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Le monde des adultes me paraît toujours trop sérieux, ennuyant. The Square Indoor, repéré durant ma dernière crise de nostalgie de l’enfance en fouinant sur internet, me faisait de l'œil. Le site internet pose les questions qui taraudent :  “Pourquoi diantre les grands devraient toujours regarder les plus jeunes s’éclater et souffrir en silence ? Vous rêvez secrètement de barboter dans des milliers de boules avec une licorne ?” Je clique illico sur le bouton “Mais grave, je réserve”.

“Nagez dans le bonheur, comme si les impôts n’existaient pas”

Le lieu est caché dans la zone commerciale de Geispolsheim. Derrière un magasin, un panneau discret “The Square Indoor” glisse un “Pssst, c’est juste là !”. L’entrée : une toute petite porte. L’affiche y rappelle que “ce n’est QUE pour les adultes”. À l’intérieur, un paradis pour grands enfants de 960 m2. Avec, dès l’accueil, un sas de passage entre le monde de l’adulte et celui de l’enfance : la piscine à boule, dont les bords arborent “Nagez dans le bonheur, comme si les impôts n’existaient pas”. J’y plonge directement. Ce bain de sphères de couleur ? Une sensation unique que l’on ne connait que dans l’enfance. Une sorte de madeleine de Proust qui métamorphose quiconque en petit garçon. Un état d’esprit que je conserverai pour tout le reste de l’aventure. 

Je m’incruste dans un groupe de six trentenaires. L’un d’eux, Pharel Green, “influenceur” strasbourgeois, a rameuté quelques abonnés. Jeux gonflables, escape games, Puissance 4 géant, morpion-basket et foot-billard défilent devant nos yeux ébahis. Toute la salle est rien que pour nous. Ensemble, nous traverserons “Les cinq épreuves gonflables” 

Première épreuve : l’Attrape-mouche. 

Frustrant. L’objectif est de se jeter contre un mur scratché, avec une combinaison elle aussi en scratch, et d’aller le plus haut possible. Résultat : je n’accroche pas au mur, ni à l’activité. Elle ne renvoie pas vraiment à l’enfance, aucun bambin ne rêve de se jeter sur un mur, du moins j’espère. Au contraire, on pourrait la concevoir comme l’allégorie, très adulte, des objectifs que l’on se fixe et que l’on n’atteint jamais, si le sol était l’échec. Passons vite à une autre épreuve... 

A la Maison Claude on retrouve des bleus de travail, vêtement ouvrier devenu à la mode ces dernières années. © Laura Remoué

Luna tient la boutique Le Grenier où elle réunit des vêtements des années 1960-1970. © Laura Remoué

Contrairement à la vente de vêtements neufs, la tendance à la seconde main ne faiblit pas. Les boutiques strasbourgeoises poursuivent leur quête de la pièce idéale dans un marché qui risque la saturation.

Le vintage, une espèce en voie de disparition

« C'est un secret bien gardé », répond elle aussi Luna Tavernier, qui a ouvert Le Grenier en 2019. Arrivée sur ce marché strasbourgeois après d'autres boutiques, elle s'est démarquée avec son propre style, axé sur les années 1960-1970, et a décidé d'étendre son approvisionnement à l'ensemble de la France. Sans surprise, les personnes qui lui déposent le plus de vêtements à revendre sont des personnes âgées. Quelques jeunes prennent aussi le pli, mais ils sont principalement dans la consommation.

La seconde main est « un stock de niche qui s'amenuit et qu'on fait attention à préserver », insiste Luna. « Il faut que l'on soit imaginatifs car on est en plein boum et c'est un secteur qui va encore saturer et la qualité baisser. Dans quelques années, c'est du Zara que l'on retrouvera. » Et les grandes marques de l'industrie textile se saisissent aussi de l'attrait pour la seconde main. Luna voit l'arrivée des Galeries Lafayette sur ce marché d'un regard inquiet. Pour elle, « c'est un autre risque pour nos boutiques indépendantes. »

Laura Remoué

Parmi les autres activités disponibles, un puissance 4 géant et un morpion-basket. © Rafaël Andraud

L'épreuve du combat des sumos est une des plus amusantes. Seul couac, on étouffe vite dans la combinaison, très difficile à retirer. © Rafaël Andraud

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