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Le rover Perseverance devrait atterrir sur la planète rouge aux alentours de 21h55 ce jeudi soir. © NASA

Jeudi 18 février, le véhicule mobile américain Perseverance devrait atterrir sur la planète Mars peu avant 22h. Mené par les Etats-Unis, la mission “Mars 2020” va vivre son moment le plus périlleux avec l'atterrissage d’un astromobile destiné à explorer la surface martienne.

Poursuivi pour agression sexuelle, Rachid G. avait éjaculé sur une femme rencontrée sur un site d’entraide entre voisins en 2019. 

"J'ai eu une pulsion, je n'ai pas su me contrôler." Engoncé dans un duffle-coat noir, Rachid G. comparaît devant le tribunal correctionnel de Strasbourg ce mercredi 17 février pour agression sexuelle. 

Jusqu’à l’audience, la victime, Jocelyne R.* ne connaissait pas la véritable identité de Rachid G. Lorsqu’il la contacte, via un site d’entraide entre voisins, à l’hiver 2019, il se fait appeler Ronan. Elle, handicapée à 75% et mère de deux enfants, propose ses services d’aide aux personnes âgées sur la plateforme. Le trentenaire lui propose un verre, qu’elle refuse. Il prétend alors avoir besoin de quelqu’un pour s’occuper de son oncle grabataire mais souhaite la rencontrer avant. Rendez-vous pris pour le 8 décembre 2019, à 20h30, quartier Rivétoile. Là, les versions divergent. 

Droit comme un I dans le box des prévenus, Rachid G., condamné en 2016 pour agression sexuelle, a donné sa version des événements, contestée à de nombreuses reprises par les interjections de Jocelyne R. : "On s’est retrouvé près de la médiathèque. On s’est baladé, elle a sorti un joint, on l’a fumé ensemble." “C’était pas mon joint, j’ai tiré deux taffes", rectifie Jocelyne R.

Les deux inconnus s’assoient ensuite sur un banc, quai des Alpes. "Je lui ai dit qu’elle avait l’air d’avoir des gros seins. Elle me les a montrés et j’ai glissé ma main sur ses fesses", a confié l’apprenti cuisinier de 36 ans. 

Un mouchoir tendu ?

Sur le banc, Jocelyne R. recadre Rachid G., elle n’est "pas là pour ça".  Elle insiste : "Je ne lui ai pas montré mes seins, jamais de la vie !" Comme lors de sa plainte, le soir des faits, Jocelyne R. a parlé devant le tribunal d’un billet que l’homme lui aurait proposé. Elle sanglote : "J’aurais gardé son oncle gratuitement, j’allais certainement pas me faire masturber dessus pour 20 euros !"

Mais, l’homme se lève, se place face à elle, sexe en main et éjacule sur la poitrine de la femme. Face au tribunal et tout en reconnaissant que Jocelyne R. n’était alors pas consentante, le prévenu souffle : "J’étais excité, j’ai sorti mon pénis en le caressant et c’est parti tout seul, je ne la visais pas." Le président paraît dubitatif : "Quand on se masturbe, on tient son sexe, on sait dans quelle direction on va jouir." "Oui, mais le sperme c’est liquide, ça coule", ose Rachid G. Il s’est souvenu avoir déguerpi dans la foulée,"gêné", après s’être essuyé avec un mouchoir que lui aurait tendu Jocelyne R. 

"J’ai sorti un mouchoir pour me nettoyer moi !" clame la victime, queue-de-cheval haute et pull blanc au col moutarde. En amont de l’audience, l’expert psychiatrique a jugé que Jocelyne R. n’était "pas crédible du tout". Des zones floues, qu’elle s’est efforcé de dissiper, semblaient subsister dans son récit.  

"On ne peut pas lui reprocher d’avoir peur"

Dans le téléphone du prévenu, des SMS ont été retrouvés. Le président lit, interrogateur. “J’ai réfléchi, je te fais la totale”, écrit Jocelyne R. quelques minutes après le départ de l’homme. Et pendant une semaine, les messages s’accumulent. Jocelyne R. se justifie, quand Rachid G. détale, elle pense à se venger : "Je voulais faire une embuscade pour qu’il se prenne une raclée par des jeunes." D’où les textos. Elle pense que récupérer un billet sera la preuve d’une agression. 

Deux versions discordantes, un échange de SMS, et le doute s’immisce. "On ne peut pas reprocher à une victime de ne pas se souvenir de tout ! a martelé la procureure à l’audience. On ne peut pas lui reprocher d’avoir peur. Et puis comment sait-on comment on réagirait à sa place ? Ça ne s’est peut-être pas passé exactement comme le dit madame, mais c’est une agression sexuelle." La défense a objecté. Pour Me Nisand, les faits relèvent de l’exhibition sexuelle. "Il n’y a pas de volonté d’agresser sexuellement une femme. Il y a un gigantesque quiproquo", a plaidé l’avocat de Rachid G. "N’importe qui d’autre lui aurait retourné une baffe et serait parti mais madame n’a pas répondu et a accepté une discussion qui devenait sexuelle", a appuyé l’avocat à l’adresse de la Strasbourgeoise aux hanches souffrantes. 

Le tribunal a finalement requalifié les faits et condamné Rachid G. à 10 mois d’emprisonnement avec sursis et à verser 1500 euros de dommages et intérêts à Jocelyne R. L’avocate de la partie civile a tout de même tenu à faire "un rappel nécessaire" : "Le consentement se donne à un moment T, il peut être retiré ensuite."

* Le prénom a été modifié

Lola Breton

Les experts de la Nasa l’ont baptisé les “7 minutes de terreur”. C’est le laps de temps pendant lequel la sonde de la mission “Mars 2020” doit atterrir sur la planète Mars. En quoi consiste l’expédition américaine ?

La sonde spatiale a entamé son voyage le 30 juillet dernier à bord de la fusée Atlas V, la partie la plus périlleuse de la mission est prévue ce jeudi. L’objectif : déposer, sur la planète rouge, le rover Perseverance ainsi qu’un drone hélicoptère appelé Ingenuity, le premier de l’histoire à voler dans l’atmosphère martienne. Mais le poids de l’objet et lieu sur lequel la sonde devrait atterrir suscite l’incertitude. Le rover d’un poids de 1 tonne va devoir réussir son atterrissage sur Jezero dans un cratère au sol vallonné.

Le choix du cratère a été mûrement réfléchi par la Nasa qui justifie cette décision par la possibilité de trouver des éléments géologiques probants dans cet ancien lac. “La collecte et le stockage des échantillons martiens seront ensuite récupérés par une mission future pour les rapporter sur Terre”, précise le Centre national d’études spatiales (CNES). Le CNES est, par ailleurs, impliqué dans la mission américaine. Perseverance sera équipé de la “SuperCam”, un équipement made in France destiné à analyser la composition chimique des roches.

Prouver que la vie y a existé

L’enjeu de cette mission est multiple : récupérer des échantillons qui pourraient attester d’une ancienne présence de vie sur la planète rouge. Et aussi préparer le terrain pour d’éventuelles futures missions humaines. Un instrument baptisé “Moxie” devrait pouvoir produire jusqu’à 10g d’oxygène par heure.

Tout dépend donc de ces “7 minutes de terreur“. À environ 124 kilomètres d’altitude la sonde entrera dans l’atmosphère martienne et descendra à la vitesse de 20 000 kilomètres par heure. Elle atteindra progressivement la vitesse de 1500 km/h avant le déploiement du parachute. S’ensuit une descente propulsée avec huit moteurs qui vont s’allumer simultanément pour faire descendre la vitesse de la sonde à 2 km/h. Le rover sera ensuite déposée par une “grue volante” à l’aide de câbles. Et c’est donc toute la Nasa qui retiendra son souffle pendant ces étapes d’atterrissage où le signal sera coupé. Ce jeudi aux alentours de 21h55, heure française, les regards seront donc tournés en direction de Mars pour assister à une avancée majeure en termes d’exploration spatiale.

Valentin Naturel

Avec You VS Wild, le film, sorti le 16 février, le maître de la survie, Bear Grylls, tente d’embarquer les abonnés Netflix dans une aventure interactive riche en sensations. Et échoue lamentablement. 

“Que devrais-je faire : manger un ver de coco vivant ou une délicieuse baie?”, demande Bear Grylls, le regard rivé sur la caméra. Le cœur du téléspectateur devrait battre à 100 à l’heure, son front perler de sueur : il a le destin de l’aventurier britannique de l’extrême entre les mains. Mais l’excitation est à zéro. Après la série You VS Wild, lancée en 2019 pour raviver les souvenirs des amateurs de Man VS Wild - programme de survie diffusé entre 2006 et 2011 - Netflix a lancé ce mardi 16 février You VS Wild le film. La plateforme propose à ses abonnés d’influer sur les choix de Bear Grylls, en mission dans une réserve africaine, pendant près d’une heure. Soixante minutes d’ennui général et de superpositions d’images de savane dont la beauté ne parvient pas à faire oublier le jeu d’acteur déplorable de l’aventurier.

La voix des ignorants

L’histoire du film est simple. La clôture qui entoure la réserve n’est plus électrifiée, un lion et un babouin, Thimba, se sont déjà aventurés au-delà de leurs périmètres habituels. Bear Grylls est le seul à pouvoir résoudre tous ces problèmes. Mais il a besoin de l’aide des clients Netflix. Toutes les cinq minutes, il faut choisir : “Comment manger une sangsue ? En la gobant ou en la croquant ?”, “Pour descendre cette falaise en rappel, devrai-je m’attacher à une fine branche d’arbre ou à un roc tranchant ?” Les premières fois, on se prend au jeu, on décide que le rocher semble plus solide. Crac, la corde s’effrite et Bear Grylls tombe de plusieurs mètres. Peut-être que confier sa vie à des incultes de la survie interdits de voyage depuis près d’un an n’est pas la meilleure idée. 

Au fil des réponses, Bear Grylls parcourt la réserve de long en large pour résoudre tous ses problèmes, à pied, à cheval et en hélicoptère. Il rétablit le courant dans la clôture, sauve Thimba le babouin en l’amadouant avec des figues et capture le lion - dans un pick-up sorti de nulle part pile au moment où l’aventurier est sur le point de se faire croquer.

Mais quand on croit que toutes les tâches ont été effectuées, qu’un soupir de soulagement s’échappe à l’idée de voir enfin défiler un générique, Bear Grylls surprend encore. Il ne fallait quand même pas oublier de sauver les éléphants des méchants braconniers ! Pour cela, rien de plus simple : l’aventurier déplace à la force de sa voix un troupeau derrière des buissons. Les chasseurs passent miraculeusement leur chemin. 

Engagement scripté

A travers You VS Wild, Bear Grylls veut faire passer des messages engagés. L’ex-agent des forces spéciales britanniques se pose contre le braconnage et pour l’écologie. Sur une falaise, face à l’océan, quatre bidons bleus sont comme échoués - ou disposés ainsi par la production : “J’en vois tellement, même au beau milieu de l’Afrique. Voilà pourquoi il faut faire attention à sa consommation de plastique”, lance-t-il, à peine convaincu. 

Dans Man VS Wild, la pluie diluvienne s’abattait sur Bear Grylls, il escaladait des montages à mains nues et croquait sans ciller un œil de yack glacé par le froid sibérien. Là aussi, tout était calculé, mais, au moins, Bear Grylls réussissait à époustoufler les téléspectateurs. Dix ans plus tard, le programme s’est indubitablement essoufflé. 

“Je suis plutôt fier de ce qu’on a fait et vous devriez l’être aussi. Finalement, tout se résume aux choix que l’on fait pour survivre”, murmure l’aventurier non loin des éléphants. Un nouvelle question s’affiche à l’écran : “Recommencer l’aventure en prenant d’autres décisions?” Faites le bon choix : privilégiez la survie. 
 

Lola Breton

[ Plein écran ]

Les pirates informatiques derrière ces attaques opèrent principalement depuis la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou encore certains pays de l'Europe de l'Est. © Valentin Bechu

Confronté à une intensification des cyberattaques depuis 2019, le système de santé français ne possède pas d’outils de sécurité et une culture du numérique suffisants pour y faire face. Mais une prise de conscience s’opère pour Vincent Trély, expert en cybersécurité dans le domaine de la santé.

Victime d’une cyberattaque, l’hôpital de Villefranche-sur-Saône a dû reporter les opérations non urgentes le 16 février. Ce centre de santé est loin d’être le seul à avoir subi les assauts des pirates informatiques cette année : “il y en a eu une par semaine”, a indiqué Cédric O, le secrétaire d'Etat à la transition numérique, devant les sénateurs le 17 février. Une fréquence particulièrement soutenue puisqu’en France, “27 attaques majeures d'hôpitaux” ont été dénombrées toujours selon Cédric O. En pleine crise sanitaire, ces données inquiètent et questionnent l’action des pouvoirs publics en matière de cybersécurité. 

Vincent Trély, président-fondateur de l’Apsiss, association qui fédère les experts en cybersécurité dans le domaine de la santé, intervient en amont auprès des hôpitaux afin de renforcer leur sécurité informatique et prévenir toute cyberattaque. Il décrypte le phénomène pour Cuej.info. 

Quel genre de piratage informatique est en cause ? 

Ce dont on parle beaucoup depuis un peu plus de trois ans, ce sont des “rançongiciels” ou “cryptovirus”. Il s’agit de virus qui se diffusent essentiellement par mail. Si une personne clique sur le lien contenu dans le courrier électronique, le logiciel malveillant se déclenche et va chiffrer les données de l’hôpital. Si les serveurs centraux sont atteints, plus personne n’a accès à rien. Les médecins, les infirmières n’ont plus accès aux résultats des scanners, radios... ce qui crée la panique. Ensuite, une demande de rançon se déclenche avec tout un protocole : comment acheter des bitcoins puis payer sur le darknet. Pour retrouver les accès, il faut récupérer la clef de chiffrage des données détenue par les pirates. Il faut bien différencier ce type de piratage de l’exfiltration de données. Là, les données sont vraiment récupérées par les pirates et vendues sur le darknet ensuite. L’exfiltration est bien plus compliquée à mener qu’un rançongiciel. 

Et les hôpitaux paient ?

À ma connaissance, non. Les directives du ministère de la Santé et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) sont assez claires. Et ce pour deux raisons principales. D’abord, parce qu’on n’a pas l’assurance de récupérer la clef de chiffrage. Ensuite, car c’est un peu la dynamique des prises d’otage, si on commence à payer, les attaques se multiplieraient par la suite. Après, des directeurs de maisons de retraites ont témoigné avoir cédé et payé. Énormément de collectivités territoriales sont touchées également et des mairies ont versé les sommes.

Les attaques sont-elles ciblées ? 

Parfois c’est ciblé, parfois c’est le hasard. Ce n'est jamais évident de savoir. Le pirate a une liste de plusieurs dizaines de milliers de mails, et il envoie son virus dans la nature et un moment ça tombe. 

Les hôpitaux sont-ils des cibles privilégiées car particulièrement vulnérables  ? 

Disons qu’on a deux mondes. Un premier monde qui a connu des ennuis importants et, à coup de millions d’euros, est arrivé à un haut niveau de cybersécurité. Il s’agit notamment des grosses entreprises du secteur tertiaire : banque, assurance etc. Et un deuxième monde où toutes ces questions sont plus récentes et dont font partie les hôpitaux, mais aussi les services publics en général, à l’exception de l’armée bien sûr. Ce monde est plus vulnérable. Dans les hôpitaux, on a une cohabitation de matériel récent et très ancien. On a encore des postes Windows XP ! Les pirates vont là où c’est le plus simple et ce sont plutôt les facs, les villes, les hôpitaux, les universités… 

Quels sont les manques dans la cybersécurité dans les hôpitaux ? 

Déjà, dans la santé, on parle de cybersécurité depuis 2012 seulement. De plus, on évolue dans un environnement budgétaire contraint. Quand un directeur d’hôpital a le choix entre un nouveau bloc opératoire ou dépenser dans la sécurité informatique, et bien il va privilégier le bloc plutôt que des outils de sécurité contre des attaques qui pourraient ne jamais arriver. Les budgets ne sont pas au rendez-vous. On alloue entre 1,2 et 2% des budgets globaux à l’informatique alors que les pays comme les Etats-Unis ou les Pays-Bas y dédie entre 5 et 6%.

Au-delà des moyens techniques, il s’agit aussi de développer une culture de la cybersécurité...

Clairement. Le premier point pour se protéger c'est d’avoir des systèmes modernes, un parc informatique mis à jour en permanence notamment. Un travail sur l’humain est aussi nécessaire. Par exemple, on a toujours du mal à faire passer l’idée d’avoir des mots de passe à huit caractères renouvelés régulièrement. Le DSI (Directeur des systèmes d’information, NDLR) ne pèse pas lourd contre un chef de pôle réticent à certaines opérations : changer de mot de passe, ne pas renvoyer ces mails sur son téléphone, verrouiller son poste etc. Le DSI est encore vu comme l’emmerdeur. 

Et il y a-t-il une prise de conscience de ces enjeux ? 

Ça vient à coup d’incidents. La ministre, Agnès Buzyn à l’époque, a consacré un discours sur le sujet pour la première fois après l’attaque du CHU de Rouen en novembre 2019. La cybersécurité y était définie comme priorité nationale. Maintenant, on a des programmes de subvention numérique qui obligent les hôpitaux à prouver leur engagement en la matière pour toucher des subventions. On a grandement avancé, mais on est encore au milieu du guet. 

Sait-on qui ils sont et quelles sont motivations des pirates ? 

Les pirates, leur motivation, c’est l’argent. Globalement, ce sont des gens calés en informatique qui proviennent de pays étrangers : Russie beaucoup, un peu Chine, Corée du Nord et des pays d’Europe de l’Est. Des endroits où ils jouissent d’une forme d’impunité. Comme il n’est pas si difficile d’utiliser certains rançongiciels, des personnes provenant de la délinquance traditionnelle peuvent s’essayer aux cyberattaques pour gagner de l’argent en prenant moins de risques qu’avec un braquage ou le trafic de drogue, mais c’est plus rare. 

Valentin Bechu

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