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18 heures 45, mardi 16 septembre. Le coup d’envoi de la première journée de Ligue des Champions est donné, entre le club espagnol de l’Athletic Bilbao et les Anglais d’Arsenal. Au pub The Dubliners, véritable enclave irlandaise au cœur de Strasbourg, Ambroise, 23 ans, a le regard rivé vers l’écran de télévision, une tension perceptible dans les yeux. Maillot d’Arsenal sur les épaules, pinte de bière brune à la main, commentaires sur le match ponctués de « Come on ! » : il a tout du supporter britannique.
Sauf qu’il n’est en rien originaire d’outre-Manche : Ambroise est né au Chesnay, dans les Yvelines, en région parisienne. Plutôt que de supporter le Paris Saint-Germain, comme la plupart de ses amis et de sa famille, il est un fier supporteur du club des Gunners du nord de Londres. Pourquoi ? « J’avais un ami au collège qui était fan de Mesut Özil (milieu offensif allemand, ndlr). Quand il signe à Arsenal en 2013, pour être sympa, j’ai commencé à regarder les matchs, et je n’ai jamais arrêté depuis. »
Arsenal, le club chouchou des Français
Comme Ambroise, beaucoup de fans de foot français supportent avec ferveur des clubs étrangers avec qui ils n’ont de prime abord aucun lien. Mathias, 23 ans, un des serveurs du bar, essaye du mieux qu’il peut de servir des bières tout en gardant un œil sur le match. Alors qu’il est originaire de la région lyonnaise, lui aussi est fan d’Arsenal : « C’est un peu par hasard, avoue-t-il. Ma famille n’était pas du tout foot. Mes frères ont commencé à jouer sur des sites de paris en ligne, et pour faire comme eux, je cherchais une équipe à supporter. Il y a cinq ans à peu près, j’étais moniteur et je bossais avec des Anglais. Un soir, ils m’ont emmené voir un match d’Arsenal : j’ai tout de suite aimé l’intensité du jeu de la Premier League (le championnat anglais, ndlr), et il y avait des joueurs que je connaissais. » Il rêve de pouvoir aller voir un jour un match de son équipe à l’Emirates Stadium, à Londres.
Arsenal est l’un des clubs qui attire le plus de supporters de l’Hexagone : l’histoire du club est marquée par un héritage français, avec des joueurs comme Thierry Henry, Robert Pirès, Patrick Vieira ou Olivier Giroud, et le légendaire entraîneur Arsène Wenger. Sur Facebook, les communautés de fans français du club atteignent des dizaines de milliers de membres.
Les Français aiment les Anglais, pas l’inverse ?
Quand, à la 72e minute du match, l’ailier gauche Martinelli ouvre finalement le score pour les Anglais, le bar, pourtant rempli de Français, prend des airs de borough londonien. La jeunesse strasbourgeoise s’empreint d’un accent British, et, bilingue le temps de 90 minutes, laisse éclater sa joie au cri des « Let’s go ! »
Mais l’inverse est-il vrai ? Les étrangers se prennent-ils de passion pour les équipes françaises ? Pour Luke, 21 ans, originaire de Liverpool, pas vraiment. « Les clubs français ? On en entend rarement parler, à part le PSG, atteste-t-il. Pour être franc, je pense que le niveau est bien meilleur en Angleterre, et il y a une vraie culture du football. » Pas de chauvinisme mal placé pour autant : « Je pense que les Français devraient essayer de supporter leurs équipes locales, il y a du bon niveau. Mais s’ils veulent supporter nos clubs, ils sont les bienvenus ! »
Même les plus « petits » clubs arrivent à séduire
Ce phénomène ne se cantonne pas aux « gros » clubs. Antoine, 22 ans, est un mordu de West Ham. Une équipe du milieu de tableau, qui se bat davantage pour le maintien en première division que pour les titres. Pourtant, Antoine en parle avec des étoiles dans les yeux. « J’adorais la couleur du maillot quand j’étais petit, donc j’ai commencé à regarder. Il y avait notamment Dimitri Payet à l’époque, et j’ai pu aller le voir au stade. Un de mes meilleurs souvenirs. »
Fini le temps des matchs au stade du coin le dimanche ? Les championnats étrangers, réputés meilleurs, attirent forcément un nouveau public. Faut-il y voir un déclin de l’attractivité du foot français ? Quoi qu’il en soit, le match d’Arsenal terminé, place à l’affiche entre le Real Madrid et l’Olympique de Marseille. Arrivent au compte-goutte des étudiants portant...des maillots du club espagnol.
Axel Guillou
Édité par Maud Karst
Cela fait deux ans que l’intersyndicale ne s’était pas réunie dans la rue. Après des réunions fin août, elle a appelé, début septembre, tous les secteurs à une grande journée de grève à travers le pays, ce jeudi. Sébastien Lecornu est déjà face à l’épreuve de la rue alors que son gouvernement n’est pas encore formé.
Dans l’Hexagone, nombre de fans de football supportent non pas leurs équipes locales, mais des équipes étrangères, et notamment anglaises. Alors même qu’ils n’ont aucun lien avec ces clubs, ils nourrissent une passion parfois due à la simple sérendipité.
Neuf jours après sa nomination à Matignon, Sébastien Lecornu joue-t-il déjà son avenir ? Il reçoit, ce mercredi 17 septembre, les groupes politiques d’opposition pour plusieurs rounds de négociation qui s’annoncent tendus. Premiers à être reçus à 9h30, les socialistes étaient suivis dans la matinée par les dirigeants écologistes. Jordan Bardella et Marine Le Pen (RN) vont être reçus dans l’après-midi, avant Fabien Roussel (PCF) et Raphaël Glucksmann (Place publique), en début de soirée.
Durant ses premiers jours à Matignon, Sébastien Lecornu avait tenté de donner des gages à la gauche : retrait de la proposition de supprimer deux jours fériés, suppression des avantages à vie octroyés aux anciens Premiers ministres. Suffisant pour amadouer le PS et assurer sa survie ?
« Un round d’observation »
Les socialistes arrivent avec plusieurs demandes et lignes rouges : suspension de la réforme des retraites, engagement de ne pas recourir au 49-3, diminution de l’effort budgétaire, de 44 à 22 milliards. Le parti dirigé par Olivier Faure réclame aussi la création d’une taxe de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, dite taxe Zucman. Cité par l’AFP, un responsable du parti s’attendait à « un round d’observation ». Les socialistes comptent capitaliser sur la mobilisation massive attendue ce 18 septembre pour peser sur la suite des négociations. À la sortie des négociations, à 11h30, Olivier Faure décrivait un Premier ministre « flou sur ses intentions ». Les leaders socialistes affirment être « restés sur [leur] faim », sans exclure de revenir négocier à Matignon, d'après nos confrères de BFM.
Côté Écologistes, on se fait peu d’illusions. Sur TF1, la secrétaire générale du parti Marine Tondelier avertissait : « Il est fort probable que nous censurerons », à moins d’obtenir de solides engagements sur l’écologie et la fiscalité des plus riches. Même son de cloche du côté du Parti communiste : le secrétaire national Fabien Roussel explique « ne pas avoir peur d’une nouvelle dissolution », à moins d’une politique de rupture.
À l’extrême-droite, Marine Le Pen et Jordan Bardella arriveront à Matignon avec leurs propositions d’économie sous le bras : réduction du coût de l’immigration ou encore de la contribution française au budget de l’Union européenne. Le parti explique qu’il censurera si le Premier ministre ne reprend pas ses propositions.
Augustin Brillatz
Édité par Lucie Porquet