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La Russie : cible prioritaire

La chaîne d’information russe, financée par le Kremlin et diffusée dans le monde entier en anglais, français, arabe, espagnol et allemand est accusée par le Parlement d’être aux ordres de Moscou. La Russie est ainsi spécifiquement visée par cette recommandation. L’eurodéputé tchèque Jaromir Stetina (PPE, Chrétiens démocrates) a expliqué avec force sa position : « Notre ennemi c’est la Russie ! »

Les eurodéputés ont notamment qualifié cette lutte de « guerre hybride », où le numérique tient une place centrale. Ils ont donc accordé une attention particulière à la capacité d’adaptation de l’Union aux différentes formes attaque. La recommandation dénonce la modernisation et la furtivité des moyens utilisés par les pays extra-européens. C’est le cas des réseaux sociaux, les messageries cryptées, telle que Telegram ou encore les chaînes d’informations russes internationales comme Russia Today.

Le 13 mars, à Strasbourg, le Parlement européen s'est prononcé pour la suspension des négociations d'accession de la Turquie à l’Union européenne.

Si ce projet n’est pas contraignant, il incite la Commission européenne à davanatge légiférer et à augmenter ses moyens de lutte contre la propagande, notamment en période électorale. La recommandation appelle aussi les Etats membres à modifier leurs lois électorales pour lutter contre la désinformation, les cyber-menaces de violations de liberté d’expression lors des élections. L’approche du scrutin européen décisif du mois de mai et l’ombre du scandale Cambridge Analytica, où des données personnelles d’utilisateurs de Facebook ont été utilisées pour influencer certaines élections, ont en effet largement plané sur les débats dans l’hémicycle.

Les médias russes à visées internationales comme Russia Today ou Sputnik sont clairement critiqués par la recommandation. © Julie Gasco

Anna Fotyga (ECR, souverainistes) était déjà la rapporteure d’une première mouture du texte en 2016. © Julie Gasco

 

Parfum de guerre froide. Le Parlement européen a adopté (489 voix pour, 148 contre et 30 abstentions), mercredi 13 mars, une recommandation pour lutter contre la propagande de pays tiers. Ce texte vise les campagnes de désinformation et de déstabilisation de l’Union par la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran.

Mardi 12 mars, les eurodéputés ont adopté une résolution appelant l'Union européenne à faire preuve d'encore plus de fermeté dans ses relations avec la Russie.
 

Mercredi 13 mars, une recommandation pour lutter contre la propagande a été votée au Parlement européen. Le texte renforce la cellule anti-propagande russe, créée en 2015: la Task Force Est.

«  Il faut se repencher sur les bases des relations avec la Russie, car ce pays ne peut plus être considérée comme un partenaire stratégique », a affirmé lundi 11 mars Sandra Kalniete (PPE, chrétiens démocrates) au Parlement européen. L’eurodéputée lettone est la rapporteure d’une résolution portant sur les relations entre l’Union européenne et la Russie, adoptée mardi 12 mars (402 voix pour, 163 contre).

Alors que le pays ne se conforme pas au droit international, par exemple en Crimée, la résolution pointe du doigt le danger d’une éventuelle levée des sanctions. Depuis 2014, l'Union européenne impose à Moscou, en réponse à la crise ukrainienne, des mesures restrictives. Si celles-ci sont pour l’instant prévues jusqu’au 31 juillet, les eurodéputés demandent aux Etats de se tenir prêts à en adopter de nouvelles.

La résolution porte aussi sur d’autres volets comme la lutte contre la désinformation, le cyber-espionnage, le maintien de la paix en Ukraine ou la limitation de la dépendance au gaz russe. Elle invite les gouvernements européens à répondre fermement aux actions de la Russie, tout en soulignant l’importance d’une coopération dans certains domaines comme la lutte contre le terrorisme.

Certains points continuent néanmoins de diviser les eurodéputés, y compris au sein d’un même groupe politique, à l’image de la Belge Hilde Vautmans et de son collègue lituanien Petros Austravicius, membres de l’ADLE (libéraux). Si tous deux ont voté en faveur de ce texte, ils l’ont fait pour des raisons différentes : l’une défend le recours à un dialogue construit, quand l’autre bannit l’idée d’une collaboration entre l’UE et la Russie.

Marine Godelier

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