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Quelle est la situation du numérique en France et en Allemagne ?

Dans les deux pays, les discussions tournent autour des mêmes sujets, comme la numérisation de l’éducation et des services publics. Le gouvernement Macron a l’ambition de numériser la plupart des services : la CAF, les actes de naissances, les impôts... La France, pays centralisé, peut lancer des initiatives de manière plus efficace. Dans l’industrie numérisée par contre, autre axe important, c’est l’Allemagne qui est le leader mondial et « l’industrie du futur » à la française s’en inspire. Le premier enjeu reste l’installation de la fibre optique sur l’ensemble des deux territoires.

Les responsables politiques français et allemands parlent beaucoup de la numérisation, ils veulent se démarquer avec ce sujet opportun. Mais ils ne peuvent pas faire plus que moderniser l’administration et l’infrastructure car les décisions cruciales sont prises au niveau européen. La numérisation est une chance pour l’Union européenne : elle permet d’échanger des services numériques d’un pays à l’autre grâce aux applications et aux logiciels, comme Foodora (qui livre des repas à domicile, NDLR). C’est la stratégie du  « marché unique du numérique ».

Quelles sont les conditions pour que les jeunes entreprises puissent profiter du marché unique du numérique ?

L’autonomisation des machines n’est pas sans conséquences sur le travail humain. « Il y a une hausse du niveau de qualification des ouvriers, et une baisse sur le volume d’opérateurs de production, admet Tristan Cenier, animateur d'innovation chez Schmidt. Mais les effectifs augmentent du côté dispositif produit et de la vente. » A PSA Mulhouse, la réduction de la pénibilité du travail humain, bien que mise en avant, ne fait pas l’unanimité parmi les employés : « Pour nous, cela s’est révélé être une aggravation de nos conditions de travail. Nous avons moins de déplacements car les pièces sont à portée de main. Mais cela va de pair avec une multiplication des gestes que l’on doit faire en plus, et une réduction des temps de repos. Ce n’est pas une image de dire que l’on n’arrête pas une seconde » déplore Julien Wostyn, secrétaire CGT à PSA Mulhouse, qui travaille sur la nouvelle ligne de production.

A partir de mai 2018, le nouveau règlement général relatif à la protection des données sera appliqué dans toute l’Union européenne. Mais pour profiter des opportunités du marché européen, il faut plus de règlements communs, selon Paul-Jasper Dittrich, chercheur sur l’évolution du numérique en Europe à l’Institut Jacques Delors. Entretien.

Thierry Vogel en est convaincu : « La digitalisation, on va nous aussi y passer à un moment ou un autre. » Cet ingénieur méthode chez Hydromat (Éléphant bleu), qui gère quelque 470 stations de lavage, est à l'affût des nouvelles technologies qui pourraient trouver une application dans son entreprise. Récemment, il a repéré un modèle de casque de réalité virtuelle : « Lorsque nos clients, qui gèrent les sociétés de lavage, appellent notre hotline pour un dépannage, on est forcé de se fier à ce qu'ils nous disent. Or certains n'ont pas toujours la formation nécessaire pour comprendre nos conseils et agir correctement. Les équiper d'un tel casque pourrait nous permettre de voir ce qu'ils voient et de mieux les diriger, par exemple en entourant en rouge une zone. » Mais ce projet n'est pour le moment qu'un vœu pieu : « Le produit est encore beaucoup trop cher. Et puis, ce n'est pas encore tout à fait au point, on a le mal de mer si on l'utilise trop longtemps. Cela dit, on sait que ce genre de technologies évolue vite et que les prix baissent. Donc, en attendant, on reste au contact pour voir ce qui se développe. »

 

Chaque start-up aspire à l'originalité et à un maximum d'innovation. Mais leurs parcours se ressemblent souvent. En voici les principales étapes, qui déterminent leur sort.

Toutes les entreprises n'ont pas les moyens d'investir dans les nouveaux équipements : l'industrie 4.0 n'est pas encore accessible à tout le monde. Crédit photo : ISAPUT

L'industrie 4.0 connecte les robots des usines entre eux, pour leur permettre d'effectuer des tâches plus complexes sans intervention des ouvriers. Crédit photo : ICAPlants

Thomas Porcheron

Margaux Tertre

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