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Le chemin a été semé d’embûches (et de casseroles) et ce, dès le lendemain de sa nomination le 11 janvier 2024, à l’Éducation nationale. Mais voilà… c’est fini. Jeudi 8 février, Amélie Oudéa-Castéra s’en est allée, laissant sa place à Nicole Belloubet, au bout de 28 jours. Si elle conserve son rôle de ministre des Sports, l’ancienne directrice générale de la Fédération française de tennis a été débarquée de la rue de Grenelle.
Mais au cours de la Ve République, nombreux sont les politiques à être restés encore moins longtemps qu’elle. François Bayrou, Thomas Thévenoud, Philippe Briand… Voici le classement des ministres les plus fugitifs.
François Bayrou, un mois et puis s’en va
François Bayrou est resté un mois et quatre jours en poste en tant que ministre de la Justice, du 17 mai au 21 juin 2017. Pour ce soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, c’était un retour par la grande porte, dans un gouvernement vingt ans après avoir été chargé de l'Éducation nationale sous la présidence de Chirac. Malheureusement pour la figure centriste, il est contraint de démissionner, après le déclenchement de l’affaire des emplois fictifs d'assistants parlementaires au sein du MoDem.
Alain Bompard, l’ami des bêtes
Comment se faire virer de la politique en une leçon ? Demandez à Alain Bompard qui a été poussé vers la sortie, après un mois (du 22 mai au 23 juin 1981) sous le gouvernement de Pierre Mauroy pour avoir souhaité abolir la chasse à courre. Il occupe alors le poste de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement. Mais le président François Mitterrand, dont le frère Philippe est maître d'un équipage au lièvre, s'oppose à cette interdiction symbolique et débarque l’ami des bêtes.
Philippe Briand préfère sa boîte
14 avril 2024. Philippe Briand démissionne de son poste de Secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire au bout de… 14 jours (soit un jour de plus que Servan-Schreiber). Personne ne l’a poussé à le faire. Ni le président Chirac, ni son premier ministre Jean Raffarin, c’est lui et lui seul qui préfère se consacrer à Citya Immobilier et de la holding Arche, leader de l’immobilier en France.
Jean-Jacques Servan-Schreiber, l’anti-nucléaire avant l’heure
Dans le gouvernement Chirac, je demande Jean-Jacques Servan-Schreiber. Le fondateur de L’Express ne fait pas long feu pour avoir pris position contre la reprise des essais nucléaires et quitte le gouvernement le 9 juin 1974. Jacques Chirac le congédie au bout de 13 jours seulement en tant que ministre des Réformes.
Louis Schwartzenberg et Thomas Thévenoud = neuf jours
Le 26 août 2014, Thomas Thévenoud est nommé secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger dans le gouvernement Valls. Il démissionne le 4 septembre 2014 au bout de neuf jours, contraint à la démission pour ne pas avoir déclaré ses impôts pendant plusieurs années ainsi que des impayés de loyers. Il confie souffrir de « phobie administrative ». Vous comprendrez si on vous dit qu’il a été la cible de moqueries. Surtout quand on sait qu’il a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour ces faits.
Neuf jours seulement, du 29 juin au 7 juillet 1988, pour froisser Michel Rocard, alors Premier ministre sous le second quinquennat de François Mitterrand. C’est le temps qu’aura mis Léon Schwartzenberg à la tête du ministère de la Santé pour se faire renvoyer. La raison : avoir mis en place le dépistage systématique du sida et l’utilisation de la méthadone pour lutter contre la toxicomanie. Et ce, sans en parler à Rocard qui n’a pas du tout apprécié.
Azilis Briend
Édité par Max Donzé
Le commissaire au Commerce Dombrovskis dévoile ses priorités à l'OMC
« Je défendrais nos mesures européennes au sein de cette organisation mondiale ! » Jeudi 8 février, le commissaire européen au Commerce extérieur, Valdis Dombrovskis, est venu présenter au Parlement européen ses priorités pour la prochaine conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se tiendra à Abou Dhabi du 26 au 29 février. Le commissaire y représentera les intérêts des États membres de l’Union européenne.
Parmi les principales priorités évoquées : le régulation par l’OMC du secteur de la pêche. Valdis Dombrovskis a promis qu’il allait défendre l’accord actuel qui interdit les subventions pour la pêche illégale et qui fixe des quotas. Une déclaration soutenue par les eurodéputées. À la demande des États membres, Valdis Dombrovskis a également promis de plaider pour un développement des échanges commerciaux à l’échelle mondiale, sensible aux enjeux climatiques. Une position jugée incohérente selon une partie des eurodéputés écologistes. « Le libre-échange n’a plus de sens à l’heure de l’urgence climatique », s’est emportée Saskia Bricmont (Les Verts, écologistes).
Sarah Khelifi
Pourtant, certains eurodéputés auraient voulu aller plus loin. Pour Mounir Satourni (Les Verts, écologistes), les femmes sont les grandes oubliées de cette loi. Plus vulnérables face au plomb (qui peut entraîner des fausses couches et menacer la santé des fœtus), elles devaient bénéficier d’un seuil spécifique. Mais les employeurs se sont inquiétés des surcoûts liés à cette prise en charge particulière et la mesure a été abandonnée. Seule lueur d’espoir pour le parti écologiste : leur demande d’inscrire dans la directive un délai de révision de cinq ans a été accepté. Ils espèrent que d’ici-là, de nouvelles études scientifiques justifieront la création d’un seuil limite spécifique pour les femmes. Les règles relatives aux diisocyanates devront, elles, être réexaminées avant 2029.
Autre manquement notable dans la directive : l’absence de prise en compte de l’effet « cocktail ». Comme l’explique Gérard Le Corre, inspecteur du travail et membre de la confédération santé-travail CGT Seine-Maritime, les travailleurs sont « exposés à plusieurs agents chimiques par jour » au lieu d’un seul. Or, les seuils ne « prennent pas en compte ces effets » explique t-il. Le syndicaliste s’inquiète aussi qu’« en pratique, les employeurs ne chercheront pas à mettre en place les mesures les plus basses possibles. Ils s’en tiendront au seuil limite, sans proposer de nouvelles mesures de sécurité ».
Les Etats membres doivent désormais mettre la directive en application. Ils disposent de deux ans pour définir de quelle manière ils adapteront leurs lois nationales pour mieux protéger leurs travailleurs.
Garance Cailliet et Sarah Khelifi
« Personne ne devrait être victime de son travail ou mourir pour des raisons professionnelles ! » L’eurodéputé Nikolaj Villumsen (The Left, extrême-gauche) se réjouit de l’adoption par le Parlement européen d’une directive limitant l’exposition des travailleurs au plomb et aux diisocyanates. En grande quantité, ces substances peuvent être dangereuses et présenter des risques cancérigènes.
Limiter les substances dangereuses pour les travailleurs
L’enjeu est de taille. Chaque année, entre 50 000 et 150 000 travailleurs sont exposés au plomb au sein de l’Union européenne, et 4,2 millions aux diisocyanates. Afin de limiter l’impact du plomb, la directive abaisse sa valeur limite d’exposition professionnelle : autrefois fixée à 0,15mg/m³, elle passe désormais à 0,03mg/m³. En 40 ans, cette limite n’avait jamais été réévaluée. La concentration maximale à laquelle un travailleur peut être exposé pendant une journée de travail de huit heures a été fixée à 6 mg/m³. C'est une première : l’Union européenne n’avait pas de législation concernant cette substance qu’on retrouve notamment dans les isolants.
Aujourd’hui, les travailleurs du bâtiment, de l’industrie et de l’artisanat sont particulièrement exposés. Pour se protéger, ils doivent s’équiper de masques FFP3 et portent des combinaisons intégrales pour éviter d’inhaler des poussières de plomb. Pourtant, les cas de fatigue chronique et des cancers liés à l’exposition au plomb sont nombreux dans ces domaines, selon la Fédération générale du travail de Belgique (FTGB). Les diisocyanates, eux, provoquent des cas d’asthme professionnel et des maladies cutanées. La nouvelle législation européenne aura pour objectif de renforcer leur protection. Une victoire pour Nikolaj Villumsen : « les travailleurs concernés rénovent nos maisons, construisent nos batteries de voiture, … Ils sont au premier plan de la transition écologique. C’est important de savoir qu’ils seront mieux protégés. »
Des réserves exprimées sur ces seuils
Détresse des enseignants : les députés se saississent du dossier
Mardi 6 février, partout en France, les enseignants ont manifesté pour dénoncer la détérioration de leurs conditions de travail. Leur détresse fait écho à celle de leurs collègues dans d’autres pays européens et s’est fait entendre jusqu’au Parlement. Jeudi 8 février, les eurodéputés ont demandé à la Commission de proposer une stratégie claire afin de les aider.
« Aujourd’hui, les enseignants ne peuvent plus se concentrer sur ce qui est essentiel », déplore l’eurodéputé Jaroslaw Duda (PPE, droite). Les eurodéputés ont appelé à un investissement massif afin d’améliorer les infrastructures scolaires, d’accompagner les professeurs en crise et de garantir de plus justes rémunérations. En réponse, la Commissaire à l’Éducation et à la jeunesse Iliana Ivanova a assuré qu’elle ferait de son mieux pour « redorer le blason d’une des professions les plus nobles qui soit ». Parmi ses suggestions : la mobilisation de 43 milliards d’euros issus du Fonds social européen pour soutenir les enseignants, et particulièrement ceux des régions rurales.
Garance Cailliet
Vingt-huit jours pas plus. C’est le temps qu'a passé Amélie Oudéa-Castéra au ministère de l’Education. Mais a-t-elle battu le record du poste occupé le moins longtemps ? Pas du tout ! On vous a fait le classement des ministres qui n’ont pas passé le mois.
Mina Peltier et Manon Boudsocq
Bolide allemand, titre le plus écouté en France sur Spotify en 2023, est le grand absent de la catégorie « meilleure chanson originale ». À peine sur la route de la victoire, son interprète, SDM, a été évincé de la liste des nominations. Le rappeur ne souhaitait pas se produire sur scène le soir des 39e Victoires de la Musique. Impossible selon le règlement. Résultat : le public s’est rendu compte de cette absence au moment de voter au cours du mois de janvier. Au lieu de cinq choix, il n’en a plus que quatre : La Symphonie des éclairs de Zaho de Sagazan, Douce de Clara Ysé, Enfant de de Pierre de Maere et Secret de Louane. SDM n’en est pas à son premier différend avec les Victoires de la Musique. En 2023, il s’était indigné sur les réseaux sociaux de la non-victoire du rappeur Tiakola au profit du Belge Pierre de Maere. SDM disait ne « rien avoir contre ce Pierro » mais que les artistes n’étaient « pas respectés » par les Victoires. « Une dinguerie à ses yeux » alors que Tiakola était « un des plus gros vendeurs » de l’année avec son album Mélo sorti en mai 2022 et arrivé 9e du classement des disques les plus vendus cette année-là selon le syndicat de l’édition phonographique. Un argument fondé sur la réussite commerciale.
Des nommés légitimes
Cette année, neuf révélations sont nommées pour les Victoires de la Musique. Parmi elles, deux sont des artistes de rap, Yamê et Meryl (révélation féminine et scène). À eux deux, ils représentent donc un tiers des artistes considérés comme les révélations de l’année 2023 au yeux des Victoires. Une composition qui ne serait pas représentative de la réalité des écoutes des Français ? Il est indéniable que le rap occupe une place toute particulière dans les classements des écoutes en France en 2023. Spotify, Apple Music, Deezer tous leurs récapitulatifs des écoutes de l’année écoulée mettent en avant des rappeurs comme SDM, Ninho ou encore Gazo.
Pour les catégories des révélations les artistes autres que les rappeurs ne déméritent pas en matière d’audience. L’artiste Nuit Incolore cumulait déjà, en novembre, 40 millions d’écoutes sur Spotify et ce seulement sur son titre Dépassé. Dans le même temps, le nombre d’écoutes mensuelles des titres de Yamê sur la même plateforme sont estimées à 6,5 millions.
Quantité synonyme de qualité ?
Cet écart entre ce qu’écoutent les Français et les nominations des Victoires est particulièrement perceptible dans la catégorie « artiste masculin de l’année ». Sur les cinq artistes masculins les plus écoutés de 2023 sur Spotify, Jul, Ninho, Gazo, Tiakola et Damso, seul le troisième est nommé cette année. Comme les César, les Victoires de la Musique ont pu être accusées de snobisme vis-à-vis des œuvres rencontrant un grand succès commercial. Cette critique a d'ailleurs amené à la création d'une cérémonie parallèle en 2023, les Flammes, pour récompenser les « cultures populaires ». Mais la quantité est-elle forcément gage de qualité ? Si c’est aux Victoires de la Musique de trancher, il est vrai que la cérémonie a réduit la visibilité du genre du rap, ne serait-ce que par le choix de ses catégories. Au cours des précédentes éditions, différentes récompenses ont honoré les rappeurs et rappeuses comme celle du « meilleur album de rap » (donnée la dernière fois en 2019) et celle du « meilleur album streamé », qui n’a existé que pendant deux ans. Désormais sans catégorie pour les avantager, les rappeurs et rappeuses doivent se frayer un chemin parmi les artistes des autres genres musicaux.
Marine Fersing
Édité par Alexia Lamblé