

Internet libre et démocratique

Le Parlement a d'ailleurs profité de cette résolution pour évoquer plusieurs enjeux de l'Internet d'aujourd'hui et de demain. La neutralité du net et la nécessité de garantir un accès démocratique au web, sans censure ou surveillance, ont été soulignées, la résolution déplorant les restrictions d'accès à opérées par certains Etats.

Alors que la surveillance d'Internet est revendiquée par ceux qui luttent contre le terrorisme, beaucoup de députés ont insisté sur le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. « La défense des citoyens doit être supérieure aux droits des services secrets », a ainsi déclaré Michel Reimon, au nom des Verts/ALE.  Les eurodépûtés ont néanmoins voté un amendement insistant sur le développement de la cybercriminalité et sur l'importance de la cybersécurité.

Mathilde Loire

Présentation : Raphaële Taquard
Rédaction en chef : Baptiste Mathon

Au sommaire de cet édition :

  • Strasbourg : alerte incendie à la cathédrale
  • 50 nuances : du livre au grand écran
  • Basket : la SIG éjectée du championnat d'Europe

Denis Mukwege à la remise du prix Sakharov au Parlement européen, le 26 novembre 2014.

 

La Haute représentante de l’Union pour les Affaires Etrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a affirmé mardi à Strasbourg que l‘Union Européenne suivait « avec une grande vigilance » les menaces physiques qui pèsent sur le prix Sakharov, le docteur Denis Mukwege.

Ce gynécologue a été récompensé en novembre 2014 pour son travail en République démocratique du Congo sur les victimes de viol.

Des hommes armés de la Mission des Nations Unis en RDC l’encadrent en permanence alors que le docteur reste cloitré dans l’hôpital de Panzi, dans l’ouest du pays, dont il est le fondateur et directeur général.

Federica Mogherini a aussi annoncé avoir demandé aux représentants de l’UE à Kinshasa de rendre compte de la situation qui se dégrade entre l’hôpital de Panzi et l’administration congolaise.

Celle-ci accuse l’hôpital de ne pas avoir payé l’impôt professionnel sur la santé depuis 2012. Les comptes de l’hôpital et du docteur ont été saisis par la DGI (Direction Générale des Impôts), alors que l’hôpital se considère victime d’un « acharnement discriminatoire ».

Un « homme à abattre politiquement » ?

Le docteur s’exprime rarement sur le terrain politique, mais il a accuse la justice congolaise dans un tweet en mai dernier de « manquer de volonté pour poursuivre les crimes de violences sexuelles ». Le Forum des As, un journal proche du pouvoir a affirmé qu’il se préparait à rentrer en politique en profitant de sa popularité et de son aura internationale dans la perspective des élections présidentielles fin 2016.

Federica Mogherini a assuré que l’UE serait attentive à la bonne tenue de ces élections, essentielles à la stabilité de la République Démocratique du Congo.

margaux bachelier

Présentation : Raphaële Taquard
Rédaction en chef : Baptiste Mathon

Au sommaire de cette édition :

  • Strasbourg : alerte incendie à la cathédrale
  • 50 nuances : du livre au grand écran
  • Basket : la SIG éjectée du championnat d'Europe

La Haute Représentante de l'Union européenne, Federica Mogherini et les eurodéputés ont débattu mardi soir sur la situation dans l'est de l'Ukraine. La chef de la diplomatie européenne et la plupart des députés présents ont estimé que la réunion prévue mercredi à Minsk entre les présidents russe, ukrainien, français et la chancelière allemande constituait la dernière chance de sortir de la crise.

"La grande opportunité offerte aujourd'hui au Parlement, c'est de donner un message. Un message aux parties et à la Russie. Il faut enfin se mettre d'accord sur les mesures d'application des accords de Minsk. C'est la seule manière de trouver une issue à la crise." Les mots de Federica Mogherini illustrent à quel point la réunion de mercredi entre la France, l'Allemagne, l'Ukraine et la Russie sera décisive. Selon elle, cette réunion "format Normandie" - en référence à la réunion entre ces quatre parties lors des cérémonies du 70ème anniversaire du débarquement en Normandie - est l'ultime moyen de créer un dialogue entre l'Ukraine et son voisin russe.

 

La plupart des députés présents dans l'hémicycle ont approuvé la position de la chef de la diplomatie et l'initiative de résolution diplomatique lancée depuis la semaine dernière par le couple franco-allemand.

 

Elmar Brok, président PPE de la commission des affaires étrangères du Parlement, a déclaré que "le PPE soutient Minsk et un cessez-le-feu, qui est la dernière tentatvie de résoudre ce conflit dans le respect du droit international. Dans cet accord on parle des mesures d'applications, pour éviter à Poutine de gagner du temps encore une fois."

 

Même son de cloche chez l'Allemande Knut Fleckenstein des S&D: "Minsk est peut-être la dernière chance de trouver une solution diplomatique. Nous attendons de la Russie des efforts sérieux pour arriver à une solution politique du conflit et influencer les séparatistes de façon positive. Une solution militaire ne fonctionnera pas, c'est pourquoi nous ne voulons pas de livraison d'arme à l'Ukraine. Notre but est que la Russie participe à la résolution des conflits internationaux."

 

Les libéraux et démocrates ont également soutenu la solution diplomatique, à l'instar du Néerlandais Johannes Cornelis Van Baalen qui estime que  "c'est le moment pour la Russie de montrer qu'elle est une nation pacifique. Il faut un Minsk 2 pour appliquer un Minsk 1. Si Poutine ne veut pas de la branche d'olivier, il sera puni."

 

Les Verts/Alliance libre européenne et la Gauche unitaire européenne espèrent également une réussite des négociations. Même si ces derniers ont refusé de se concentrer sur la seule responsabilité de la Russie dans la crise. 

 

Bien que l'unité ait dominé lors de ce débat, certains députés ont commencé à évoquer des solutions alternatives en cas d'échec des négociations dans la capitale biélorusse, notamment la livraison d'armes à l'Ukraine.

 

Ce à quoi Federica Mogherini a répondu qu'il ne fallait pas "envisager de plan B avant les négociations", ajoutant que cela faisait partie "des bases de la diplomatie et du bon sens."

 

Benjamin Hourticq

 

 

 

 

Dimítris Papadimoulis (Syriza), Pablo Iglesias (Podemos) et Giovanni Battistini (attaché de presse pour la GUE) lors de la déclaration conjointe de la gauche radicale

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