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Six ans après son expulsion, l’ancien squat du 2 route des Romains est aujourd’hui un champ de ruines. Cette expérience d’habitation alternative continue de susciter des réactions, nostalgiques ou critiques. Unique dans l’histoire de Koenigshoffen, ce lieu a vu naître Papier Gâchette, une imprimerie associative.

Le permis de construire du projet Secret Garden, 21 rue Jean Mentelin, a été signé le 3 novembre 2015. © Claudia Lacave

La Fabrique en quelques chiffres :

  • 2014, c'est l'année de création de l'association, qui propose le partage de divers ateliers dans les glacières de l'ancienne brasserie Gruber sur la route des Romains.

  • 4 ateliers partagés sont proposés : bois, métal, informatique-électronique et matériaux souples.

  • 262 adhérents en 2018.

  • 10 euros, c'est le tarif de l'adhésion annuelle permettant de soutenir l'association et d'accéder au lieu et à toutes les activités.

  • 12 euros, c'est le prix du ticket à l'unité (7,5 euros en carnet de 10) pour accéder aux activités.

 

Adossés au pied d’un immeuble, au coin de la rue Salluste, Karim et ses amis passent le temps.
A 25 ans, l'homme au teint mat et à la silhouette fluette a toujours vécu au Hohberg. Sa cité, il la connaît par cœur et ne compte pas la quitter.

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Samedi 10 novembre, c'est la première fois dans cet atelier couture pour ces cinq participantes. © Sophie Mercier

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Clémence entame l'assemblage de sa culotte "Panda". © Sophie Mercier

L'association Koenigshoffen Demain pourrait remporter son combat contre la construction du complexe résidentiel Secret Garden. Mobilisée depuis dix ans, elle s’oppose à la réhabilitation du site : une friche industrielle polluée, connue sous le nom de Québecor.

Retour en arrière. Mardi 30 octobre 2012, le désordre est tout autre. Plusieurs fourgons de CRS sont postés à côté du 2 route des Romains. La maison de deux niveaux à porte cochère est le théâtre d’une expulsion. Une dizaine d’occupants se sont appropriés les lieux depuis six ans. Ce matin-là, le bouche à oreille a fonctionné : une centaine de soutiens se sont rassemblés spontanément devant le squat.

"On a esquivé la confrontation en s’échappant par derrière”, se souvient Isabelle*. Elle faisait partie de ces habitants illégaux qui avaient reçu un avis d’expulsion. "Les policiers étaient nombreux mais l’intervention n’a pas été brutale", tempère-t-elle. Aujourd’hui, une question demeure : pourquoi avoir délogé ces squatteurs deux jours avant la trêve hivernale, alors que le bâtiment est resté debout jusqu’en avril 2013 ?

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Annett Andersch (à droite) vient en aide à Laure pour comprendre le patron de la culotte qu'elle confectionnera. © Sophie Mercier

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