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Se faire tatouer pour obtenir pouvoir et protection : voilà le Sak Yant, l’art du tatouage sacré. À la croisée du bouddhisme et de la spiritualité, la discipline née en Thaïlande continue à attirer les locaux, mais aussi les touristes.

Dans son salon richement décoré, le silence règne. Lorsqu’il tatoue, Arjan Tar Kongbaramee ne doit pas être dérangé. Maître tatoueur depuis 12 ans, il perpétue l’art du tatouage traditionnel thaïlandais, le Sak Yant. Composé de formes géométriques, de représentations d’animaux et de créatures sacrées, ainsi que d’inscriptions bouddhistes, le Sak Yant est fait pour offrir des pouvoirs à son détenteur. Chance, invulnérabilité, succès : chaque composition est unique. À l’origine, ces tatouages étaient utilisés par les soldats de Siam pour se protéger lorsqu’ils partaient au front.

Mais le Sak Yant n’est pas qu’un simple tatouage. C’est un rituel. Chaque séance commence par un entretien entre le maître tatoueur et le client. L'objectif : comprendre l’histoire personnelle du futur tatoué et établir des objectifs. À main levée, le dessin est ensuite tracé. Pas de calque, pas de modèle, juste de la magie et de l’adresse. Une fois les inscriptions tracées, le maître sort la longue tige de bambou ou d’acier avec laquelle il va piquer la peau. À la fin de ce processus, une prière bouddhiste est récitée afin d’activer les pouvoirs du tatouage, désormais ancré dans la peau.

 

S’il est possible de se faire tatouer facilement en Thaïlande, la pratique du Sak Yant, elle, est plus encadrée. Seuls les maîtres tatoueurs laïcs, appelés Ajarn, et les moines formés peuvent réaliser l’acte. 

C’est justement dans un temple que Naan (à droite) a réalisé le sien. « J’ai offert des fleurs en offrande au moine et en échange, il m’a tatoué. Ce tatouage doit m’apporter de la bonne fortune. Pour l’instant, ça a pas vraiment fonctionné, mais il n’est pas trop tard », plaisante le jeune homme, au volant de son tuk-tuk.

Texte et photos : Pierrot Destrez

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