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Plus de 800 personnes se sont installées à la Rotonde, un ensemble immobilier neuf prévu pour favoriser la mixité sociale.

La Rotonde constitue la nouvelle porte d’entrée Est dans le quartier de Cronenbourg. Lancé en 2012 et porté par le promoteur Demathieu Bard, le projet ambitionnait de créer un espace de mixité sociale aux abords du Vieux-Cronenbourg. La recette : construire dans un espace commun des immeubles pour des publics aux profils sociaux variés.

Achevés en 2018, quatre bâtiments s’alignent côte-à-côte sur un espace de 23 000 m². Bordé par les routes d’Oberhausbergen et Mittelhausbergen, chaque immeuble a ses spécificités. On y trouve des logements privés, sociaux, quelques commerces, un hôtel, ou encore une résidence séniors. Au total, près de 800 habitants vivent à la Rotonde depuis 2018.

Sevgi Satilmis, une ancienne habitante du 9 rue Kepler, relogée en avril dernier dans la Cité nucléaire, soutient que "pendant un mois on n’a pas eu de chauffage parce que les jeunes avaient cassé les tuyaux des appartements en bas." Cette mère de quatre enfants se souvient aussi du sentiment d’insécurité qui régnait après le départ de ses voisins : "Des jeunes venaient squatter l’immeuble et mettre le feu, raconte-t-elle. On ne peut pas reprocher à CUS Habitat la saleté. Ils ont changé les boîtes aux lettres, les portes... Mais à chaque fois, les jeunes cassaient."

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Guy Eberhardt, en short au centre, construisant avec ses enfants et des amis une piscine dans le jardin au début des années 1990.

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Guy Eberhardt, sa femme, leurs enfants et petits-enfants à Noël en 2015.

Ces démarches administratives exaspèrent les habitants, plongés dans une longue incertitude. Sur le pas de sa porte, au onzième étage, Hadjira Bouchebaa s’indigne : "J'ai eu aucune proposition. Il y a quinze jours, j'ai été appelée, on m'a dit qu'il y avait peut-être quelque chose pour moi, mais pas de nouvelles depuis." La jeune femme et son mari, à l’étroit dans le trois-pièces qu’ils occupent depuis 2012, rêvent d’un F5 à Schiltigheim pour héberger leurs trois enfants. Mais leur demande n’est pas conciliable avec l’offre du bailleur social. Ophéa a déjà averti la famille : "Il n’y a pas beaucoup de cinq-pièces, il faut accepter soit un grand F4 soit un F5 vraiment petit."

Tous les mardis matins, Sukran se rend à la permanence d'Ophéa à Cronenbourg, située au cœur de la Cité nucléaire, où elle rencontre la personne chargée du relogement. Elle confie sa stratégie : "J'y vais pour voir ce qu'il y a, comme ça ils ne me disent pas ‘Vous n'avez pas participé alors je vous donne n'importe quoi’."

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Guy Eberhardt (à droite) aux côtés de sa mère, Marie-Hélène et de sa soeur devant la maison familiale au milieu des années 1950.

Deux partitions pour un quartier

13 novembre 2019

Deux partitions pour un quartier

A travers une interview croisée, l'association Ballade et l'école de musique de Cronenbourg partagent leur vision de la musique au sein du quartier. 

Hedwige Weber*, qui occupe un 80 m² avec son fils depuis presque 50 ans a déjà refusé deux offres. Elle fustige le bailleur social et exige des conditions de relogement identiques : "C'est eux qui nous mettent à la porte, c'est pas nous qui demandons. Je veux pas partir, je veux que tout reste en place". Elle risque de vite se retrouver dos au mur. Au delà de trois choix refusés, "on peut démarrer une procédure d’expulsion", assure Paul Strassel. La politique du bailleur social privilégie "l’arrangement à l’amiable", mais cela nécessite du temps et génère son lot de frustrations. Lassée, Sukran résume ses entrevues hebdomadaires : "Chaque fois que j'y vais on nous dit 'j'ai rien, j'ai rien, j'ai rien' et on nous dit qu'il faut vider les appartements en décembre."

Des nuisances quotidiennes

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La carte d’identité de Lina Eberhardt, la grand-mère de Guy, délivrée et tamponnée par l’Allemagne nazie sous l’Occupation, en 1943. © David Darloy et Julien Lecot

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