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Près de sept ans d’inertie 

La Turquie s’est déclarée candidate dès 1987 pour rejoindre la Communauté européenne. Les négociations, elles, ont commencé en 2005. Le processus d’adhésion dans l’UE est une longue démarche qui fait appel à des critères spécifiques dits “de Copenhague” de 1993. Ceux-ci exigent que les pays candidats respectent la démocratie, garantissent l'État de droit, et aient des institutions stables avec une économie de marché. En 2006, un nouveau critère s’ajoute : “l’acquis communautaire”, la capacité pour un pays d’absorber les normes européennes.

Si le gouvernement turc maintient son souhait d’intégrer l’UE, le rapport pointe trop de manquements aux pré-requis d’adhésion. Il considère que “l'écart entre la Turquie et les valeurs et le cadre normatif de l’UE, qui sont au cœur du processus d’adhésion, n’a pas été comblé”. Le rapporteur du texte, l’espagnol Nacho Sánchez Amor (Sociaux et Démocrates, S&D), souligne que, même si une partie de sa population est europhile, “la Turquie est le seul pays candidat qui fait marche arrière”.

Si le gouvernement turc maintient son souhait d’intégrer l’UE, le rapport pointe trop de manquements aux prérequis d’adhésion. Il considère que “l'écart entre la Turquie et les valeurs et le cadre normatif de l’UE, qui sont au cœur du processus d’adhésion, n’a pas été comblé”. Le rapporteur du texte, l’espagnol Nacho Sánchez Amor du groupe Socialistes et Démocrates (S&D, gauche), souligne que, même si une partie de sa population est europhile, “la Turquie est le seul pays candidat qui fait marche arrière”.

Et pour cause : les atteintes du pouvoir turc à la démocratie et à l’État de droit s'enchaînent. La dernière en date, le 23 mars dernier : Ekrem Imamoglu, principal opposant à Recep Tayyip Erdogan, a été placé en détention sur décision de justice. En réaction, des dizaines de milliers de Turcs sont descendus dans les rues pour manifester. S’en sont suivies plus de 2 000 arrestations dans les grandes villes du pays.

Loris De Ciechi et Celia Moebs

Ce que craint Nicolas Raffin, c’est que “les constructeurs et les lobbyistes veuillent aller plus loin et demandent la remise en cause de l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs d’ici 2035”. Une inquiétude balayée par Ondřej Krutílek. “Ce n’est pas une remise en cause du Pacte vert. C’est un geste rationnel pour le concrétiser.”

C’est encore non. Une nouvelle fois, l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE) est suspendue. Le 7 mai 2025, le Parlement européen a adopté, sur les préconisations de son rapport annuel sur la Turquie, le maintien du gel des négociations d’adhésion du pays à l’Union, en vigueur depuis 2018.

Le porte-parole de T&E France remet également en cause l’argument des constructeurs, qui ont estimé les amendes à payer en 2025 à 15 milliards d’euros. Pour eux, le montant entraverait de potentiels investissements dans l’électrique. Or, le calcul s’est fait sur la base des ventes réalisées en 2024. “En réalité, ils ont accéléré la transition vers l’électrique et l’innovation. La somme à payer pour cette année n’aurait été que d’un milliard d’euros au maximum, et aurait concerné principalement Volkswagen”, justifie-t-il.

Une remise en cause du Pacte vert ?

Mais la décision de modifier la période de calcul des émissions est également critiquée dans les courants écologistes. “En autorisant cette flexibilité, la Commission est simplement en train d’encourager la stratégie de l’industrie automobile, qui se plaint tous les cinq ans de ne pas pouvoir atteindre les objectifs de CO₂”, rapporte une source proche du dossier. Même son de cloche du côté des organisations non gouvernementales (ONG). Nicolas Raffin, porte-parole de Transport et Environnement France (T&E France), une fédération européenne rassemblant une cinquantaine d’ONG environnementales, juge le texte insensé. Les ventes de véhicules électriques sur le premier trimestre de l’année 2025 ont connu une progression de l’ordre de 22 %. “Cela montre que les constructeurs avaient déjà pris en compte l’application prochaine des objectifs CO₂ décidés au niveau européen. Le constat des ventes de véhicules électriques aurait dû les convaincre que la flexibilité sur les émissions n’était pas nécessaire”, estime M. Raffin.

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