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Assurer l’accès à une information indépendante et protéger les journalistes : c’est l’objectif de l’acte européen sur la liberté des médias. Adoptée par le Parlement ce 13 mars, la nouvelle législation prévoit notamment la création d’un organe de régulation des médias à l'échelle européenne.

« C’est une avancée majeure. C’est la première législation sur la liberté des médias au niveau européen. » Julie Majerczak, directrice du bureau bruxellois de l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF), salue ce mercredi 13 mars l’adoption de l’acte européen sur la liberté des médias. Voté à une large majorité, ce règlement est une première mondiale. Il vise à protéger les journalistes et les médias contre les ingérences politiques et économiques.

Pour l’eurodéputée allemande Sabine Verheyen (PPE, droite), il s’agit d’une urgence démocratique : « La liberté de la presse est menacée partout dans le monde et même en Europe. » Une première menace vient des États eux-mêmes. En ligne de mire, la Hongrie, 72e sur 180 au classement mondial 2023 de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières. Le gouvernement de Viktor Orbán contrôle 80 % du paysage médiatique et n’hésite pas à intervenir dans la ligne éditoriale des médias publics. Les rares titres titres indépendants travaillent, eux, dans un contexte contraint et beaucoup ont mis la clé sous la porte.

Le manque de diversité des propriétaires privés constitue un second sujet de préoccupation. Dans son rapport 2022 sur l’état de droit, la Commission européenne estime que « la concentration des médias d’information se situe toujours à un niveau de risque très élevé sur l’ensemble du continent ». En France, la mainmise des milliardaires sur les médias est régulièrement dénoncée par les journalistes et la société civile. En tête, Vincent Bolloré, dont l’empire médiatique comprend notamment la chaîne CNews, la radio Europe 1 et le Journal du Dimanche. Son influence sur la ligne éditoriale des médias de plus en plus conservatrice fait l’objet de saisies régulières de l’Arcom.

Ce mardi 12 mars, le Parlement européen s’est positionné en faveur d’un contrôle renforcé du marketing environnemental. Des certifications plus rigoureuses et des sanctions plus fortes seront désormais imposées aux entreprises.

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Le Parlement a adopté ce 13 mars le premier acte européen sur la liberté des médias. Un texte pour garantir le pluralisme et protéger le travail des journalistes.

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L'Allemande Sabine Verheyen (PPE, droite) est la rapporteure de l'acte européen sur la liberté des médias. © European Union 2024 - Source : EP

Labels environnementaux : 100 % verts, 100% contrôlés

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Intelligence artificielle, Protection des journalistes, réduction des émissions industrielles, méga-camions...

 

Renforcer le budget de la défense européenne 

Devant le Parlement, Ursula Von der Leyen a invité les États européens à maintenir l’effort budgétaire. Elle demande à chacun de consacrer « au moins 2% de son PIB » au budget militaire. Selon la présidente de la Commission européenne, 18 États membres s'y sont engagés pour fin 2024. Ces dernières années, les budgets nationaux consacrés à la défense sont en hausse partout dans l’UE. D’un total de 240 milliards d’euros en 2022, ils devraient atteindre les 290 milliards par an d’ici 2025. 

Ursula Von der Leyen voudrait aller encore plus loin : « Je lance un appel aux États membres de l’Union :  l’industrie de la défense européenne a besoin d’un accès aux capitaux. » Une requête saluée par les parlementaires. 

Si la position officielle du Parlement est en faveur d’une augmentation du budget de la défense, tous les partis ne sont pas d’accord pour autant. Atteindre la paix par l’économie de guerre est un non-sens pour The Left (extrême-gauche). Cela reviendrait à « exploiter la guerre contre l'Ukraine en vue de programmes de réarmement massifs et de militarisation, ce qui n'entraînera qu’une longue période glaciaire de confrontation internationale », nous a confié l’eurodéputée Özlem Demirel.  

Plus à droite, Valérie Hayer (Renew, libéraux) soutient l’idée de « bâtir un vrai marché unique de la défense », permettant d'harmoniser les règles d’exportation d’armes et de faciliter les échanges d’effectifs militaires entre pays membres. « L’économie de guerre, ce ne sont pas des effets de manche, ce sont des commandes », a toutefois averti Arnaud Danjean (PPE, droite). Selon lui, le temps n’est plus à la réflexion, mais à l’action.

 

Méfiance : et si la supranationalité l’emportait ? 

Le défi est de taille. Au-delà du consensus économique, les parlementaires appellent à  renforcer la voix de l’UE sur la défense. Pour le moment, ce domaine relève pleinement de la souveraineté nationale. Au Conseil de l’UE, toute décision concernant la défense doit passer par un vote à l’unanimité. L’opposition d’un gouvernement sur 27 suffit à gripper la prise de décisions. 

Il faudrait une réforme institutionnelle pour passer à la majorité qualifiée et faciliter le processus politique : une mesure qui divise. Les parlementaires se sont contentés de demander un passage à la majorité qualifiée pour les questions relatives à la politique étrangère et aux droits de l’Homme uniquement. La défense attendra. 

Ils proposent néanmoins la création d’un poste de commissaire de la sécurité et de la défense à la Commission européenne, chargé de superviser un budget pour l’Union de la défense. L’idée a déjà séduit Ursula Von der Leyen qui aspire à « réduire la fragmentation et améliorer l'interopérabilité » entre les États membres.

Clara Gross et Sylia Lefevre

L’émotion régnait au Parlement européen le mercredi 28 février. Ioulia Navalnaïa, veuve du principal opposant politique à Vladimir Poutine Alexeï Navalny, a pris la parole en session plénière. Elle a rendu hommage à son mari mort en prison et a appelé l’Union européenne à agir fermement face à la politique du président russe. Être capable de se défendre face aux menaces extérieures devient une urgence vitale pour l’Europe.

La prise de parole de Ioulia Navalnaïa a été un moment suspendu dans une plénière au rythme effréné. A 100 jours des élections européennes, c’était l’adoption de la dernière chance pour les sujets brûlants. Les grands dossiers sont passés au forceps quitte à être vidés de leur substance. Le permis de conduire sera bien harmonisé, mais sans la mesure phare de visite médicale obligatoire. Le budget STEP, qui devait permettre aux entreprises européennes de rivaliser avec les géants américains du numérique, sera finalement 5 fois moins élevé que prévu.

Le crime contre l’environnement a été renforcé dans le droit européen et des mesures de restauration de la nature ont été adoptées, mais les États membres pourront partiellement s’en affranchir. Enfin, la législation visant à protéger les journalistes et les militants des attaques abusives en diffamation a été adoptée, mais elle ne concerne que les cas transfrontaliers.

L’élection est dans tous les esprits, il faut aller vite, à tout prix avancer. Au risque que les décisions, elles, soient bien détricotées.

Arthur Guillamo

Guerre en Ukraine, conflits au Moyen-Orient, menaces chinoises… l’inquiétude grandit dans l’Union européenne. Comment faire face en cas d’attaque ? Mercredi 28 février à Strasbourg, les eurodéputés se sont accordés sur la nécessité de bâtir une Europe de la défense solide et unie. 

       

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