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Un vote politique ?
Au-delà de l’aspect budgétaire, valider les comptes de l’agence est aussi une manière de se positionner politiquement. C’est le cas de Jordan Bardella (ID, extrême droite), qui milite pour un renforcement strict des capacités de Frontex et qui déclarait la veille du vote : « pour protéger les peuples d’Europe je vous appelle à en protéger les frontières ». Une politisation du débat qui dérange une partie de l'hémicycle qui voudrait voir le vote comme une simple formalité. « C’est intéressant de voir qu’une procédure budgétaire est utilisée par certains groupes pour faire de la politique », ironise François-Xavier Bellamy (PPE, droite).
Malgré les progrès affichés par Frontex, les rares députés qui ont voté contre l’approbation du budget 2021 se montrent toujours critiques et ont souhaité s'exprimer à travers ce vote. « C’est hypocrite d’un côté de dénoncer les morts en Méditerranée, dire qu’on doit tout faire pour éviter ces refoulements illégaux, et de l’autre côté de ne pas utiliser les faibles leviers dont disposent le Parlement et approuver ce budget », dénonce toujours Saskia Bricmont. Pour elle, les scandales révélés l’année dernière se poursuivent : « il y a certes un nouveau directeur, mais les refoulements continuent ». Pour la suite, l’eurodéputé demande plus de transparence et un contrôle plus important. « Il faut bien plus que des auditions, il faut un contrôle des réformes en cours au sein de l’agence et que le conseil de surveillance ait un rôle officiel, c’est un groupe informel pour le moment », déplore-t-elle. L’augmentation sensible du budget dans les années à venir ne fera pas retomber les débats autour de Frontex. Au contraire, d’après une conseillère politique du groupe GUE/NGL (extrême gauche), « plus d’argent ça veut dire plus de devoir, notamment de transparence ».
Max Donzé et Thierry Weber
Des changements dans l’agence
Ce vote favorable intervient un an après les scandales sur Frontex, révélés par l’Office de lutte européen contre les fraudes (Olaf). Son rapport accablant pointait alors la politique de l’agence en lui reprochant des refoulements illégaux aux frontières, des cas de harcèlement en interne, et un manque de transparence sur ses pratiques. Dans ce contexte, le budget 2020 avait été retoqué par les députés européens, une façon de sanctionner l’agence. « C’était l’éclatement des scandales, les enquêtes en cours, on découvrait et on confirmait la participation de l’agence Frontex aux refoulements illégaux », se souvient Saskia Bricmont. Suite aux révélations, le directeur d’alors, le Français Fabrice Leggari a donné sa démission. Un nouveau directeur néerlandais, Hans Leijtens, a été nommé fin d’année dernière et des améliorations, notamment dans la gestion du personnel de l’agence, ont été soulignées par les eurodéputés. Aussi, un conseil de surveillance composé de quatorze eurodéputés a été mis en place « La nouvelle direction a fait un travail excellent », selon l’autrichienne Angelika Winzig (PPE, droite). « Nous ne pouvons garantir notre liberté en Europe qu’avec une agence comme Frontex », poursuit-elle.
Le vote a été sans appel ce mercredi 10 mai. À 498 voix pour et 82 contre, les eurodéputés ont approuvé l'utilisation du budget de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) en 2021. Une validation du budget qui pourrait sembler anecdotique, mais qui rend compte de « l'utilisation de l’argent public européen », confie l’eurodéputée Saskia Bricmont (Les Verts, écologistes) pour qui « cela relève donc d’une importance politique majeure ». L’année dernière, l’agence avait essuyé de vives critiques suite aux révélations sur un fonctionnement et des pratiques présumées illégales, à tel point que les parlementaires avaient retoqué son budget. Car Frontex n’est pas une agence comme les autres. L’organe qui a pour mission de surveiller les frontières de l'Union européenne est aujourd’hui la plus dotée financièrement et a vu son budget exploser ces dernières années. En dix ans, son budget est passé de 118 millions d’euros en 2011 à 544 millions en 2021. À l’horizon 2027, le budget annuel sera de 900 millions d’euros, preuve de l’importance prise par Frontex, notamment depuis les crises migratoires.
Le Parlement européen a majoritairement approuvé les comptes de l’agence Frontex pour l’année 2021. Une manière pour les eurodéputés de tourner la page de la controverse et du scandale qui avaient éclaboussé l’agence l’année dernière.
Pour ce qui est du groupe Identité et Démocratie (ID), on fait la sourde oreille. En plus de Jean-Marie Le Pen, sa fille Marine touchera, grâce au FPV 1783 € (en plus de ses 4463 € de retraite d’eurodéputée). Un paradoxe quand on sait que ces eurodéputés n’hésitent pas à fustiger les éventuels gaspillages des ressources allouées par les États pour le budget européen. Interrogé sur ces questions, Jordan Bardella, eurodéputé ID, a botté en touche : «Nous n’en avons pas encore parlé au sein de notre groupe parlementaire, mais peut-être qu’on pourrait voter contre le renflouement de ce fonds.»
Le FPV, un boulet pour le Parlement
L’avenir de ce fonds de pension est incertain. «Le régime de pension complémentaire [...]est en voie de suppression», résume de façon très laconique le site du Parlement. Une autre manière de dire qu’il sera enterré le même jour que son dernier bénéficiaire. Mais cette position attentiste ne suffit plus, vu l’ampleur du déficit : il s’élèverait à 313 millions d’euros, menaçant de faire faillite d’ici fin 2024. Investigate Europe a révélé qu’en avril dernier, le secrétaire général du Parlement s’était saisi du problème, mettant sur la table plusieurs hypothèses afin de le renflouer. La première, c’est que le Parlement règle la totalité de l’addition, donc sur les deniers publics. La deuxième option consisterait à vendre tous les actifs du fonds pour effectuer un paiement unique aux bénéficiaires, afin d’en finir avec un problème gênant. Dernière option : diminuer le montant des retraites, pour éviter de trop piocher dans les caisses de l’hémicycle.
Jean Lebreton et France-Marie Nott-Mas
Avec 1,9 million d’hectares de forêts, le Grand Est représente la sixième région la plus boisée de France. Véritable poumon, source de bien-être pour beaucoup, elle est historiquement l’un des lieux phares de l’exploitation de bois. Destiné à la fabrication de meubles, de charpentes ou de bois de chauffage, ce dernier représente une matière première convoitée, jusqu’à l’excès. D’autant que la forêt locale fait face à des défis inédits en raison du changement climatique. Ces usages, sa gestion, sa protection sont à redéfinir en urgence.
Cette grande enquête en quatre chapitres réalisée par les étudiant·es spécialité presse écrite et multimédia de Master 2 du CUEJ a pour but d’exposer ces enjeux, de comprendre qui sont les acteurs et actrices au cœur de la forêt et de raconter leurs expériences.
La situation économique en Europe continue toutefois à évoluer et est surveillée « de très près » par l’Autorité bancaire européenne. Le 15 mars, le Crédit Suisse, deuxième banque helvétique, perdait un quart de sa valeur boursière et empruntait 50 milliards de francs suisses à la banque centrale du pays dès le lendemain. Un symptôme inquiétant pour la stabilité économique européenne.