Un gain de temps et d’argent. « Les femmes des quartiers pauvres sont celles qui font le plus face aux fuites. Les réparations prennent du retard parce qu’il leur faut du temps pour rassembler de l’argent et ainsi appeler un plombier. » Depuis 2014, l’association a formé plus de 2 000 personnes. Tahani Chatti espère avoir permis à ces femmes de gagner en confiance, comme cela a été le cas pour elle : « Je ne sais pas si les autres sont fiers de moi, mais moi, je le suis. »
Adélie Aubaret
Pauline Beignon
Il déplore d’ailleurs le peu d’intérêt de ses élèves pour les fouilles. Quand les chercheurs occidentaux arborent des vêtements techniques pour passer la journée les genoux et les mains dans la terre, ceux formés en Jordanie leur préfèrent « le costard trois pièces et les chaussures bien cirées ». Fouad Hourani ne compte plus les missions où ses étudiants refusaient de participer activement aux fouilles : « C’est en-dessous de leur statut social acquis grâce aux études. » À l’Ifpo comme au CNRS, tous ont eu affaire à ces jeunes diplômés qui n’ont besoin que d’un mois sur le terrain pour être considérés par leur université comme aptes à enseigner. Leur niveau de formation inquiète les archéologues comme les ambassades occidentales, d’autant que la Jordanie se targue de privilégier les missions locales, surtout en matière de conservation et valorisation des sites. Une vision nationale incompatible avec le système universitaire de formation des archéologues jordaniens, plus tournés vers l’ascension sociale que les explorations archéologiques.
Mina Peltier