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Soudan : face au désastre humanitaire, le réveil tardif de l’Union européenne

Les députés européens se sont réunis le jeudi 13 mars pour voter une série de mesures afin de soulager le désastre humanitaire causé par la guerre civile au Soudan. À une grande majorité, les parlementaires européens appellent au cessez-le-feu, condamnent les violations des droits humains des deux côtés, en particulier l’usage des violences sexuelles comme arme de guerre. Le texte voté aborde aussi le maintien du soutien financier, des commissions d’enquêtes pour sanctionner les commandants responsables d'exactions, et un embargo sur les armes. Si c’est « la troisième fois en quatres mois que l’on parle du Soudan, sans grands changements, souligne le député S&D Nikos Papandréou, la décision américaine de retirer son aide au développement (USAID) oblige l'Union européenne à redoubler d’effort ». En effet, le Soudan était l’un des bénéficiaires de cette aide. La crise humanitaire risque donc de s'intensifier. Pertes humaines, populations déplacées, famine… Le conflit opposant, depuis avril 2023, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide touche en particulier les femmes et les enfants. Selon l’Unicef, depuis début 2024, 221 cas de viols d’enfants ont été enregistrés.

Carol Burel

 

La détention illicite de prisonniers arméniens dans le Haut-Karabagh dénoncé par les eurodéputés

En 2023, une opération militaire menée par l’Azerbaïdjan a entraîné la détention de séparatistes arméniens du Haut-Karabakh. Plusieurs résistants sont encore emprisonnés en Azerbaïdjan de façon illégale. L’Union européenne dénonce l’attitude du régime de Bakou depuis des années. Elle a réitéré son soutien aux prisonniers arméniens ce jeudi 13 mars, à travers une résolution condamnant l’Azerbaïdjan pour son non-respect du droit international sur les conditions de détention.

« Nous sommes face à un oppresseur récompensé par nos accords commerciaux », fustige la députée du groupe de droite PPE, Miriam Lexmann, autrice de la résolution. Le pays, mené d’une main de fer par le président Ilham Aliev, a en effet conclu des accords avec l’UE sur l’importation de gaz. Une situation qui fait grincer des dents au Parlement. « Toute coopération future avec l’Azerbaïdjan doit dépendre de la libération de tous les prisonniers politiques », conclut Miriam Lexmann.

Morgane Joulin

 

Le Parlement européen condamne l'expulsion de 40 Ouïghours de Thaïlande

Le 13 mars, le Parlement européen a voté une résolution condamnant le déplacement de 40 ouïghours de la Thaïlande vers la Chine. Pékin avait exigé fin février le rapatriement de ces personnes, arrivées illégalement en Thaïlande et en détention depuis 11 ans. Le gouvernement chinois a promis « leur sécurité », mais la commission de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé « des risques élevés de torture ».

Malgré les condamnations, les eurodéputés ont rappelé à plusieurs reprises leur bonne entente avec la Thaïlande. Daniel Attard, le député du groupe de gauche S&D, co-auteur de la résolution, explique que cette dernière « n’est pas seulement là pour condamner mais pour faire avancer » le dialogue entre l’UE et Bangkok, qui reste un partenaire privilégié de l’UE en Asie du sud-est. 

La condition de la minorité musulmane ouïghoure en Chine a maintes fois été dénoncée par plusieurs instances internationales. Ces personnes, vivant majoritairement dans la province du Xinjiang, à l’ouest du pays, sont victimes de travaux forcés, tortures ou encore détentions arbitraires.

Joris Schamberger

 

Réforme de la PAC : la souveraineté agricole européenne au coeur des débats

Les eurodéputés ont débattu du plan pour l’agriculture et l’alimentation proposée par la Commission européenne le 19 février dernier. Cette feuille de route, bâtie pour répondre aux manifestations des agriculteurs européens de 2024, servira de base aux travaux de réforme de la Politique agricole commune (PAC) d’après 2027.

Les débats se sont concentrés autour de la future réforme de la PAC et des ressources financières à consacrer au soutien d’un secteur agricole « crucial pour l'économie, la sécurité et l'autonomie stratégique de l'Europe », a affirmé le commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation Christophe Hansen.   

« Toutes ces mesures nécessitent un financement important de la part de l'UE, sans lequel nous mettons en danger la sécurité alimentaire européenne » a renchéri Elsi Katainen, députée finlandaise du groupe Renew.

Un premier paquet de mesures de simplification de la PAC sera présenté en avril « pour réduire le fardeau sur l’agriculture et le secteur agroalimentaire » a annoncé Christophe Hansen, une proposition largement applaudie à la droite et à l'extrême droite de l’hémicycle.

Kim Du

L’horizon s’éclaire pour la recherche européenne

Le Parlement européen a adopté ce mardi la mise en œuvre du dixième programme-cadre de recherche Horizon Europe. Lancé en 2021, Horizon est le programme phare de l'Union européenne pour la recherche et l'innovation, avec un budget de 95,5 milliards d'euros jusqu'en 2027. Lors de cette session, les députés se sont opposés à la Commission européenne qui prévoit, dans le cadre de son budget 2025, de restreindre le financement du programme.

Les parlementaires appellent, au contraire, à renforcer les financements pour la recherche climatique, la santé publique et les technologies de pointe. Selon leur argument, favoriser l'innovation permettrait de renforcer la compétitivité européenne et en garantir la stabilité économique.

« Aujourd’hui, le Parlement et le Conseil des ministres ont envoyés ensemble un stop à la Commission, se félicite le rapporteur du texte du groupe de droite PPE Christian Ehler. Elle doit maintenant discuter avec le Parlement sans quoi elle risque un conflit avec les législateurs. »

Zoé Fraslin

Joris Schamberger et Carol Burel

L’heure du réveil menace de se rapprocher pour les 210 milliards d’euros d’actifs russes qui dorment dans les banques européennes. Ces fonds, appartenant en majorité à la Banque centrale de Russie et, pour une petite partie, à des oligarques, ont été suspendus par l’Union européenne dès le début de la guerre. Depuis février 2024, les intérêts générés par ces avoirs (environ 3 milliards d’euros par an) sont utilisés pour aider l’Ukraine.

Une inquiétude partagée par les associations de défense des droits humains, qui voient en la mesure un recul juridique. « La législation européenne interdit le renvoi des personnes contre leur gré dans des pays avec lesquels ils n’ont pas de lien. C’est donc une proposition contraire au droit européen », dénonce Anne Savinel-Barras, la présidente d’Amnesty International France.

Ce défaut de garanties claires n’a pas manqué de faire réagir les eurodéputés. « [Ce texte] parle de rapatrier des personnes vers des pays tiers qui doivent respecter les droits, mais sans aucune exigence spécifique, comme le fait d'être signataire des conventions internationales sur les droits de l'homme », assène Cecilia Strada, députée italienne du groupe S&D et membre de la commission des libertés civiles.

Des risques d’atteinte aux droits humains

Ce plan ne nomme de pays précis où pourront être implantés ces centres de retour. Il précise seulement qu’ils devront respecter « les normes et principes internationaux en matière de droits de l'homme, conformément au droit international ».

Cette idée est déjà expérimentée depuis octobre dernier par l’Italie, en vertu d’un accord controversé signé fin 2023 avec l’Albanie pour une durée de cinq ans. Deux centres de rétention gérés par Rome ont déjà été construits dans ce pays du sud-est de l’Europe, non membre de l’UE. 

Ce vote arrive à point nommé. Début février, les Etats-Unis ont suspendu l’USAID, leur fonds d’aide aux pays en développement, dont la Moldavie était l’un des principaux bénéficiaires en Europe : 2,5 milliards de dollars en l’espace de trente ans. «  Dans quasiment tous les festivals, manifestations sportives, événements, on voyait le logo de l’USAID  », raconte Thierry Ernst, fondateur de l’ONG humanitaire Vent d’Est, bénéficiaire de l’aide américaine.

L'Europe vote une aide pour la reconstruction de la Syrie

462 voix pour, 76 contre. C’est à une très large majorité que le Parlement européen a adopté, ce mercredi 12 mars, la résolution sur la reconstruction et la transition politique en Syrie. Les eurodéputés exhortent ainsi l’Union européenne et ses Etats membres à soutenir une « transition plurielle et inclusive » et à accroître l’aide humanitaire dans le pays.  

Parallèle saisissant aux avoirs russes gelés en Ukraine, l’hémicycle a aussi appeler à utiliser les avoirs gelés de Bachar Al-Assad (réfugié à Moscou depuis la chute de son régime) pour financer la reconstruction du pays. Le sanglant dictateur avait été renversé le 8 décembre dernier par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS), porté par la population. Les députés ont également appelé à condamner les « représailles » du nouveau pouvoir en place contre la communauté alaouite, soutien historique du régime Assad.

Samuel Rigolier

L'indépendance énergétique de l'UE : le dilemme de la diversification des sources

Comment sanctionner la Russie, tout en étant dépendante de son gaz et de ses autres sources d’énergies ? L’agression de l’Ukraine en 2021 a poussé l’Union européenne à revoir ses accords d’importation avec son principal fournisseur d’énergie. Pour réduire sa dépendance, l’Union a adopté le plan REPowerEu en mai 2022. 

Dans une déclaration, le commissaire à l'Énergie et Logement a vanté les résultats déjà générés par le plan. En 2021, 45% des importations de gaz de l’UE provenaient de la Russie. En 2024, elles avaient été ramenées à 18%. La réduction d’approvisionnement auprès de Moscou est encore plus significative pour le pétrole : on est passé de 35% en 2021 à 3% en 2024. 

Ces progrès ont été obtenus grâce à la diversification des sources d'approvisionnement. Mais il s’agit encore d’importations auprès d’autres Etats comme la Norvège et les États-Unis, et non de ressources propres. « Il nous faut développer une politique pour nous libérer de ces combustibles fossiles indépendamment de leurs origines », a alerté dans l'hémicycle Dan Jørgensen, député S&D du Parlement européen. 

Diarouga Balde

Le nouveau plan d’action pour l’industrie automobile divise le Parlement

Le Parlement a débattu des nouvelles mesures annoncées par la Commission européenne pour soutenir l'industrie automobile. Elles prévoient un assouplissement des délais imposés aux constructeurs pour réduire leurs émissions de Co2.

Dans l’Union européenne, chaque constructeur doit respecter une limite de gaz à effet de serre émis par véhicule vendu. Pour 2025, le plafond à ne pas dépasser était fixé à 80,6 grammes de Co2 par kilomètre. Le plan repousse cette obligation de trois ans. Une mesure dénoncée par les députés verts. « La Commission plie face aux avocats de la voiture thermique », a déclaré l’eurodéputé Michael Bloss. 

La réduction progressive des émissions de Co2 prépare l’interdiction de la vente de véhicules à moteurs thermiques prévue pour 2035. Une mesure toujours soutenue par la Commission, malgré les critiques de plus en plus fortes des groupes d’extrême droite. « Avec l’interdiction des moteurs thermiques, la Commission détruit la filière », a lancé Roman Haider, membre de PfE.

Paul Marcille

Le Parlement alerte sur le Made in China

Des jouets en plastique brandis au sein de l’hémicycle du Parlement européen. Ce geste, qui peut paraître incongru, a été effectué mercredi 12 mars, journée européenne des consommateurs, lors d’un débat sur le prochain plan d’action sur le sujet. 

L’autrice du geste : Leila Chaibi, eurodéputé de gauche (The Left). L’objectif : dénoncer le danger que représentent les produits achetés sur des sites internet non européens, notamment chinois, qui ne respectent pas les exigences de l’UE. Selon la députée européenne, « les plateformes doivent être responsables de ce qu’elles vendent : ces objets ont leur place à la poubelle, pas entre les mains de nos enfants ».

Une opinion partagée par la Commission, représentée par le commissaire à l'Énergie et au Logement Dan Jørgensen, qui souhaite « renforcer les droits des consommateurs au sein de l’UE, pour mieux les protéger et garantir des conditions équitables pour les entreprises ». 

Messaline Hamon

 

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