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Comment les aidez-vous ?

On ne leur accorde pas seulement un logement provisoire, ce qu’on fait à l’Afges, c’est aussi les accueillir, discuter avec eux, les écouter, et voir comment on peut les conseiller. Nous n’avons pas vocation à nous substituer ni au Crous, ni au service d’accueil des étudiants internationaux. Je ne joue pas le rôle d’une psychologue, je n’ai vraiment pas cette prétention. Mais il y a des personnes qui viennent, qui se posent dans ce salon, qui m’expliquent leur situation. Certains ont été victimes de racisme par exemple. Souvent, ils ont juste besoin d’une oreille, c’est tout. Certains viennent simplement pour se poser, manger et boire un thé. Ils ont atterri ici, c’est la première fois qu’ils sont à Strasbourg, on est un repère pour eux. C’est un accompagnement ponctuel, à notre mesure.

Dans quelles conditions se trouvent-ils quand ils arrivent ?

Une fois qu’on a étudié leur situation et donné un rendez-vous, ils sont à peu près sûrs d’avoir un toit pour la nuit. Donc ils viennent stressés, fatigués, mais déjà plus rassurés. On a aussi des gens qui débarquent avec leur valise, qui sont à la rue depuis deux, trois jours, ça arrive. Ce sont des personnes très fatiguées, extrêmement stressées, ils arrivent dans un état psychologique très difficile. Un jour, j’ai eu le cas d’un étudiant qui était à la rue depuis deux jours au campus d’Illkirch. Ses phrases étaient complètement décousues, il était très mal en point physiquement, et mentalement. Il ne connaissait pas du tout la carte de Strasbourg, il n’avait plus de batterie sur son téléphone, il ne pouvait pas se localiser. J’ai dû aller le chercher à l’arrêt de tram. Je lui ai fait une réservation pour le soir même, et je l’ai accompagné parce qu’il ne pouvait pas trouver l’hôtel. Il n’avait pas de compte en banque, ni de source de revenus. Il y a des situations très choquantes, de personnes en situation de détresse absolue. Certains même n’ont pas mangé depuis plusieurs jours.

Propos recueillis par Lisa Delagneau

Edité par Max Donzé

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Outre l'accueil qu'elle propose dans ses locaux, l'Afges peut distribuer des bons alimentaires aux étudiants. Photo Lisa Delagneau

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