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Sur la voie de la cohabitation

Mal vu, le quartier dévoile un visage solidaire, où bénévoles et habitants se mobilisent pour les sans-abris. Ce lieu de passage fait sa mue en éloignant la voiture. Mais il souffre d'un manque d'équipements de loisirs.

Mal vu, le quartier dévoile un visage solidaire, où bénévoles et habitants se mobilisent pour les sans-abris. Ce lieu de passage fait sa mue en éloignant la voiture. Mais il souffre d'un manque d'équipements de loisirs. 

Tous ne vont pas jusqu’au bout, soutient Judith : “Quelqu’un qui n’est pas motivé par ce qu’il fait, on ne va pas le virer, il partira de lui-même. Déjà, au niveau CAP, Matéo en a fait l’expérience : Au début on était une vingtaine, à la fin, moins de dix.” Si le succès est promis à ceux qui terminent le cursus, Lucas modère : “C’est facile d’entrer aux Compagnons du Devoir mais c’est compliqué d’y rester”.

Audrey Burla et Yohan Glemarec

*le prénom a été modifié

 

“Ici, si un gars te dit qu’il n’a pas mangé depuis trois jours, c’est qu’il ne fait pas d’effort”, pense le jeune homme. Le couple préfère acheter les aliments qu’il consomme, mais quand la manche n’est pas fructueuse - généralement 45 € en une journée - il se rabat sur l’une des maraudes. “Et si tu ne la trouves pas un jour, tu peux être sûr qu’il y en aura une autre le lendemain, même le dimanche”, lance Elie.

Capsule, poils bruns et museau blanc, n’est pas en reste. Tous les vendredis, les membres de l’association Gamelles pleines fournissent des croquettes. Les passants, eux aussi, se montrent généreux avec le chien. “Parfois, il mange plus que nous”, s’amuse Enzo.

Adélie Aubaret et Camille Perriaud 

[ Plein écran ]

Apprenti manipulant la poche à douille pour détailler une planche en chocolat dans l’atelier. © Audrey Burla

Côté friperie, les prix sont libres avec un montant minimum en fonction des vêtements. Par exemple, il faut compter au moins 6 € pour une veste. Les recettes permettent de payer les charges incompressibles telles que le loyer du local, appartenant à la mairie, de 800 € par mois. Le président indique que l’association, en déficit, survit pour le moment grâce aux économies qu’elle a accumulées.

“Sans les aides, ça ferait longtemps qu’on serait fermé”, confie-t-il. Mais Carijou a un atout, elle dépend de Caritas Alsace, une structure caritative faisant partie du réseau du Secours Catholique. Grâce à elle, l’association bénéficie d’aides financières de la Région, de la Ville de Strasbourg mais aussi du Fonds social européen (FSE).

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